SCÈNE IX
M. DE LA SAUSSAYE, M. DE SAWT-CLET.
St. Clet. Qu'est-ce que c'est donc que ces propos-là. Monsieur ? 11 me méprise, m'injurie . • .
La Saus. Bon, vous ne le connaissez pas.
St. Clet. Est-ce que vous lui auriez dît du mal de moi ?
La Saus. Tout au contraire, il n'a jamais voulu m'entendre ; mais laissez-moi faire.
St. Glet. Il faut que quelqu'un m'ait desservi auprès de lui. . ,
La Saus. Allons, vous allez vous allarmer, où il n'y a pas de quoi ; laissez-moi agir, et je vous réponds de tout.
St. Clet. Mais pourquoi m'a-t-il dit des choses aussi dures f *
La Saus. Bon, il m'eu a dit bien d'autres ; est-ce qu'il faut prendre garde à cela avec les gens à qui l'on a afiaire ? Tenez, écoutez-moi.
St. CiilCT« S'il n'avait pas été le père de Mademoiselle de Courvillers ...
La Saus. £h-bien, l'auriez-vous tué, comme le Cid
• qui tue le père de sa maîtresse ? Voyez après l'embarras
où il a été pour l'épouser, encore n'a-t-il eu qu'une pro-
besse. Tenez, quand on a un ami qui se mêle de ses
* affaires, il faut avoir confiance en lui.
St. Clet» Ah, Monsieur, sans doute, je voudrais pouvoir «espérer • • .
La Saus. Laissez-moi donc vous dire. Allez-vous-en chez Mi^emoiselle de Courvillers attendre • • .
St. Clet. Mais, Monsieur, elle ne voudra point me recevoir seul chez elle. «
La Saus. Oui, si vous ne deviez pas l'épouser, sans doute elle aurait tort ; mais ceci est bien diâérent. Que diable ! faites donc ce que je vous dis, ou bien • • •
St. Clet. Allops, ne vous fâchez pas.
La Saus. Je vais parler à Madame de Courvillers, elle entendra bien raison, elle, parce que les femmes • • • en un mot, * je sais l'art de les persuader. Sûrement, après tout ce que je lui dirai, elle enverra chercher sa fille, et vous reviendrez avec elle.
St. Clet. Vous croyez . . .
La Saus. Sûrement.
St. Clet. Allons, je vous obéis.
La Saus. Et vous faites bien.