‹ Manuel de recherches préhistoriquesChapitre 66 sur 85 · ^^ — - ■HH^B · texte numérisé non relu

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î. On a ainsi la densité de ïa pierre: ca qui permet de caiculer I le poids ûu menhir, après avoir déterrainu son volume, en lenanL • compte de la parité enfouie*

minera ensuite la constitution géologique du terrain, sur lequel le mégalithe a été érigé ; et on verra s'il y a ou non concordance pétrbgraphique.

Cette concordance n'est pas la règle; il faut alors faire des recherches pour savoir de quel point ou de quelle carrière, dont on notera l'altitude, le menhir a été apporté. Il existe en elfet des menhirs qui ont été apportés de plusieurs kilomètres, parfois 50, et qui se trouvent plantés à une altitude supérieure à celle de leur carrière d'origine.

Tous les menhirs ne sont pas restés intacts ; il y en a de renversés (menhirs tombés), de brisés en un ou plu-» sieurs morceaux. Il y en a qui sont cachés dans les bois, sous les dunes, c'est-à-dire dans des sables mouvants, etc. Il y en a même qui peuvent être au fond de la mer y cest au préhistorien à les découvrir, grâce à certains indices. On ])ortera son attention sur les particularités du voisinage, telles que sources et fontaines \ rivières, et surtout allées couvertes et sépultures dolméniques.

Toutes les mensurations recommandées seront faites dans les divers cas. Certains menhirs ont été envahis en partie par des mousses et des lichens : il faudra noter la distribut iou de ces végétaux sur les faces du menhir (M. Baudouin) et s'assurer s'il existe des gravures ou des sculptures, ou tout autre ornement, dont on prendrait (le suite un estampage ou un moulage, d'après les procédés décrits plus haut.

On a signalé plusieurs menhirs percés. Si on a affaire à l'un (le ces mégalithes, il* faudra examiner soigneusement rorifice, mesurer les dimensions du trou, etdéter-

1. Nombre de menhirs ont été érigés auprès de sources ou de fonlaines: et il s'est établi ensuite entre l'eau et le monument des rapports qu'il faut toujours noter.

MONUMENTS A GHH^IÎSES PÏERHES

miner si la perforation est nafureile ou si elle est arli^ fie ie lie. Une observai ti on importante h hure est la vérilication de 1 orientation tïe Taxe de Ja perforation; il faut rechercher aussi s'il n'existe pas d'autres még^alithes sur le prolong^ement de cet axe, dans les deux i^ens.

FifT- 163.

Exemple rîc restatiration et de relùvp infini rruii petit menhir lonibc et

bj'isé en deux morceaux (Marcel iJRmloiiiii #it G, Larouloumùrei

Bans certaines contrées, les ineidiirs ont subi des Irans formulions, à fépoque de Tapparition du christianisme, et même plus tard. Dans certains pays de Touest et de l'est de la Fnince, ils ont été déiruùa comme étant des monuments païens. Dans d'autres

contrées, on a transformé fort habilement le culte dont ils étaient Tobjet, en substituant la religion chrétienne au paganisme. Dans ces pays, on trouve des menhirs sur lesquels on a sculpté des croix ou qui ont été surmontés soit d'une croix, soit d'une statue de la Vierge, etc.

On a aussi signalé des menhirs phalliques; on les décrira avec un soin particulier.

I^a présence d'un menhir a fait donner au terrain un nom générique, qui se traduit selon les pays par les mots de : pierre levée; pierre fille; grosse pierre ; gros caillou; grande borne; haute borne; pierre droite ; pierre plantée; pierre^ etc. Ces diverses appellations ont parfois subsisté, alors que le monumenta disparu. On devra donc s'informer du nom que les habitants du pays donnent aux menhirs, et surtout recueillir les légendes, les coutumes et les pratiques, auxquelles ils ont donné lieu (Folklore).

11 faut aussi s'enquérir s'il n'existe pas d'autres menhirs dans le voisinage et se tenir en garde contre les erreurs que pourraient commettre, de bonne foi, les personnes qui donnent les renseignements, et qui confondent souvent les menhirs, ou certaines roches naturelles d^iffleurement, avec d'anciennes bornes miliaires, ou des bornages seigneuraux, ou encore avec des blocs erratiques. \\ ne faut toutefois pas perdre de vue que certains menhirs servent de limites à des communes ou à des ])rincipautés. Il faut mentionner le nom du propriétaire du terrain sur lequel s'élève un menhir, s'informer à la mairie du pays ou à la Préfecture si le monument est classé, et, dans la négative, faire le nécessaire pour en obtenir le classement et en assurer la conservation, si la chose en vaut la peine.

MOXUMEXTS A flROriSES PIERRES

Les rouilles, laites au pied de^^ merdiirs, nonl jamuîs diinné do résultais probants. Certes des charbons ont parfois été trouvés vers la base de ces mé||fciliihes, de même que quelques fragments de poteries et quelques éclats de silex; mais rien de eamctéristique n*a jamaiis été découvert. La présence <Ies charbons sous les menhirs u'esl peut-être que Lorii^ine de la coutume actuelle qui consiste à mettre des morceaux de charbon de bois sous les bornes plantées pour Farpentage d'une terre **

Jusqu'à présent, on n'a jamais reiieonlré de sépulture dircclenient au pied des menhirs '^,

Pour le levé tlu terrain et la photOjy:raphie des menhirs, le lecteur est prié de se reporter aux chapitres qui traitent de ces questions. Répétons seulement ici qu'il faut surtout photop*aphier la face Est et Ta ré te Sud, quand on ne peut prendre les quatre vues cardinales ^.

Si Ton veut faire des fouilles au pied de ces még^aliihes» il faut commencer par étayer solidement le menhir (pour éviter les chutes) du coté où Ton clierche ; puis ouvrir une tranchée Est-Ouest du coté de la face Est, par exemple ; tranchée qui commencera à l ou

1. Il ne faut pas oublier de recliercher aux aleiih^urs des menhirs sll n'y esJsLc pas de a talions de xurfaee ou des atelierit cerl4)ins menhirs se trouvant au milieu de .sialions de surface Tort riclies.

2. Cepenfiant des fciuilles nombreuses oui été faîtes au pied de ces moniimeuts. Beaucoup de ces fouilles avuieuL pour but lii recherelie de trésors» que les léfîuncïes loenles [irétendiiient exister BOUB les ineulni's ; mais toutes ont été uégativea à ce point de vue.

3. Comme type de descripllon srientifique complète de menhirs, on peut consuitcr : Les menhtrs du Plessis nu Bernard {Vendèt:) [L'J tomme préhistorique, làOî^ n° 2:.

2 mètres du menhir, et qui sera creusée jusqu'à ce ■ qu'on trouve la partie inférieure du monument. La | larj^eur de cette tranchée sera environ de la moitié | de la largeur de la face, sur laquelle elle aboutit. Cette mesure a pour but d'empêcher le menhir d'être dénudé de toute la terre qui le soutient du côté où l'on opère : ce qui pourrait provoquer sa chute dans la tranchée même.

Quand on aura avancé et exploré cette première tranchée, on la remplira; puis on opérera de même sur sur les autres faces cardinales du monument.

Il importe de ne pas s'en laisser imposer, comme on l'a fait trop longtemps, par des blocs naturels, qui ne sont que des faux menhirs, La meilleure façon d'éviter toute erreur, c'est d'étudier méthodiquement la pierre, de voir ses rapports avec le sous-sol, etc. Il y a actuellement un grand nombre de faux menhirs, indiqués comme menhirs vrais, dans les inventaires publiés; et il y a un intérêt réel à les en faire disparaître, car ils viennent fausser les statistiques et les études sur l'origine et la sicfiiification des menhirs.

Il y a parfois un intérêt scientifique réel à redresser les menhirs tombés, quand ces mégalithes constituent, par exemple, des repères^ chronologiques ou autres, comme dans les dunes, sur les falaises, sur les plages, dans les îlots, voir même sur le bord de la mer, etc. Cette opération, qui est facile, lorsqu'on dispose d'instruments ad hoc (crics, palans) et quand on a une certaine pratique de ces sortes de restauration (il y a quelques petits trucs connus des spécialistes, qui sont indispensables à utiliser pour éviter des accidents), ne doit être pratiquée qu'à bon escient et qu'après une étude très minutieuse du monument. En tout cas, elle doit toujours être

MONUMENTS A GROSSES PIEHRES

cleerjie avec déLails dans un mémoire spécial ^, pour

éviter toute erreur de la part des savants à venir.

Aulnnlque posïsibîe, tout menhir reslauré doit porter

, une plaque iiidieatrice, i^urtout su est ensuite classé

I comme monument historique,

IL — Alignements.

Les alignements sont des réunions de pierres, en Iforme de menhirs, plantées par séries sur une ou plul»ieurs lignes. I^'aliji^'nenient n'existe j^^uère que s'il y a [plus de trois à cinq menhirs groupés^ et assez rappro- [chés les uns des autres. Il faut employer pour chacune ides unités constituantes la méthode (rexploratifui don- [née ci-dessus pour le menhir isolé. En outre, il É'aadra [prendre V orientation j^^éu craie exacte de chaque ligne

de hlocs, s'enquérir de la nature ^'■éoIo|,'^ique de chaque Imonument, Texaminer au point de vue des sculptures, Igravures, etc., etc.

On mesurera toutes les faces de chaque unité; sur- [tout la distance de chacune d'elles à ses deux voisines

dans une même rangée, et la distance des rangées entre [elles. On notera les emplacements où les hlocs oui dis- Iparu ou sont renversés; et on comptera avec soin le [nombre des pierres et le nombre des rangées.

La question des carrières d'extraction est de la plus [haute importance et se trouve liée a Tétude géologique [du sol sur lequel est élevé rnligncmcnt.

Les photographies des alignements seront d'une Igrande utilité, car elles constitueront un document cer*

L Comme type de description cl*unc resfaaraiion scientifique Ide menhir, on peut consulter : M. Bautlnuin, et G, Lacnuloumére, iLe metihir de la Comhe Verte dans les dunes de la forêt idOlonae [Vendée)^ La Roche-sur- Yon, 1902^ in-S", fij^ures.

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