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PERCEPTION DU MOUVEMENT

intervalle d'environ un quart de seconde entre les apparitions de deux figures consécutives. Dans la figure 58, A a déjà dépassé la fenêtre et B devient visible. Mais B ne semble pas aller de bas en haut ; au moment même indiqué par la figure, l'observateur a l'impression nette d'une brusque chute de A. La succession A, B est donc perçue comme le mouvement du seul A.

Images consécutives de mouvement. Si nous regardons un moment l'eau du bord d'un navire en marche, ou si nous fixons une chute d'eau, ou la bande mouvante d'un piano mécanique et si, ensuite, nous portons le regard sur le plancher du pont, les rives du courant ou sur le couvercle du piano, nous obtenons la perception d'un mouvement inverti, sorte d'image consécutive négative du mouvement original. Cette image consécutive ne peut être attribuée aux mouvements involontaires des yeux, puisqu'elle n'apparaît qu'à la partie du champ visuel qu'occupait le stimulus. L'explication la plus plausible, du point de vue génétique,est la suivante :

l'objet en mouvement laisse dans les yeux une quantité d'images consécutives changeantes et évanescentes, qui, si elles étaient vues en elles-mêmes, continueraient à faire percevoir le mouvement dans sa direction originale. Mais leur caractère qualitatif est noyé et perdu dans les qualités du champ sur lequel elles sont projetées. Néanmoins, comme elles suffisent encore à évoquer quelques traces de la perception du mouvement, leur passage sur le champ visuel doit éveiller l'illusion que celui-ci se meut et dans la direction opposée. Cette explication n'est pas absolument satisfaisante, et il faut bien avouer que, sur ce point, une théorie nativiste du mouvement garde l'avantage.

Fig. 5g. — Chute d'eau artificielle de James. Mini, O. S. XII. 1887, 5n ; Principles of Psychology, II, 1890, 245. On peut obtenir des images consécutives très marquées par la rotation lente, sur l'appareil rotatif, d'un disque blanc sur lequel a élé peint en noir une spirale d'Archiinède. E. Mach.

Grundlinien d. Lehre von d. Bewegnngsempfmdungen . 187D, 09.

§ 101. La perception de la mélodie. — De même que le mouvement est à la fois temporel et spatial, de même la mélodie est à la fois temporelle et qualitative. Elle présuppose le rythme et elle présuppose la formation d'une échelle musicale ainsi que la classification des intervalles de cette échelle en intervalles consonnants et dissonants.

Nous nous sommes déjà occupés du rythme. Les conditions qui ont déjà conduit à la découverte et à la sélection des intervalles mélodiques sont encore mal élucidées : Stumpf rapporte la mélodie au fait de fusion, tandis que Wundt distingue un certain nombre de facteurs dont le principal est ce qu'il appelle la parenté directe (direct relationship) des tons composés.

Selon Stumpf, la consonnance dépend de la fusion et le degré de consonnance du degré de fusion. Et la fusion est efficace dans le cas des tons successifs tout comme dans celui des tons simultanés ; le second ton fusionne avec Pimage du premier (§61), ou si les deux tons ont cessé, l'image du premier fusionne avec celle du second. La musique homophonique et polyphonique, la mélodie et l'harmonie ont ainsi leur racine commune dans la fusion tonale.

Mais ici s'élève une objection. La musique primitive n'étaitelle pas homophonique ? Et l'audition des tons successifs pouvait-elle déterminer en la conscience des différences dans les degrés de fusion assez clairs pour qu'il en puisse résulter une échelle musicale ? Stumpf réplique que la musique primitive n'était pas entièrement homophonique. Les hommes et les femmes, les hommes et les enfants chantaient en chœur et la différence de registre pouvait donner au moins les intervalles de l'octave et de la quinte ; des chanteurs non exercés qui croient chanter à l'unisson chanteront selon l'étendue de leur voix à l'unisson, à l'octave ou à la quinte. De plus, les instruments musicaux sont une invention très ancienne et le degré de fusion de la quinte, de la tierce, etc., se produisant par hasard, ont pu frapper l'imagination du musicien primitif et l'amener à fixer et à employer ces intervalles. Enfin, l'addition d'un bourdon vocal ou instrumental pouvait aider le chanteur à rester dans certaines limites tonales. — On peut ajouter qu'alors que nous

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