SCÈNE VIL
M. DU TROUILLET, M. DU CORNET, M. DU PONT faisatd semblant de dormir ^ LOUIS à la porte.
Du Trou, comptant ses louis, 11 me faudra d'autre papier.
Du Corn. On va vous en donner. Garçon ?
Louis. Monsieur.
Du Corn. Donnez donc du papier à Monsieur.
Louis. En voilà, en voilà- Faul-il qu'il soit blanc ?
Du Trou. Non, non ; bleu, rouge, c'est égal.
Louis. Tenez, en voilà d'écrit, . '
Du Trou. C'est bon.
Louis. Il ne vous faut plus rien ?
Du Trou. Non, non. Il m'a fait oublier mon coaipte.
Du Corn. Il n'y a qu'a recommencer.
Du Trou. Vous avez raison. {Il recompte.)
Du Corn. Cela sera plus sûr. {Il tire des dés de sa poche, çt arrange une rdfle de six.)
Du Trou. Qifarante-huit, quarante-neuf: il m'en manque un.
Du Corn. Voyez dans votre poche.
Du Trou. Ah, vous avez raison : le voilà.
Du Corn. Cela fait-il bien cinquante ?
Du Trou. Oui.
Du Corn. Eh bien, c'est bon : vous avez perdu.
Du Trou. Comment perdu ! je vous dis que je l'ai retrouvé.
t)u Corn. Oui ; mais c'est vos cinquante louis qui sont perdus.
Du Trou., riant Eh non. Les voilà tous.
Du Corn. Oui ; mais je les ai gagnés. '
Du Trou. Allons donc, vous badinez.
Du Corn. Npn, je ne badine pas ; ils sont à moi.
Du Trou. Comment à vous ?
Du Corn. Oui ; vous voyez bien que j'ai rafle de six.
Du Trou. Qu'est-ce que cela me fait f
Du C<mN. Cela vous fait, que vous ne pouvez pas en , faire fiftvantage, vous auriez beau jouer jusqu'à demain.
Du Trou. Mais je ne veux pas jouer.
Do Corn. Parce que vous ne pouvez pas gagner ; ainsi donnez-moi vos cinquante louis.
Du Trou. Non, Monsieur, ils^ne sont pas à vous.
Du ObRN. Je vous réponds que je les aui^ai.
. Du Trou. Mais, Monsieur, je n'ai pas joué.
Du Corn. Comment, Monsieur, vous me donnez un démenti f
Du Trou. Mais vous le savez bien.
' Du Corn, se levant. Pour qui me prenez-vous? Allons, Monsieur, donnez-moi mon argent, et sortez.