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SENSATIONS DU SYSTEME DIGESTIF

grosse bouchée ou une gorgée excessive. Au contraire de la plupart des sensations alimentaires, cette pression est localisée vers le dos, et l'inlrospcction peut suivre sa descente. Elle s'accompagne souvent d'un soupçon de nausée et sans aucun doute provient de l'œsophage. Mais est-elle due aux terminaisons nerveuses libres de la muqueuse ? Vient-elle des couches de muscles striés ? Nous n'en savons rien.

La nausée elle-même est habituellement précédée et accompagnée d'une sueur froide et d'une salivation abondante. Outre les sensations qui se produisent ainsi, elle se complique parfois d'une amertume au fond de la bouche, de sensations de goût et d'odorat qui proviennent des aliments qui remontent de l'estomac, et d'un étourdissement. En elle-même, la nausée semble être une sensation analogue en qualité à la pression, localisée à l'extrémité inférieure de l'œsophage et vraisemblablement due à des contractions musculaires. — Le vomissement apporte des sensations des muscles de la paroi abdominale et du diaphragme ainsi que du pharynx, toutes familières.

La faim, comme la nausée, est une perception complexe. Elle se caractérise par une douleur sourde qui s'étend à travers la mâchoire inférieure, par une pression dans le pharynx et par les sensations qui accompagnent la salivation. Mais sa sensation spécifique est une pression sourde dans l'estomac ; d'abord tiraillement désagréable, elle augmente dïntensité jusqu'à devenir une véritable douleur continue. On hésite aussi peu à rapporter la faim à l'estomac que la soif au voile du palais et l'on peut déterminer sa localisation en palpant la peau. Peut-être peut-on attribuer celte sensation à une tension de l'estomac, causée par les granulations digestives qui se développent dans les cellules et qui provoquent un engorgement de la muqueuse. — La sensation de réplétion et l'oppression qui suit un repas trop copieux, sont également rapportées à l'estomac et peuvent aussi être localisées avec précision par la palpation.

l88 AUTRES SENSATIONS ORGANIQUES

La région des intestins, de l'estomac au rectum, est généralement insensible, exception faite, parfois, pour les douleurs de coliques. Les gens qui digèrent mal cependant disent qu'ils ressentent généralement, après avoir mangé, des sensations de pression tantôt stationnaire tantôt mouvante dans cette région. Les sensations sont rapportées au devant du corps et peuvent être localisées par la palpation.

Les sensations qui apparaissent avant, pendant et après la défécation, sont celles de pression et de douleur sourde. Dans l'urination il s'ajoute une sensation de chaleur. Dans les deux cas, la pression est assez pénible, légèrement teintée d'une souffrance continue (ache) ; elle n'est pas sans ressemblance avec la sensation musculaire pénible (§ 45). Le relâchement qui suit l'évacuation est en partie de nature négative ; nous sommes débarrassés d'une masse de sensations insistantes, et notre attention peut se porter ailleurs. Toutefois, nous éprouvons souvent une sensation positive de légèreté, voisine des vives pressions diffuses que nous ressentons dans l'état de santé et d'excitation (excitemenl), (§ 46), et peut-être doit-elle être rapportée aux mêmes organes.

On est tenté tout d'abord de considérer les sensations spécifiques de soif, de nausée, de faim, etc.. comme autant de qualités nouvelles, mais soigneusement analysées, toutes les expériences ci-dessus décrites semblent se réduire à deux processus familiers : d'une part, les frémissements légers, qui se transforment en pression sourde et dure, et les sensations de gêne pénible, qui se transforment en douleur sourde. Il serait assurément prématuré d'affirmer l'identité de la sensation de pression dans la faim et la nausée par exemple ; mais en tout cas, l'analyse révèle une analogie vraiment étonnante quand on la compare avec la grosse différence qu'établit la conscience entre la faim et la nausée. Nous aurons à nous occuper plus loin (§ 104), de cette différence de perceptions, ainsi que du problème de la localisation interne (§ 88).

§ 58. Les sensations des systèmes circulatoire et respira-

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