‹ Manuel de proverbes dramatiquesChapitre 77 sur 139 · M. DE LA SAUSSAYE, M. DE SAINT-CLET · texte numérisé non relu

M. DE LA SAUSSAYE, M. DE SAINT-CLET

St. Clet. Qu'est-ce que c'est donc que ces propos-là, Monsieur ? Il me méprise, m'injurie . . . L/i Saus. Bon, vous ne le connaissez pas.

St. Clet. Est-ce que vous lui auriez dir du mal de moi ?

La Saus. Tout au contraire, il n'a jamais voulu m'entendre ; mais laissez-moi faire.

St. Clet. Il faut que quelqu'un m'ait desservi auprès de lui.

La Saus. Allons, vous allez vous allarmer, où it n'y a pas de quoi ; laissez-moi agir, et je vous réponds, de tout.

St. Clet. Mais pourquoi m'a-t-il dit des choses aussi dures ?

La Saus. Bon il m'en a dit bien d'autres ; est-ce qu'il faut prendre garde à cela avec les gens à qui l'on a affaire ? Tenez, écoutez -moi.

St. Clet. S'il n'avait pas été le père de Mademoiselle de Courvillers . . .

La Saus. Eh-bien, l'auriez-vous tué, comme le Cid qui tue le père de sa maîtresse ? Voyez après l'embarras où il a été pour l'épouser, encore n'a-t-il eu qu'une promesse. Tenez, quand on a un ami qui se mêle de ses affaires, il faut avoir confiance en lui.

St. Clet. Ah, Monsieur, sans doute, je voudrais pouvoir espérer ...

La Saus. Laissez-moi donc vous dire. Allez-vousen chez Mademoiselle de Courvillers attendre . . .

St. Clet. Mais, Monsieur, elle ne voudra point me recevoir seul chez elle.

La Saus. Oui, si vous ne deviez pas l'épouser, sans doute elle aurait tort ; mais ceci est bien différent. Que diable ! faites donc ce que je vous dis, ou bien . . .

St. Clet. Allons, ne vous fâchez pas.

La Saus. Je vais parler à Madame de Courvillers, elle entendra bien raison, elle, parce que les femmes ... en un mot, je sais l'art de les persuader. Sûrement, après tout ce que je lui dirai, elle enverra chercher sa fille, et vous reviendrez avec elle.

St. Clet. Vous croyez . . .

La Saus. Sûrement.

St. Clet. Allons, je vous obéis.

La Saus. Et vous faites bien.

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