SCENE XL
M"». DE COURVILLERS, M. DE LA SAUSSATO.
M"* De Courv. Quoi, vou| êtes ici tout seul. Monsieur de la Saussaye ? Où est donc Monsieur de Courvillers ?
La Saus. Bon, il m'a laissé au milieu d'une conversation, après m'avoir bien grondé encore.
M™* De Courv. Comment, je ne le reconnais pas là !
La Saus. Je venais pour lui proposer un gendre qui est un garçon très-aimable, ce qu'il vous faut enfin pour Mademoiselle votre fille, et il s'est fâché tout de boA . • •
M™ De Courv. Mais pourquoi ?
La Saus. Je vous dis, je n'y ai rien compris, et encore il a bien grondé ce jeune homme.
M™ De Courv. Quoi, il l'a vu ?
La Saus. Sûrement, puisqu'il l'a grondé, et tout cela, faut de s'expliquer. Je vais vous dire si ce n'est pas un très-bon parti, quoiqu'il ne soit pas riche.
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M"* De Courv. Il n'est pas riche ?
La Saus. Non.
M"* De Courv. ^Cela ne fah rfeir.
La Saus. Non, parce qu'il le deviendra. Mademoiselle votre fille est fort jolie, elle sera une femme charmante ; c^st par les femmes que l'on fait fortune : tous les gens de la Cour viendront chez enx ; Saint-Clet ne sera pas jaloux, il sait' comme il faut se conduire avec ces gens-là, et que les femmes à Paris ont toute liberté.
M"*' De Courv. Quoi, c'est Saint-Clet ? . . .
La Saus. Oui, il adore Mademoiselle votre fille*
M"^ De Courv. U adore ma fille, et il pense comme cela ?
I4A Saus. Oui, parce qu'il veut la rendre heureuse : oh, il connaît le monde.
M^^ De Courv. Voilà une façon de penser bien délicate.
La Saus. Il suit la mode, il faut aimer les femmes comme elles sont.
M^ De Courv. Quoi, il n'en a pas meilleure opinion, ni vous non plus f
La Saus. Oh, moi, je devine tout cela ; car ici je ne vois rien et je trouve tout bien. D'ailleurs, qu'est-ce qui fait que je me mêle de leurs affiiires ? C'est que ces pauvres enfans-là me font pitié, ils s'aiment à la folie • • .
M"« De Courv. Comment !
La Saus. Oui, et voilà pourquoi je me suis chargé de vous parler pour eux.
M*« De Courv. Ma fille aime Saint-Clet?
La Saus. Oui, et tenez, actuellement ils attendent ce que vous allez décider.
M™* De Courv. O ciel ! {Elle sonne.)
La SAui. Qu'est-ce que vous avez donc f