‹ Manuel de proverbes dramatiquesChapitre 90 sur 139 · LA COMTESSE, LA MARQUISE, LE VICOMTE, LE BARON, L'ABBÉ, DUVAL · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LA MARQUISE, LE VICOMTE, LE BARON, L'ABBÉ, DUVAL

Dcjval, (annonçant.) Monsieur l'Abbé de Fondgras.

La Comt. Ah, l'Abbé ! C'est délicieux ! Il ne se fait jamais attendre.

L'Abbé. Il m'en coûte assez pour cela, Mesdames ; je suis bien aise de vous le dire.

La Mar^. Comment donc, l'Abbé ?

L'Abbé. Je viens de perdre quinze louis au wisk ; et je n'ai pas voulu de revanche à cause de vous. Mais, qu'est-ce que vous attendez pour partir ?

La Comt. La Vicomtesse.

L'Abbé. Vous ne pourrez jamais vous promener ; les jours sont diminués ; et vous avez quatre lieues à faire, et la montagne encore.

Le Baron. Il n'y a que trois lieues, Monsieur l'Abbé.

L'Abbé. Comme vous voudrez ; mais comme on est toujours deux heures à les faire, j'appelle cela quatre lieues, et bonnes.

La Comt. Ah, Messieurs, ne disputons pas, je vous en prie. Dites-nous plutôt s'il y a quelque chose de nouveau, l'Abbé ?

L'Abbé. Il y a ... les mariages.

La Marq. Nous les savons.

L'Abbé. Et puis l'histoire de Versailles.

La Marq,. Qu'est-ce que c'est ?

La Comt. Dites-donc.

L'Abbé. Elle est très-singulière ; comment, est-ce que vous n'en avez pas entendu parler ?

La Marq,. Non, vraiment.

La Comt. Vous nous faites languir, l'Abbé ; vous êtes odieux.

L'Abbé. Mais c'est que je ne sais pas si je pourrai bien vous la conter.

La Marq. Oh, que oui.

L'Abbé. C'est qu'il y a des choses ... Il faudrait ... Le Commandeur y était.

Le Vie. Il doit venir ici, le Commandeur.

L'Abbé. Oh, bien, il vous la contera mieux que moi.

Le Vie. J'entends quelqu'un ; je parie que c'est lui.

La Marq. Et s'il ne vient pas, nous ne saurons pas l'histoire ?

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