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G. et A. de Mortillet, Le Préhistorique, 1900, p. 1 i

AUTHENTICITE DES OBJETS l'RKIIIi^TORIQUES

botiate assez tendre^ qui apparaît sur les objets ayant séjourné dans l*eau.

IV. Dendhites. — Sur les objets en silex, il ne l'audra pas négVi^er la recherche des dem! rites ^ petits cristaux bruns de man^^anèse, k Taspect de mousses, ni celle des facettes miroitantes; ces cristallisations spécialea ne peuvent exister qu'après un \ou^ séjour dans la terre.

V. Ml'cédinées. Traces de rolilus. — P»^. ^-y^ Les petits lichens, les traces de rouille t^;ij;";î;;,^r.^^^^^^ causées par les coups de charrues, tpuvertp dincrusta-

^ tiont* calcaires.

servent à confirmer la valeur et le ^gisement des outils.

VL Émoussement des arêtes. — L'émoussement des arêtes vives des silex taillés, sans avoir une valeur absolue, est néanmoins indispensable à étudier. Cet émoussemcnt peut atlej' jusqu'à arrondissement complet, si les pièces ont été roulées dans un cours d'eau.

VIL Le vernis. — Le vernis ou lustré s'observe sur les pièces qui ont séjourné dans les rivières; le frottement

ide Teau et du sable fait acquérir au silex un brillant parfois i*emarquable. Le sable du désert peut également produire par frottement ce poli caractéristique. Certains vernis moins intenses se rencontrent dans les quartzites du Midi de la France et même sur les silex; ce n'est plus raction d'un frottement qui produit le brillant, mais une altération chimique de la surface.

Dans d'autres conditions, c'est un dépôt de surface comme à Bourbonne-les-Bains, où les pierres sont recouvertes d'un vernis cuivreux très brillaoL

1 16 mani:ki m: bbghergiies J'Reiusïoriqltes

Certains milieux, comme Targile, conservent le silex mat; l'absence de vernis dans ce cas n'enlève pas à la pièce sa valeur .scienLitique.

On examinera donc avec soin un silex qni ne fjorlera pas de vernis; et on devra toujours en vérifier le gisement.

Les fausses pièces, — Les fausses pièces se trahissent par leurs caractères de taîlle et leur pâli ne»

Patïne. — A ?aint-Acheul, les carriers ont simulé la patine blanche, en faisant bouillir assez long-temps le silex dans le pni uis feu; à Taidc de cette supercherie, il se déposait à la surface du silex une couche de carbonate de chaux à toucher |^ras, qu'il ne faut pas confondre avec Taltération plus ou moins profonde en stlex connue sous le nom de cacholonj|if. Dans ces fausses pièces, la patine happe a la langue.

La patine a encore été obtenue sur les silex par le frottement prolong-é contre certains corps ; et M. A. de Mortillet connaît des exemples de silex ayant pris de la patine après un séjour prolongé dans les poches de vêtements d'ouvriers fraudeurs.

Une patine douteuse devra être mouillée; si elle change de couleur, elle sera suspecte.

Les fraudes du polissage. — Les pierres polies ont été fréquemment imitées ou réparées. Il est très diflicile de reconnaître la fraude, quand la pièce polie a été travaillée à la meule dormante^ c'est-à-dire au polissoir. Là, en elfet, le poli est uniforme, d'une seule venue, presque identique aux pièces vraies.

Au contraire, si la pièce porte plusieurs facettes de

ArXIlENTICITE DES OBJETS PREHISTORIQUES

'polissage, formant des aréles h la reiicanlredes difréreiiLa plans^ on se trouve en présence d*une pièce imitée, travaillée à b meule iotirnanle. Et la supercherie est faci-

^lement visible.

H Des formes grossières et exceptionnelles, — Les ouvriers, qui entreprennent la fa Ijri cation des outils, produisent ^généralement des objets g^rossiers; cela tient

Hâ leur inexpérience. Il faut encore se métier des forme» exceptionnelles ou étranges. Quand l'objet est en main, on doit se rendre compte de son utilité; il faut Tessayer,

PUne flèche, par exemple, doit présenter à sa base une disposition permett^mt de s*emmancher facilement; si la llèche porte un pédoncule trop long, les chances sont Kgrandes pour qu'elle soit fausse.

H Ateliehs de faux. — Tous les gisements célèbres ont " excité le lui-re des ouvriers ; et nombreux sont les outils truqués, vendus dans les grandes stations.

Dans l'arrondissement de Digoin, au Grand-Pressigny, à Amiens, à .Vbbe ville, à Beauvaîs, à Chelles, etc., ^etc, le préhistorien devra s'entourer de grandes précautions dans ses achats.

A Saintes, on signale aussi un atelier de fausses pointes de tlèches ; on les reconnaît assez facilement en les plongeant dans Teau ; on les voit alors changer de couleur. De plus, elles happent à la langue, car elles sont en calcaire.

L^ Homme préhifitonque (n** 12, 1903) signale un atelier de faux silex dans une station du CharoUais. Le faussaire s*est attaché à ia reproduction de protila humains ; ornements de coiffures les plus variées : même des divinités casquées 1 Dans ces pièces, la patine, au niveau des retouches, est habilement obtenue par un mélange de boue très claire et de colle. Ces iigunnea

MAMKL DE HECIIERGHES mEHlSTORigLES

sont reloQchées sur de véritables lames avec conchoïde de percussion» Celle fabrique produit également des outils les plus variés ; des scies avec énormes dénis, des javelots, et d^autres encore, qu'on ne peut comparer à rien de connu.

On traitera ces pièces à l'eau chaude, à la brosse et au savon, pour faire disparaître le lustré superficiel ; et aussitôt les arêtes fraîchement taillées se découvriront. Elles sont plus après au toucher dans les imitations.

Cependant, certains outils authentiques dontFusage a été très court, peut-être même nul, et placés dans des conditions de conservation excellente, présentent cette fraîcheur des arêtes et des retouches. Toutefois, dans ces belles pièces, Tâpreté est moins vive.

Le département de TEure possède aussi une fabrique de grosses flèches; elles sont en pierre et d*une facture originale.

Une autre production de faux silex existe en Ang^leterre; et, depuis de longues années. M» E, Rivière en possède un certain nombre, qui lui ont été offerts en 187'2 par une dame anglaise et qui provenaient du comté d'Essex. Ces silex sont surtout destinés aux collections d'Amérique; on leur donne le nom de forgeries. li en est qui sont admirablement faits et peuvent tromper très facilement à première vue.

Sur les bords du lac de Bienne (Suisse), il existe éjj^alemcnt de ces productions préhistoriques; mais là survient une difficulté assez grande, pour reconnaître la fraude : la matière employée est authentique! Elle possède tous ses caractères d'ancienneté; ce sont des bois de cerf trouvés dans le lac. tJn nouveau travail fournit des gaines de haches, des poinçons, des flèches, etc.

AlTHliNTlCJTK DKS (ÏB.IKTS rHKlIESTORlgl'ES

M. Km lie Rivière signalâîl dernièrement, comme provenant les uns des <;rnt tes de Baoussé- Rousse, dites ^roltes de Menton, les antres de la Dordoj^-ne^ de faux outils en os et en bois de renne: les uns avec patine pins ou moins blanche; d'autres avec nne patine ocreuse. Celte patine, avaiton dit à M. Ivmile Rivière, était une imprè*;nation de teinture d iode '. Aïais, en réalité, la supercherie était obtenue par un séjour intentionnel, plus ou moins prolongé, dans du jus de fumier on purin ^ dans lequel les faussaires les font, pour ainsi dire, macérer.

Sur ces pièces, les coups de lime se trahissent par de fines stries parallèles. Ces faux outils sont fabriques avec des ossements trouvés dans le gisement»

Toutes ces supercheries» avec un peu d'habitude, peuvent cire découvertes^ quand il s'agit d'une patine a caractériser.

Fig. 2fi.

Kxemple de pièces fausses.

Pendeloques eti os. 4/3 gr. nai.

VlTHlNES DE FAI X DAXS J.ES Ml^iEES» — QuclqUCS mUséCS

ont réservé aux fausses pièces une place spéciale.

A Sainl^Germain, il existe une vitrine de faux, que

le public ne peut voir. C'est à Boucher de Perthes

1. Les expériences faites pnr M. E. Rivière lui ont démontré Iqu'il n'en était nen (Bulletin de la Société préhUiorique de l/V.ince, t. I''', année \mi).

qu'on en doit Tinitiative, car, dès ses premières recherches, les ouvriers tentèrent de l'induire en erreur. Au musée de Rouen, il existe aussi une vitrine analogue.

C'est un exemple à donner aux musées régionaux : ils fourniraient ainsi de précieux renseignements aux Préhistoriens, qui viennent explorer les gisements connus.

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