SCÈNE IV
M. ROBINEAU, Jils, ETIENNE.
M. Rob., (Jils, d'un air occupé.) Etienne.
Etienne. Monsieur !
M. Rob., (fils.) Tenez . . .
Etienne. Youlez-vous vous habiller ?
M. Rob., (fils.) Non, pas encore.
Etienne. C'est que j'ai affaire.
M. Rob., (fils.) Un moment. Tiens-toi là. (Il le place à la droite du théâtre. )
Etienne. Pourquoi faire ?
M. Rob., (fils.) Tu seras Junie.
Etienne. Junie ?
M. Rob., (fils.) Oui ; moi, je fais Britannicus.
Etienne. Ma foi, vous serez tout ce que vous voudrez ; mais il faut que je m'en aille.
M. Rob., (fils.) Je ne te demande qu'un instant; c'est pour répéter une scène que Monsieur Le Kain vient de me montrer.
Etienne. Quoi, c'est encore de votre comédie ?
M. Rob., (fils.) Ce n'est rien, te dis-je.
Etienne. Après ce que vous avez promis à Monsieur votre père ?
M. Rob., (fils.) Tu n'auras rien à dire.
Etienne. Comment rien à dire ? Et si je ne lui dis pas que vous voulez toujours jouer la comédie, il me chassera.
M. Rob., (fils.) Mais je ne la jouerai pas, je ne veux que répéter.
Etienne. Répéter, répéter . . .
M. Rob., (fils.) Oui ; tiens-toi donc là, et ne parle pas.
Etienne. Allons, mais . . .
M. Rob., (fils.) Tais-toi donc. Ah-ça, voyons, j'entre par ici. (Il marche tragiquement, et déclame.)
" Madame, quel bonheur me rapproche de vous? Quoi ! je puis donc jouir d'un entretien si doux ? "
Ce n'est pas cela. (Il recommence.)
" Madame, quel bonheur me rapproche de vous ? Quoi ! je puis donc jouir ..."
Je suis trop près, recommençons. (Il se retourne pour s'éloigner, et Etienne se sauve. Il le suit.)