LE JUGEMENT
jugements ; elle comprendrait également toutes les formes d'action volontaire. En réalité, elle semblerait englober sous le nom de jugement à peu près toute l'idéation ; car, dans le jeu le plus libre de l'imagination, même dans le rêve diurne et la rêverie, le cours des idées n'est pas tout-à-fait fortuit, mais il est tant soit peu dirigé et prend telle ou telle direction selon la pression d'une suggestion.
Selon un autre auteur, qui tire sa définition du jugement d'un travail sur les réactions associatives, il est essentiel pour qu'il y ait jugement qu' « un rapport entre l'idée-stimulus et l'idée de réponse, rapport qui est plus particulièrement caractériscomme un rapport de prédication, soit voulu ou tout au moine accepté. » Malheureusement, le critère du rapport de prédicas tion, que l'auteur emprunte à la logique, a été impliqué dans les instructions données aux sujets ; on leur avait dit, à l'avance, d'entendre par jugement le processus qui trouve son expression verbale complète dans une proposition prédicative » ; de telle sorte que l'expérimentateur, dans ses recherches, a obtenu des résultats qu'il y avait mis en grande partie auparavant. Le rapport lui-même, apparaissait à l'introspection, comme une extension, un élargissement de la sphère de la signification, tandis que le rapport attributif apparaissait comme une restriction, un rétrécissement de cette sphère ; pourtant, il n'y avait pas de ligne bien nette de démarcation et l'analyse n'était pas poussée plus avant. Les attitudes de volonté et d'acceptation ont été mentionnées dans les paragraphes précédents. Pour critiquer ce point de vue, nous pouvons dire, en premier lieu, que la caractérisation du jugement n'était pas spontanée puisqu'elle était elle-même suggérée aux sujets ; en second lieu,ique si nous faisons abstraction de la suggestion, il ne reste rien de la définition qui permette de distinguer le jugement de l'action volontaire.
Un troisième auteur décrit le jugement comme « un fait de conscience lié à la conscience de validité et avec un état d'assurance » ; cet état est « quelque chose qui, bien que n'étant pas en lui-même, la conscience de validité est de nature à amener une réponse affirmative à la question : ce fait de conscience est-il valide ? » >'ous avons déjà trouvé des exemples d'états semblables dans les « consciences incorporées » que nous avons analysées au § 141. La conscience de validité apparaît
quand, au cours d'une idéation qui procède d'une suggestion, certains processus mentaux se détachent avec insistance, forcent d'eux-mêmes l'attention ; elle consiste, apparemment, dans le contexte organique de ces processus insistants.
Peut-être la description que Wundt fait du jugement pourrait être corrigée comme il suit. Un jugement est un processus idéationnel complexe caractérisé par la division binaire de l'attention, qui se forme sous l'influence d'une suggestion antécédente ; la suggestion peut, cependant, être présente non seulement sous la forme d'une idée-agrégat, mais aussi sous celle d'une imagerie verbale ou d'une attitude consciente: il n'est pas nécessaire qu'elle soit consciente et peut agir en tant que disposition corticale. L'attention impliquée dans les jugements est toujours l'attention active ou se condaire. Le jugement appartient au même ordre de faits que l'action volontaire ; on peut même l'appeler une action volontaire interne ; le principale différence entre ces deux processus est que la suggestion à l'action enveloppe une relation à un mouvement corporel tandis que la conscience d'action s'achève en kinesthésie. Dans le détail, les attitudes conscientes que comprend le jugement, attitudes émotives et intellectuelles, sont de différentes sortes : nous pouvons avoir connaissance de la relation de prédication, de la validité du jugement, de sa nécessité ; nous pouvons être satisfaits, soulagés, désappointés ou perplexes. Une ou plusieurs de ces attitudes spéciales sontelles essentielles à la conscience de jugement, y a-t-il des différences spécifiques d'attitudes entre la conscience de jugement et la conscience d'action ? On ne peut encore résoudre ces problèmes.
Le seul point qui, dans cette description appelle un commentaire, est l'affirmation que le jugement implique l'attention secondaire. Si nous faisons dépendre le jugement de la seule suggestion (1), il est clair alors que des
(1) Comme dans la première des définitions citées plus haut, p. 554.
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propositions comme : « l'herbe est verte », « l'homme est mortel » sont des vrais jugements. Pourtant ces propositions sont le résultat d'une action automatique des tendances associatives et n'ont rien qui leur donne la marque du jugement si ce n'est leur forme verbale ; elles sont, en fait, de pures associations comme les mots : « herbe verte », « blesser grièvement », expressions dans lesquelles la même dualité apparaît sous une forme différente. Il semble donc préférable de réserver le nom de jugement aux processus intellectuels dans lesquels les conditions de l'attention sont équivoques (p. 275) et de le refuser à des processus simplifiés qui correspondent, dans le domaine de la pensée, à ce que sont, dans le domaine de l'action, les réflexes secondaires.
Le raisonnement. Si nous acceptons la définition du jugement donnée ci-dessus, le raisonnement consistera en une succession de jugements qui épuise les possibilités de division binaire (dual), d'un sujet donné, sous la direction d'une suggestion ou d'une prédétermination donnée. Il y a, cependant, deux modes de complication consciente qui méritent une rapide mention. En premier lieu, les jugements sont liés les uns aux autres ; et leur relation apparaît à la conscience comme la notion (awarejiess) de la sphère dans laquelle l'argument est contenu et la notion d'une' direction dans cette sphère. Cette notion peut se présenter sous une forme verbale, mais elle se révèle souvent sous la forme d'une attitude consciente. Parfois le sujet a l'impression qu'il établit activement ces rapports ; cette impression, selon les comptes rendus est soutenue par des sensations kinesthésiques qui résultent des dispositions et des adaptations de l'attention active, lesquelles varient elles-mêmes avec la nature de la suggestion. En second lieu, le principe de la division binaire qui sous-tend la structure entière de la pensée, peut être masquée par l'intervention d'associations. Le sujet ou le prédicat ou les deux termes peuvent être complétés si richement par des idées associées que la divison dichotomique semble, au premier abord, avoir été remplacée par de multiples subdivisions. Un examen attentif des processus montrera que les idées en question ne dérivent
pas directement de la situation suggestive mais de la reviviscence secondaire de tendances associatives.
§ 148. Le Moi. — Le terme « moi », en tant que rubrique psychologique, désigne la combinaison particulière de talent, de tempérament et de caractère, c'est-à-dire, de la constitution intellectuelle, émotive et active, qui constitue un esprit individuel. Le « moi », en tant que fait de conscience, désigne tout complexe de processus mentaux qui représente une phase momentanée de cette combinaison ; et la « conscience de moi » est une expérience dans laquelle le moi, en tant qu'expérience consciente, est focal. L'expérience du moi peut être aussi varié que le sont les rapports objectifs que l'organisme soutient avec son entourage de personnes et de choses. Elle possède cependant des éléments assez constants : sensations organiques, perception visuelle ou idée du corps, et idées verbales du « Je » et du « mon ».
On dit souvent dans les manuels de psychologie que le moi conscient forme l' arrière-plan permanent de la conscience et qu'il nous suffit de diriger notre attention sur cet arrière- plan pour permettre au moi de se réaliser pleinement. Cette affirmation a été si souvent faite, et d'une façon si catégorique, que l'auteur incline à croire qu'il existe,à ce point de vue, des différences individuelles. Il peut se faire que certains esprits soient, pourrait-on dire, jetés dans un moule personnel et que d'autres soient relativement impersonnels.Dans la propre expérience de l'auteur, le moi conscient apparaît assez rarement, bien qu'un effort volontaire puisse toujours le faire surgir. Il fait certainement défaut dans la série des faits de conscience qui correspondent à la routine de chaque jour. Il est également absent de la conscience de la pensée concentrée ; les vues et les théories qu'une psychologie courante considère comme personnelles, sont entièrement impersonnelles pendant qu'elles s'élaborent et se formulent consciemment. Le moi n'apparaît pas non plus dans des situations qui sont supposées donner naissance à la conscience du moi dans le sens « du sentiment qu'on est sur- Taillé » ; il peut y avoir tous les signes d'émotion forte — gorge
LE MOI 55g
serrée, joues brûlantes, respiration haletante, mains moites et tremblantes, incertitude de tous les mouvements coordonnés (1), sans qu'on puisse trouver trace de personnalité consciente. En un mot, la vie mentale, du moins telle que la vit l'auteur, n'est personnelle que par intermittence (p. 16). Le moi conscient apparaît comme un visiteur fortuit dans des contextes variés ; c'est peut-être avec le sentiment de solitude qu'il apparaît le plus souvent ; mais ce sentiment n'est lui-même, au moins dans la vie du civilisé adulte, qu'un pur accident.
Il existe, sans aucun doute, une tendance instinctive à la personnalisation. L'humanité, comme nous l'avons vu au § 5 a cru très tôt en l'existence de deux substances permanentes/la matière et l'esprit ; l'une servait à retenir le flux des processus physiques, l'autre à assurer la continuité de l'expérience individuelle. Nous devons à la première de ces croyances notre tendance instinctive à faire du monde de la perception un monde de choses réelles (p. 474) ; et nous devons à la deuxième une attitude instinctivement personnelle, dont nous avons un exemple dans la tendance à surestimer la stabilité de notre vie affective (p. 507). Ces tendances instinctives peuvent être ou n'être pas accompagnées de conscience : c'est là que peuvent apparaître des difiérences individuelles. Nous avons toutefois, dans les formes du langage, un remarquable exemple de l'inconscience de la tendance à personnaliser. La conversation est toute hérissée de « Je », de « moi », de « mon » et cependant il n'est pas nécessaire qu'il y ait la moindre trace de personnalité dans les processus conscients que ces mots désignent. Il est impossible de les éviter et d'ailleurs, il n'y a aucune raison de les éviter ; l'auteur peut expliquer bien plus aisément au lecteur son défaut de conscience personnelle en disant : « je n'ai pas conscience de ma personnalité », qu'il ne le pourrait en traduisant le mot « je » et « moi » par quelque périphrase impersonnelle. Notre langage courant implique une métaphysique personnaliste comme il implique également la conception métaphysique de l'interaction de l'âme et du corps (p. 12). Aussi, nous parlons tous comme si nous acceptions ces hypothèses ; mais lorsqu'on en vient à une discussion technique, nous spécifions, dans
de(M0Cf' La deSCription d'une Première comparution en public dans la Peur
OGO LA PENSÉE
les mêmes formes verbales qui sous-entendent ces théories, si nous les acceptons ou si nous les rejetons.
La tendance à personnaliser a une origine sociale et l'idée du moi est entretenue par l'expérience sociale.Dans la société primitive, l'individu est trop étroitement lié à sa famille ou à son clan pour se former une idée claire de son moi individuel. Mais il est (et il est considéré comme) une source, un centre d'action indépendant. Il se vante de ses prouesses et ses compagnons le louert ; la tribu a besoin de nourriture, et il a sa place propre dans l'expédition et dans la chasse communes ; il est habile dans quelque métier et les autres s'adressent à lui pour avoir ce qu'il fabrique. Enfin, et cela est très important, il a un nom : il a, peut-être, un titre qui rappelle son courage ou son habileté, ou qui vient d'un incident notable de sa vie passée,un surnom qui s'ajoute à son nom tribal. Tous ces incidents font sur son esprit une forte impression. Ils fournissent les matériaux dont il formera une idée de sa personnalité professionnelle ou sociale ; et ce n'est qu'avec le temps que cette idée s'affirmera en une idée du moi individuel. Quant à nous, qui avons derrière nous une bien plus longue évolution, nous naissons avec les tendances à personnaliser tout imprimées dans notre système nerveux ; mais nous aussi nous recevons l'idée de notre moi, en premier lieu, de nos parents, de nos maîtres, de nos camarades. Depuis l'époque où nous commencions à comprendre ce que disait notre entourage, nous nous sommes familiarisés avec l'emploi des noms propres ou des pronoms pour désigner les différents individus. Le personnalité nous vient ainsi de notre expérience sociale ; l'auteur ne peut croire qu'elle vienne, sauf peut-être dans des cas exceptionnels, de l'examen introspectif de l'arrière-plan de la conscience.
En ce qui concerne la représentation consciente du moi, il y a peu à ajouter à ce que nous nous sommes bornés à indiquer au début du paragraphe. Dans l'expérience de l'auteur, le complexe organique qui signifie le moi intellectuel ou actif est d'ordinaire kinesthésique et celui qui signifie le moi émotif est, d'ordinaire, viscéral. On a prétendu que les sensations organiques sont spécialement aptes à soutenir la notion de personnalité parce qu'elles sont toujours présentes et parce qu'elles restent pratiquement sans changement tout le long de la vie de l'individu. Mais à moins que l'arrière-plan organique soit le
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Z°LtT f ?\faite de.t0Ute autre •i8"ifl««on Propre cette hypothèse doit être considérée comme fausse. Les sensation! organiques ont une grande importance, comme membres d constellations associatives et comme éléments sensoriel de
:*t, »*f™ents. intenses ; ponr ces denx raison elle sont capables de soutenir la signification de « moi » comme elles peuvent soutenir beaucoup d'autres significations ; m" u propre persistance dans la conscience n'est pas née sterne" une notion de persistance, et elles peuvent désigner d'une façon .un précise une réalité extérieure qu'un moi interne L'image visuelle du moi peut-être schématique (comme celk9 qu'on a décrues, p. 541), ou elle peut être une image eoncre dans ce dernier cas c'est, d'ordinaire, autant que peuvent t' dquer les données de l'auteur, l'image du corps dans une p sture ou dans un costume inaccoutumés P
Jl7nmlMS TUi"kS- Un P°s "^rêt Rattache aux cas pathologiques qu'on a appelés personnalités doubles on mut
monTeritf LTiT' m'me indiYidu Présente- à différents moments des différences profondes d'intelligence, d'émotivité et de conduite. La clé de ces phénomènes psy hologiqueTX ne peut exposer ici, doit se trouver dans les changeme'nls de personnalité que présentent les individus normaux Te on t changements de circonstances (p. 16).
LECTURES COMPLÉMENTAIRES
■xnélime^tL0" trrVCra r reVUe «énérale te r«^rches UnuZT, T* DteS 6Ur k Psy<*°<°gie de la pensée dans :
-loyee par A. Mayer et J. Orth, Zur çualitatL UmerlZuZ ^X\ I, 1901, 1 sq. Le champion le plus ardent de l'élément de
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<84, .4. L'auieur l'aurait reprodrté S "X 'S' f Em"^d'^'«. .gmenler le «omhre des lecteurs de Mach *""'• Pa' Ce rcnvoi'
Titchener.
pensée est K. Bûhler. Ueber Gedanken, dans ".4 rch. f. d. ges. Psych., IX, 1907, 297 sq. La question du sentiment de réalité est exposée par M. W. Calkins, An Introd. to Psych., 1901 ou 1905, 124 sq. ; cf. Titchener, op. cit., 251 sq. Des études expérimentales sur les attitudes conscientes en général ont été publiées dans American Journal of Psychology, voir en particulier l'étude. d'Okabe sur la croyance (Am. J. of Psy. 1910, 563).
§ 142. W. Wundt, Die Sprache, 1904 ; O. Kûlpe, Grundriss der Psych., 1893, § 2. Sur la pensée sans mots, cf. F. Galton, Arithmetic by Smell, dans Psych. Review, I, 1894, 61 sq. ; et l'exposé de James sur les constructions mentales des sourdsmuets, Princ. of. Psych., I, 1890, 266 sq. ; Thought before Language : a Deaf-Muté's Recollections, dans Philos. Review, I, 1892, 613 sq.
§ 143. Titchener, op. cit., Lect. I ; Th. Ribot, Dévolution des idées générales, 1904.
§ 144. Art. Abstraction et Généralisation dans le Dict. of Phil. and Psych., I, 1901,6,408 ; Kûlpe Versuche tiber Abstraction dans BericJit iiber den I Kongress /. ezperimeni. Psychol, 1904, 56 sq. ; A. A. Grûnbaum, Ueber die Abstraktion der Gleichkeit, dans Arch. f. d. ges. Psych., XII, 1908, 340 sq.
§ 145. G. M. Whipple, An Analytic study of the Memory Images and the Process of Judgment in the Discrimination of Clangs and Tones, dans American Journal of Psychology, XII, 1901, 409 sq. ; XIII, 1902, 219 sq. ; F. Angell, On Judgments of a Like » in Discrimination Expérimente, )id., XVIII, 1907, 253 sq. Sur la réponse de différence indéterminée, 0. Kûlpe, Grundriss des Psychol, 1893, § 57 ; L. W. Stern, Psych. d. Verànderungsauffassung, 1898, 251. Sur l'impression absolue, cf. Experim. Psychol. de Titchener, II, n, 1905, 304 sq.
§ 146. 0. Kûlpe, op. cit., 36 sq. ; W. James, Princ. of Psychol, I, 1890, ch. iv ; B. R. Andrews, Habit, dans Amer. Journal of Psych., XIV, 1903, 121 sq. ; W. H. Pyle, An Expérimental Study of Expectalion, id., XX, 1909, 530 sq. ; A. Mosso, Fatigue, tr. 1904 ; C. S. Myers, A Text-book of Exper. Psydwl, 1909, 183 sq. Sur les phénomènes élémentaires^' entraînement et de fatigue, W. Wundt, Princ. of Phys. Psych. (trad. angl.), I, 1904, 75 sq. On a fait une foule de travaux sur la fatigue, mais la plupart des auteurs se sont placés à un point de vue physiologique, ou psychophysique ou pratique, 'plutôt que strictement
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psychologique. A citer l'étude de C. S. Yoakum, An Expérimental Study of Fatigue, 1909, qui insiste sur le côté introspectif de la question mais l'auteur s'intéresse surtout à l'aspect théorique. On trouverait dans ce travail une bibliographie du sujet (125 sq.). Des tests de fatigue sont exposés dans l'ouvrage de C. M. Whipple, Ma filial of Mental and Physical Tess, 1910, où se trouvent également les applications pratiques de nombreuses expériences décrites dans notre ouvrage.
§ 147. W. Wundt, Physiol. Psych., III, 1903, 572 sq. ; Grundriss des Psych., § 17, B. ; W. B. Pillsbury, The Psychology of Reasoning, 1910. Les trois définitions citées sont de H. J. Watt, Exper. Beitràge zu einer Théorie d. Denkens, dans Arch. f. d. ges. Psych., IV, 1905, 416, 410 ; A. Messer, Exper imentell-psychologische Untersuchungen iiberd. Denken, id., VIII, 1906, 105, 93 ; G. Storring, Exper. u. psychopathologische Untersuchungen iiber das Bewusstsein d. Gûltigkeit, id., XIV, 1909, 42, cf. Titchener, Thought Processes, 1909, Lect. V.
§ 148. W. James, op. cit., I, 291 sq. ; H. Ebbinghaus, Grunziige d. Psych., I, 1905, 8 sq. Sur les personnalités multiples. T. Flournoy, Des Indes à la planète Mars ; M. Prince, The Dissociation of a Personnality, 1906.
CONCLUSION
§ 149. L'Etat de la psychologie. — Les manuels de psychologie qui comprennent les résultats des recherches expérimentales, se répartissent en trois grands groupes. D'un côté, sont les systèmes de psychologie, dans lesquels les résultats expérimentaux n'apparaissent que pour illustrer des principes psychologiques généraux. De l'autre, sont les livres qui exposent un à un les différents objets que se proposent les recherches expérimentales et qui s'en tiennent là. Enfin, entre ces deux positions extrêmes se placent les ouvrages (dont le présent manuel cherche à donner un exemple), qui insistent sur la nécessité de contrôler par l'expérimentation les données de l'introspection, mais qui s'efforcent, ensuite, de systématiser les résultats expérimentaux et de relier la psychologie de laboratoire à celle des traités antérieurs ou étrangers à l'expérimentation.
Ces trois types d'ouvrages ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le psychologue dont la pensée systématique est fermement dessinée écrira selon un plan d'ensemble ; son ouvrage sera logiquement cohérent et convenablement proportionné et le besoin d'observations susceptibles d'illustrer ses conceptions lui suggérera à tout moment des problèmes que ses lecteurs seront intéressés à résoudre. En revanche, il courra le risque de forcer les faits à s'adapter à son système et de négliger ceux qui ne se laissent pas classer dans ses cadres. Le psychologue qui se borne à exposer les expériences déjà faites a le grand avantage de ne jamais dépasser les données de l'observation : son ouvrage nous donne les matériaux sûrs qui pourront un jour