M. ROBINEAU, ETIENNE
M. Rob. (sans paraître. ) Etienne !
Etienne. Bon, voilà le père qui crie après moi, à présent.
M. Rob. Etienne ! Etienne !
Etienne. On y va.
M. Rob. (en robe-de-chambre.) Eh-bien, qu'est-ce que tu fais ici ?
Etienne. J'attends Monsieur votre fils.
M. Rob. Comment mon fils, où est-il allé ?
Etienne. Je ne sais pas, Monsieur ; je crois que c'est chez un Monsieur de la Comédie Française.
M. Rob. Pourquoi faire ?
Etienne. Pour apprendre son rôle.
M. Rob. Comment son rôle ! Est-ce qu'il joue la comédie ?
Etienne. Oh, mon Dieu, oui, que trop souvent.
M. Rob. Trop souvent ?
Etienne. Pour cela oui ; car il faut lui porter des habits de toutes les couleurs, et tout cela m'ennuie, me fait lever matin et coucher tard.
M. Rob. Voilà donc pourquoi son agrégé dit qu'il ne le voit point.
Etienne. Cela peut bien être.
M. Rob. Il fallait me le dire.
Etienne. Je croyais que vous le saviez.
M. Rob. Et que je l'approuvais, n'est-ce pas ?
Etienne. Moi, ce n'est pas mon affaire de savoir si vous l'approuvez ou non.
M. Rob. Eh-bien, tu le verras ; et s'il la joue encore et que tu ne m'en avertisses pas, je te chasserai.
Etienne. Mais il me fera peut-être chasser aussi lui, si je vous rends compte de ce qu'il fait.
M. Rob. Je ne serai pas le maître, n'est-ce pas? Songe à ce que je te dis.
Etienne. Mais Monsieur . . .
M. Rob. Allons, tais-toi. Je crois que je l'entends ; tu vas voir comme je vais lui laver la tête. Etienne. Ne dites pas que je vous ai dit . . .