I. — Ukciikuches des mégalithes
l*^ Découverte. — La seule manière scientifique de découvrir actuellement des mégalithes, restés inconnus jusqu'ici, est Vextimen de V Etat de Sections du Cadastre pour chaque commune de la France. Va\ lisant avec soin, en ellel, sur ce registre communal, les dénominations des ])ièces de terre, on trouvera presque toujours un certain nombre de lieux-dits, dont les noms sont en rapport souvent avec l'existence, présente ou passée, de mégalithes en ces j)oints précis '.
1. La même méthode ne peut, bien entendu, être employée à rétranj^^M- que quand il existe des relevés cadastraux analogues.
monument;^ a grosses pierres
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Ces dénominations sont très nombreuses? et ont été établies par V observation des méj^falithes décrits depuis le (lébul des recherches préhistoriques ; mais nous ne citerons ici tjue quelques-unes d'entre elles, pour montrer dans quel sens H faut faire les relevés de cette nature au cadastre, relevés qui mèneront tantôt a des sépultures mégalithiques^ tantôt à des menhirs tombés ou même debout, tantôt à rien du tout, malheureusement.
La Flerre,
F terre levée*
Fierre folle.
Pierre l>ûi8ai*d.
Pierre du Diable.
Pierre posée.
Pierre levadc.
Pierre couverte.
Pierre plate.
Pierres cIobob.
Pierre blaiicJic. brune, noire, ctc*
Fetf re ( d 'o û Peyre - brune^ Pey re - née/ rc , c le * i l Pcy va = pierre %
Pierre des Druides, cle.
Les Terriers [Terra^ latin).
Les Caves (A'ar, cavité; celtique).
Sâmioh {Kni\ cavité; tol^ ttible).
Les Moines (Maen, pierre ; celtique).
Le /*e. le Futf (mèjralithes encore sous tuiuulus).
P^oullei. {Fol^ celtique).
Les Garnes [cairn^ omBs de en i Houx).
La /wirnene (deGarnc),
Le Mnrgnillon (origine celtique).
La Prèpoise [Fetni posilsu,
Le« 7'» fil h en ux de<s */ éa n h , de Gnryitnltut^ efv.
Tnhle de tu Vierffe ou Dfdmer eh (celtique), de César ^ etc.
ht: Faletdu DiRhle^de G tir g a nlua, etc.
Les Chaudrons.
Autel dn Loup, des Druides.
Grotte des Fées^ etc.
Il ne faut pluî? compter sur V ex pi or ai ion directe du terrain pour découvrir aujourd'hui des mé|^ndithes non signalés encore. Ku eflet, on aurait bien des chances de parcourir en vain toute la commune, même en prenant
L En Bieta^^ne, un relevé du cadastre ne peut être fait que par des personnes corn prenant te breton. De ni unie, pour toutes les provinces où il y a des lanfcues et des patois spéciaux, il faut les bien connaître, avant de se lancer dons cette recherche ►
MANI:eL de RIECIIEBCIIES l*tlEllISTf»RIQtîES
pour guide le f,'arde champêtre (qui esl éviilemmeiU If meilleur!), car presque tous le» |,'r«ind.s mé^-^alithes soa| aujourd'hui découverts, même dans les plus viisle nécropoles de cette époque» 1*^1 ^ si Ton ne %'eut pa «'astreindre à consulter à fond le cadastre, il faut alors «'adresser à un expert eu terrains, à un hcaiisle comme l'on dît fil y en a dans toutes les communes), et lui demander de vous indiquer tous les endn>its où il y l^Hj des grosse:^ pierrea, ^^
2" Vérification, — Une fois une grosse jiierre dépistée, soit par inlcrrnpUoire, soi! par la connaissance d'un ïieu-dtt caractéristique^ il faut se rendre sur le^J lieux avec le garde champêtre, cL Tcxaminer par so^H même, si on la retrouve encore à sa place, bien entendu.
a) Toute grosse pierre, quelle qu'elle soit, peut en etîet correspondre auiirestede méj:;^tdithe (Marcel Baudouin en (1 eu bien des rois la preuve), soit démoli^ soit même encore caché sous le sol. Et on a d'autant plus di chances défaire des trouvailles inléressantes à son voisin af;:e que le monument méi^Mlithique n'est point apparent. M y a longtemps en ell'et que Marcel Baudouin a remarqué que les dolmens les mieux conservés sont les plus pauvres en mobilier l'unéraii*e : cela « tout simplement parce que leur bon état les a signal^^H depuis fort loni^lemps à ratiention des l'ouilleurs sanl^^ uiandat et de ceux qui font profession de dévaliser les monuments antiques.
Quand la pierre est d'une nature pélrop^ajibique di férenle de celle de la roclie du sous-sol, souvent (mais pas toujours, à cause de rexislence des blocs erraliquefî)^ il s'agit d'un vestige de mégalithe.
Parfois la pierre ou les grosses pierres signalées soj
entourées de ronces plus ou moins louiTues, formant ce qu'on appelle des chirons; dans ces cas, le mégalithe est presque certain. Le cultivateur, laissant d'ordinaire inculte cette partie de son champ, on a bien des chances de retrouver une sépulture intacte sous ces amas d'épines et de blocs épars, à première vue peu intéressants. Parfois, cependant, dans le cas de pierre unique^ on tombe sur un menhir renversé.
b) Quelquefois une dénomination de lieu-dit conduit dans un champ où Ton constate qu'il ne reste plus rien. Dans ces conditions, on interrogera avec beaucoup de soin les fermiers du voisinage, surtout les vieillards ou les plus anciens de la commune, parmi les cultivateurs.
II est rare qu'un examen bien dirigé dans cette voie ne permette pas de reconstituer en partie l'histoire du mégalithe détruit. Pour recueillir les légendes^ il faut de préférence s'adresser aux femmes, qui les retiennent en général beaucoup mieux que les hommes, parce que les faits prodigieux les émotionnent et les frappent davantage.