M. DUBREUIL, M. TROTBERG, LA PIERRE
La Pierre. Monsieur, il y a un Monsieur dans votre cabinet, qui vous attend.
Dub. C'est bon ; je vais y aller.
Trot. C'est un affaire peut-être;, il faut aller, marcher. Je suis fort bon ici.
Dub. Yoilà du papier, de l'encre ; je reviendrai vous tenir compagnie bientôt.
Trot. Je suis ici avec ma portefeuille, je lis tout cela.
Dub. Si vous avez besoin de quelque chose, appelez La Pierre.
Trot. Besoin, c'est nécessaire, je me souviens. Et La Pierre ?
Dub. C'est cet homme-là.
Trot. Cet homme-là, on l'appelle une pierre ?
Dub. Oui ; c'est son nom.
Trot. Je entend bien ; c'est comme nous disons un arbre de noix, arbre d'olive.
Dub. Oui, du noyer, olivier.
Trot. Du noyer, noix ; olivier, olive. Je écris ; permettez. (Il écrit.) Je finis.
Dub. Vous aurez tout ce que vous vous voudrez. Si vous voulez envoyer quelque part, dites où.
Trot. Où? (Il écrit.)
Dub. Oui. Si vous voulez manger, dites quoi.
Trot. Quoi ? (Il écrit.)
Dub. Oui. Si vous voulez boire, dites-le.
Trot. Le? (Il écrit.)
Dub. Oui. Si vous voulez sortir, dites quand.
Trot. Quand ? (Il écrit.)
Dub. Oui.
Trot. C'est pour sortir ? fort bon.
Dub. Si vous voulez vous coucher, dites l'heure.
Trot. Pour coucher ?
Dub. Pour lever, de même.
Trot. C'est fort singulier. Voilà un pour deux à présent. (Il écrit.)
Dub. J'espère que mon fils va arriver, et il vous tiendra compagnie.
Trot. Oh, j'ai pas besoin, j'ai ici ma occupation.
Dub. La Pierre va rester dans votre antichambre. Tu entends bien, La Pierre ?
La Pierre. Oui, Monsieur.
Dub. Et tu feras ce que Monsieur te dira.
La Pierre. Oui, oui, Monsieur.
Dub. Ah ça, Monsieur, je vous laisse, je suis bien votre serviteur.
Trot. Serviteur, Monsieur, serviteur.