‹ Manuel de proverbes dramatiquesChapitre 89 sur 139 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LA COMTESSE, LA MARQUISE, LE BARun, LE VICOMTE.

La Comt. Passez donc là, Madame la Marquise.

La Marc. Je suis ici à merveilles. (Rasseyant.)

La Comt. Messieurs, vous avez là des sièges. {A la Marquise.) C'est bien à vous, de venir de bonne heure comme cela.

La Marq. Mais vraiment, j'avais bien peur de ne pouvoir pas sortir ; ma mère ne veut jamais fermer sa porte ; vous savez comme elle est ; heureusement, il n'est venu que des hommes ; j'ai dit avant qu'il arrive quelqu'un, je m'en vais m'échapper ; et je suis venue.

Le Vie. Je vous avertis, Mesdames, que si vous attendez la Vicomtesse, vous ne l'aurez pas si-tôt.

La Comt. Pourquoi donc ?

Le Vie. Parcequ'elle ne finit jamais rien ; et puis

le mariage de sa belle-sœur l'occupe ; elle ne sait plus ce qu'elle fait.

Le Baron. Je ne savais pas qu'elle se mariât ; qui épouse-t-elle ?

Le Vie. Le Comte de Florensac.

Le Baron. Florensac? Qu'est-ce que c'est que ce Florensac-1 à?

Le Vie. Ma foi, c'est bien difficile à expliquer.

La Marq. Je m'en vais lui faire entendre en deux mots. Vous avez connu la grande Comtesse de Brindière, qui avait marié sa fille au Comte d'Hennevaux, qu'on appellait Casse tête, pareeque c'était un braillard insupportable ?

Le Baron. Oui, qui avait perdu un œil à Philisbourg.

La Marq. C'est cela même. Eh-bien, Casse-tête avait une sœur qui était Chanoinesse, et qui eut tout d'un coup trente mille livres de rente de sa tante Lamotte Bouroncourt.

Le Baron. Oui, je sais bien tout cela.

La Marq,. Le Florensac qui épouse la belle-sœur de la Vicomtesse, est fils de la Chanoinesse d'Hennevaux, mariée à Florensac, qui était, je crois, dans la marine.

Le Baron. Non, dans la maison du Roi.

La Marq. Il me semble que c'est dans la marine.

Le Vie. Vous avez raison tous les deux. Il était dans la marine ; mais par nn mécontentement, il a quitté ; et il est entré dans la maison . . .

La Comt. Est-il-riche, Vicomte ?

Le Vie. Non pas à présent ; mais d'un moment à

l'autre, il peut avoir quarante à cinquante mille, livres de rente.

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