‹ Manuel de proverbes dramatiquesChapitre 106 sur 139 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. ROBINEAU, M. ROBINEAU, fils, ETIENNE.

M. Rob. Eh-bien, Monsieur, d'où venez-vous comme cela ?

M. Rob., (fils.) Mon père, je viens . . .

M. Rob. Je le sais.

M. Rob., (fils.) En ce cas-là . . .

M. Rob. Croyez-vous que je veuille avoir un comédien dans ma famille ?

M. Rob., (fils.) Mais, mon père, qui vous a dit que je veux me faire comédien ?

M. Rob. Vous ne vous occupez pas d'autre chose.

M. Rob., (fils.) Mais, je croyais qu'à mon âge, on pouvait quelquefois s'amuser jouer la comédie.

M. Rob. Tout cela fait perdre du temps ; vous étudiez des rôles, au lieu de faire votre droit.

M. Rob., (fils.) Mais, mon père, vous voulez me faire avocat.

M. Rob. Sans doute ; par conséquent il faut savoir son droit, étudier les coutumes, les loix.

M. Rob., (fils.) Oui, mais il faut savoir bien parler en public.

M. Rob. Et pour cela faut-il être comédien ! 21*

M. Rob., (Jils.) Je ne dis pas cela.

M. Rob. Yoilà pourtant ce que vous deviendriez, si je vous laissais faire.

M. Rob., (Jils.) Je vous assure, mon père . . .

M. Rob. Je vous assure, mon fils, que vous ne jouerez plus la comédie.

M. Rob., (Jils.) Quoi, je ne pourrai pas quelquefois la jouer avec mes amis ?

M. Rob. Non, Monsieur; je ne veux pas laisser fortifier en vous ce goût-là j en un mot, je ne veux pas avoir un comédien dans ma famille, encore une fois.

M. Rob., (Jils.) Mais, mon père . . .

M. Rob. Mais, c'est un parti pris, et je charge Etienne de me dire, si vous vous avisez de jouer davantage.

M. Rob., (Jils.) Puisque vous ne le voulez pas . . .

M. Rob. Prenez-y garde ; je le saurai, et je vous mettrai sur-le-champ à Saint-Lazare.

M. Rob., (Jils.) Moi?

M. Rob. Oui, vous.

M. Rob., (Jils.) Eh-bien, mon père, je ne jouerai plus.

M. Rob. Songez-y bien. (// s'en va et revient.) Vous me le promettez ?

M. Rob., (Jils.) Oui, mon père.

M. Rob. Nous verrons. (Il sort.)

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