‹ Manuel de proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 43 sur 165 · LE COMTE, MM» THOMAS, M. HACHIS · texte numérisé non relu

LE COMTE, MM» THOMAS, M. HACHIS

M°*' Thom. Tenez, Monsieur l'Écuyer, parlez à Monsieur le Comte. *

Le Comte. Ah, Monsieur l'écuyer, qu'est-ce que vous me donnerez à manger }

Hachis. Monsieur, dans ce tems-ci, nous n'avons pas de grandes provisions.

Le Comte. Mais qu'est-ce que vous avez?

Hachis. Qu'est-ce que Monsieur le Comte ^ime ?

Le Comte. Je De suis pas difficile ; mais je veux bien souper. Voyons.

Hachis. Si Monsieur le Comte avait aimé le veau.

Le Comte. Oui, pourquoi pas ?

Hachis. Ce matin, nous avions une noix de veau excellente.

Le Comte. Hé-bien, donnez-la moi.

Hachis. Oui, mais il y a deux Messieurs qui l'ont mangé. Cela ne fait rien, on donnera autre chose à Monsieur le Comte.

Le Comte. Mais quoi î

Hachis. Madame Thomas, si nous avions cette outarde de l'autre jour.

Le Comte. Est-ce qu'il y en a dans ce pays-ci ?

M"« Thom. Oui, Monsieur, quelquefois.

Le Comte. Et vous ne pourriez pas en avoir une ?

Hachis. Oh mon Dieu, non.

Le Comte. Pourquoi dit-il que vous en aviez une l'autre jour ?

I^mo Xhom. Ce n'est pas nous ; ce sont des voyageurs qui passent par ici, et qui nous en font voir, quand ils en ont ; et quand il dit l'autre jour, il y a plus de six mois.

Hachis. Six mois ! il n'y en a pas trois.

M^ Thom. Je dis qu'il y en a six, puisque c'était le jour du mariage d^ Monsieur le Bailli.

Hachis. Vous croyez f

l^me Xhom. J'en suis sûre.

Le Comte. Oui, mais avec tout cela, je meurs de faiffli et je ne sais pas encore ce que j'aurai à souper. .

jyjme Thom, Il n'y a qu'à commencer par faire une fricassée de poulets.

Hachis. Oui, cela se peut faire, et cela n'est pas long.

Le Comte. Hé-bien, allez donc toujours. Nous verrons après.

Hachis. Allons, allons. {Il 8*en va et revient) Je songe une chose ; nous n'avons pas de poulets ; nous n'avons que ceux qui sont éclos ce ipatin, et il sont trop petits.

jjme Thom. Hé-bien, nous donnerons autre cbose à

Monsieur.

Le Comte. Mais dépêchez-vous.

jyjme Thom. Il n'y a qu'à faire une compote de pigeons.

Hachis. Vous savez bien que depuia qu'on a jette un sort sur le colpmbier, il n'y en revient plus.

M™* TlHOM. C'est vrai, je n'y pensais pas.

Le Comte. Mais donnez-moi de la viande de boucherie, et finissons.

jyime Thom. Monsieur l'Écuyer n'est pas long, il est accoutumé à servir promptement.

Le Comte. Donnez-moi des côtelettes.

Hachis. On a mangé les dernières à diné.

Le Comte. N'y a-t'il pas ici un boucher ?

M"*® Thom. Oui, Monsieur ; mais c'est aujourd'hui Jeudi ; il ne tuera que demain.

Le Comte. Quoi, je ne pourrai donc rien avoir?

Hachis. Pardonnez-moi ; mais c'est qu'il faut savoir le goût de Monsieur.

Le Comte. Mais j'aime tout, et vous n'avez rien.

Hachis. Si Monsieur voulait un gigot, par exemple ?

, Le Comte. Oui, et vous n'en aurez-pas î . Hachis. Je vous demiande pardon, nous en avons un.

L'ENRâGÉ. 87

Le Comte. Ah, voilà donc quelque chose ! et il sera bien dur ?

Hachis. Non, Monsieur, il sera fort tendre, j'en réponds.

Le Comte. Hé-bien, mettez-le à la broche tout de suite.

Hachis. Allons, aUons, il sera bientôt cuit.

Le Comte. Vous n'avez pas autre chose ?

Hachis. Non, Monsieur, pour le présent; mais si vous repassiez dans huit jours . . •

Le Comte. Hé, va te promener. Allons, ne perdez pas de tems.

Hachi3. J'y vais, j'y vais.

M^ 7hom. Et moi, je m'en vais mettre le couvert en attendant.

Le Comte. Allons, dépêchez-vous, tous les deux.

M°® Thom. Vous n'attendrez pas. {Elk sort,)

scÈNi; III.

JJE COMTE, seulf preTumt du tabac.

Quelle diable d'Auberge ! {U se promène,) On ne m'y rattrapera plus. (iZ regarde à la fenêtre et lit renseigne.) " Ici l'on fait noce et festins, à pied, à cheval." Ce sont de jolis festins, je crois.

Page 1