‹ Manuel de psychologieChapitre 59 sur 142 · LES SENSATIONS DU SYSTEME GENITAL I Q I · texte numérisé non relu

LES SENSATIONS DU SYSTEME GENITAL I Q I

flexes est placée sous le contrôle du cerveau. L'excitation sexuelle implique, outre les sensations venues des organes sexuels eux-mêmes, l'éveil d'un vaste ensemble de sensations organiques, et tout un jeu de perceptions et d'idées visuelles, tactiles, et kinesthésiques. Les sensations spéciales au système génital semblent présenter trois phases : d'abord une irritation, une excitation qui accompagne la tumescence de certains tissus érectiles ; ensuite la jouissance sexuelle qui culmine dans l'orgasme dont s'accompagne l'éjaculation ou consommation de l'acte sexuel ; et enfin le soulagement, l'analepsie sexuelle qui suit le coït. L'excitation sexuelle, en tant qu'elle est la matière d'une sensation spécifique, est considérée d'ordinaire comme un besoin d'évacuation. Ainsi Bain écrit que « l'appétit qui pousse les sexes à se joindre est dû à des sécrétions particulières qui s'accumulent périodiquement dans le système et produisent un sentiment d'oppression jusqu'à ce qu'elles soient ou déchargées ou absorbées (1). Cependant de nombreux faits s'opposent à cette façon de voir. L'appétit sexuel et sa satisfaction peuvent persister après l'ablation des testicules chez le mâle, des ovaires, des trompes de Fallope et de l'utérus chez la femelle ; chez les enfants, il existe fréquemment une excitation sexuelle bien définie, bien avant qu'il y ait aucune sécrétion sexuelle. Chez les adultes, les sensations peuvent continuer à se manifester bien après que les glandes sexuelles ont cessé leur fonction. Enfin il peut exister une vie sexuelle intense chez des individus privés par la nature de toute glande sexuelle. Bien plus, l'irritabilité sexuelle est localisée chez le mâle, à la surface du gland, chez la femelle sur le clitoris et les parties érectiles adjacentes. Ces organes sont susceptibles de produire des sensations sexuelles même en état de îlaccidité, bien que leur degré de sensibilité soit très variable, selon les individus, et chez le même individu selon les moments. A la fois par sa qualité et par son caractère d'irradiation, la sensation d'irritation sexuelle ressemble au chatouillement. Nous ne savons pas comment elle se produit. Il n'y a pas de points de plaisir apparentés aux points sensibles de la peau, et les organes que l'on décrit quelquefois sous le nom de corpuscules génitaux n'ont certainement aucune fonction sexuelle.

(1) Bain, The sensés and the Intellect, 1868, 244.

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