UERGES. DRAGAGES. SOURCES ET FONTAINES
FALAISES. KJOEKKENMGEDDINGS
I, — Cours d'eau. — Berges.
Les rivières, en entamant perpétuellement les dépôts fluviatiles, les dénudent sur leurs bords et présentent, à Tépoque des basses eaux, des coupes idéales des couchés qui constituent le fond des vallées.
L'étude de ces gisements peut fournir de précieux renseignements et procurer des documents très importants pour le préhistorien.
Les grands cours d'eau ont servi de ligne de défense; et, si leurs bords ont été témoins des luttes des invasions, il ne faut pas oublier qu'ils ont été aussi les voies de pénétration pacifique, et que l'industrie y a laissé des traces plus nombreuses encore que de trophées guerriers.
L'étude d'un cours d'eau doit porter sur trois points :
P Le lit même de la rivière; 2^ les plages '^ 3® les berges,
1^ Les gisements du lit de la rivière comportent les objets apportés souvent de loin par les crues des affluents, ou engloutis sur place soit par un naufrage, soit pendant les traversées des gués, ou bien encore arrachés aux berges.
BEBOES ET COl'BS D EAl"
2** Les psemeiils des plap^-es conlienneiiL les profluits [de réboii!enieiit des berg"es rong-ée^* continuellement par ' Jes eaax, et de.s objets roules par le courant.
Les objets arrachés aux herf,œs et restés en somme ^sur place présentent leurs arêtes vivesi et nettes.
Les objets roulés par les eaux sont émoussés; les arêtes ont disparu et souvent les détnils de la Uiille sont confus.
I Tous les InsLrunienLs en silex cpii se trouvent flans les *:!^isements lluvinux présentent nue patine spéciale et sont polis sur leurs faces par le frottement continuel [ des sables du fond. Cet aspect particulier s'appelle vernis ] ei c'est un précieux caractère d'authenticité. Un autre caractère du silex du tVin<l consiste dcins la couche \ ûe crassin qui recouvre certaines parties du silex.
3*^ Les ^•"isenients des ber^^es sont composés cro!>jels restés en place ^ïcpuis leur abantion primilif et recou* \arii> ensuite par les dépôts des inondations,
Lorsqne les berges sont bien intactes de remaniements et coupées à pic jusqu'au niveau de Teau, il est très facile «l'étudier et d*expIorer les gisements qui se présentent superposés les uns aux autres.
Mais il arrive souvent que cet aspect des berges n'existe pas et qu'au lieu d'une coupe bien nette on ne -trouve (|ûe des berg-es éboulées ou des blocs terreux enchevêtrés ; dans ces cas, il faut s'attendre à trouver un mélange d'industries d'â^-^es dilîérents ; et Fexploration doit se faire comme celle des plages.
Il peut même arriver que des couches d'âge récent [recouvrent, sans aucun remaniement, des couches plus [anciennes ; cela tient à des glissements lents des l couches supérieures, qui sont venues s'étendre au jïied [des berges et que les eaux ont lavées en emportant le
limon et les sables, en laissant sur place les objets plus lourds, qui ont de la sorte pénétré dans la base des couches anciennes.
D'autres fois, on trouvera des haches ou des couteaux en silex au milieu d'une couche gallo-romaine ; il ne faut pas s'en étonner outre mesure, car les objets en silex ont pu être apportés en ces lieux comme pièces votives ou de superstition.
Il est bon que le chercheur soit prévenu de ces anomalies dans la succession des couches archéologiques, de façon à ne pas s'attarder à pénétrer la raison des faits qu'il observe et qui pourraient l'étonner.
Exploration du lit des rivières, — Il n'y a pas de technique bien spéciale pour cette exploration, qui ne peut se faire que par des dragues. C'est surtout aux gués anciens ou actuels, au niveau des points de passage des bacs actuels, lesquels ont souvent remplacé un ancien gué, qu'il est bon de surveiller les dragages.
Le déplacement des gués est un fait trop connu pour y insister ici ; il suffisait de le signaler pour diriger l'attention du préhistorien sur ce point et le mettre à môme de s'entourer de tous les renseignements qu'il pourra se procurer.
Dragages, — Le dragage est une opération qui consiste à retirer de Teaii des sables ou des cailloux, destinés à la construction ou encore à l'empierrement des routes, au ballastage des voies ferrées, etc.
Si le dragage se fait à la drague à main, sorte de grande cuillère à long manche, l'exploration (le son contenu par les archéologues ou par les ouvriers chargés de la recherche des objets préhistoriques est facilitée par la petite quantité de matière extraite : ce
BERGES ET COl'HS D EAU
mode d'extraction n'est d'ailleurs employé que pour de petites surfaces, ou par de petites exploitations.
Le dragage à la machine se l'ait soit dans le Ht même dû fleuve ou des rivières, soit dans des sablières creuîïées contre le cours d'eau avec lequel elles sont le plus souvent reliées par un cauaî donnant accès aux bateaux qui viennent cherchei* leur char^'-ement sous la dra^^ue. La surveillance des dragues pour recueillir !es objets préhistoriques qui nous occupent demande surtout l'attention de deux de nos or^^anes, hi vue et touïe. Les dragues comportent un système de tamisage^ qui sert à diviser les produits extraits parla drague: d'un côté sort le sable, do Tautre le caillou. C'est naturellement du coté du caillou que doivent se porter les rechciT'hcs et que Ton doit se tenir pour recueillir les bjets manufacturés par nos ancêtres.
C'est Taspect particulier du caillou sortant de la ue qui doit (ixer Tattentioii ; c'est la connaissance de sa lorme qui permet à première vue de trier dans la masse projetée les pièces qui sont ou semblent bonnes a examiner, car on examine souvent une grande quantité de pièces avant d'eu trouver une bonne.
La vue est aidée dans cette recherche par Touïe ; on sait que les silex, qui ont été taillés ou travaillés, n'ont pas la même sonorité que les cailloux simplement ^roulés ; le son en est [dus clair.
H 11 faut un apprentissage pour arriver à suivre le tra- ' vail de la drague ; et celui qui pour la première fois eu fera Tessai se baissera bien souvent et ramassera bien ' 1 des cailloux, avant d'être récompensé de son attention, jtAIais, les qualités primordiales du chercheur-collection- Voeur étant la patience et la persévérance, il ne peut manquer d'avoir (si toutefois le terrain exploité en con- Mutiuti de recherches préhistoriques. 12
tient) le plaisir de recueillir une pièce toujours intéressante, qu'il aura vu extraire devant lui.
Lorsqu'on ne peut par soi-même suivre ces travaux, on peut y intéresser les ouvriers préposés aux dragues, en leur achetant les pièces qu'ils trouvent. On doit dans ce cas faire leur éducation, en leur faisant voir le plus grand nombre de types de haches, marteaux, racloirs, lames, etc., etc., et les récompenser dans les premiers temps, même s'ils apportaient des pièces qui n'auraient que l'aspect extérieur, sans être des pièces taillées de la main de l'homme ; on en profiterait seulement pour leur montrer la différence qui existe entre les deux, en les comparant avec de bonnes pièces.
II arrive très souvent aussi que de bonnes pièces sont enrobées complètement ou en partie dans une couche calcaire, qui en modifie l'aspect et en change la sonorité ; c'est alors l'instinct spécial du chercheur qui supplée à ses sens et lui fait deviner la bonne pièce à travers sa gangue.
La recherche des silex taillés peut aussi être faite au moment du chargement des bennes, lorsqu'on extrait le caillou du bateau ; également aussi au moment du versement des bennes, lorsqu'elles culbutent leur contenu sur le tas de cailloux.
Enfin on peut faire aussi l'éducation du charretier qui remplit à la pelle son tombereau au dépôt de la berge, avant de le transporter sur le chantier où il sera employé.
Les endroits qui donnent ordinairement les meilleurs résultats sont les confluents des rivières, la pointe des îles en amont ou en aval, comme aussi les parties concaves ou convexes dans les tournants des rivières.
Les confluents en effet sont des endroits comportant