II. ForiLLKS ET DESCRIPTION DES TRAVAUX
A. Matériel et personnel. — Pour pouvoir faire delà bonne besogne, au point de vue scientifique et social, il ne faut s'attaquer à un mégalithe qu'avec la ferme intention non seulement de le fouil'er méthodiquement, mais aussi de le restaurer dans la mesure de ses moyens, qui doivent être au moins suffisants, sinon considérables. Quand on n'est pas bien outillé, il vaut mieux s'abstenir, car on ne fait là que du mauvais travail, à tous les points de vue, avec un personnel insuffisant et un matériel trop rudiment^ire.
MOMLMENTS A GROSSES FIEHHES
Certes, tout le monde ne peut pas disposer d'une grae à vapeur^ pour soulever et remettre en vraie place des blocs qui pèsent souvent *20.000 à 30J)00 kilo^r,, et parfois plus ! Mats chacun de nous peut louer, pour sa période de fouilles^ trois ou quatre puissants crics à des entrepreneurs ou à de.s charpentiers
Doliucii dt* Krukeniiio, û Ploulmmel (Morbihan),
de la grande ville voisine, et les emporter sur le chanlier dans le Irain el dans la voiture. Puis ii choisira des ouvriers^ qui aient de bons ou (Us; ils sont désormais indispensables, La marKi*uvrc des crics, bien connue de tous les ouvriers, est des plus aisée. Il en faut au moins trois : un très fort, un moyen, et un petit, très maniable. Quant aux autres appareils, on trouve à les emprunter partout.
11 faut^ pour un mé|i,^aiithe, disposer d*au moins quatre hommes^ très vigoureux, habitués à remuer
^im
ÏLiXlTEL DE nCCimnCHES PREHISTORIQUES
des pierres et à travailler la terre. La restauration de ces moiiumeiits est en elFet très pénible. De plus, pour aller vite, il faut bien payer ce personnel ^ d'auLaut plus que son matériel {pioches, pelles^ pinces en fer^ barres en fer^ etc.) s'use très vite dans de telles conditions.
Ce qui est le plus important, en l'espèce, c'est d^avoir 90US L'i main une bonne équipe d'ouvriers, bien entraînés, bien payes, pleins de conliance en la valeur technitfue de leur chef suprême, qui doit être secondé par un chef de chntitier intelligent et vigoureux, capable do mauit*r le cric et de donner Texemple^ c'est-à-dire de mettre la main,., a !a poignée.
Dan?? ces conditions, malgré les diflicultes de Tentreprise en pleine campagne et malgré un travail quoti dien, qui est très pénible, parce qu'avec des moyens restreints il faut remuer constamment des blocs énormes, on arrive à des résultats très sul'UsanLs, en ce qui concerne la science préhistorique : ce qui est le principal dans Tespèce !
B. FouiLLi^s. — Avant de commencer la fouille d'un mégalithe qui n'est pas sous tumulus (nous n'avons ici à nous occuper que de ceux-là), il faut avoir soin de prendre plusieurs précautions.
1° Préliminaires, — 1"^ 11 faut d^abord le photofjraphier. autant que possible, aux quatre points cardinaux, et exécuter ce que Marcel liaodouin a appelé lu ph n i ofj rap hie va rdii la le éq u kl is la n te .Malheureusement, ce n'est pas toujours faisable, et souvent il faut se bor-
1. Les jeunes cantonniers sont surtout à utiliser; on peut les em|iloycr, après des démarches faîtes auprès de leurs chefs directs^ les ajjrentsvoycrsd^arrtindissemeTil, qui leur rci usent rare* njcnt ce supplément de aalftire.
MONUMENTS A GROSSES PIEHKES '267
r h une ou deux épreuves seulement ; mais il est très
rare qu'il soit impossible de photoj^^raphier à un point
cardinal précis. Dans ce cas, ii faut alors noter avec
soin rorientation forcée à laquelle a dû être fait
Tunique néf^atif. 2** H faut ensuite décrire à fond Vélat
dans iequel on trouve le mégalithe^ avant toute Texplo-
ration* Mais cela exiji^e une certaine habitude, si Ton
,e veut rien oublier dans le mémoire scientilique à
éditer ul térieurement.
Gomme on doit arriver sur le chantier avec un
'Cfilffue cadastral du champ ', on commence par
^tuer ' le monument sur ce croquis, en ie repérant de
içon précise par rapport à deux des côtés de la pièce
terre où Ton se trouve ; les deux « coordonnées de
ualton ^ » devront se rencontrer au centre même de
nsemble des pierres *.
Cela fait, on exécute, ù très ^n^andc échelle,
croquis orienfi% indiquant la situation de.s blocs
ibles sur le sol, par rapport les uns aux autres, siir-
ut quand Tallée couverte est elfondrée. Il faut avoir
itiin de numéroler toii^ le?i hlocs dans un ordre donné,
lour ne pas les conlonrlrc pendant le bouleversement
D'ordinaire le cadastre est à l'ëctielle -^-^ , pour les envi-
lus de» bourgs.
|2, Dfliis la descriplion Leclmigoe, on toiiiplelera cette donnée
ir V{t{tîiude\ les coordonnées géogrnphiques du lieu, le
emin à prendre (voies d'accès) pour g^ogner ce point de réalise
t bourj^' le plus vmain.
|3. Il vaudrait rnieut choisir toujours les mêmes, par exemple
illes du Xord et de l'Est; mais, ea pratique, cela ii*esl pas sou^
nt possible.
Il faut autant que possible reporter la situation cad^is traie les ciirteîi (féo logiques du service des Mines, qui corres-
ndent aux caries d'État-niajor au — —
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causé par les fouilles), de mesurer exactement la dû tance horizontale qui les sépare les uns des autres, c
UÀ
(f^rh
de noter la nature pétro(fraphique,de chacun d'eux, e leurs trois dimensions hors terre.
MONL'MENTS A GROSi?ES PIERRES
Si les ronces ou les herbes cachent trap les pierres^ ur que cette clescriplioii soit possible avant tout a^^emenl, on ne la fera que lorsque les ouvriers les ront coupées à la serp^ei à la petle^ mais avant qu'ils ■mmencent à toucher au sol ou i»ux blocs épars. Il ne faut pas chercher à ce moment k déterminer orientation tiu monument, à moins qu'il ne soiL encore presque intact, car on risquerait de commettre une erreur. Quand les blocs sont on peu bouleversés^ et les tables tombées ou brisées, on se tromperait certainement. Pour se faire une opinion détinitive à ce sujet, il faut absolument connaître la disposition générale de la sépulture elle^méme^ quand on trouve du ' moins des ossements en place.
'i** Foniltes proprement dites. — Tous les bîocs de pierre étant bien visibles et V et rtl presse nf du monumeni ayant bien été noté par des descriptions succinctes * et < des croquis, it faut dresser son plan d'attaque. Deux cas peuvent alors se présenter : a) Ou le méjt;alîthe est i debout en totalité ou en partie ; h) ou il est complètement effondré ou à peu près, et plus ou moins caché ' sous la terre.
! a) Méfia lit ke reconnaissahle. — Dans la première hypothèse, le gn'tntî uje du monument est facilement reconnaissable, qu'il s'a;L,^isse d*une allée couverte, d'un cromlcck, ou d\ni dolmen; et Vorîcntafictn générale est par suite trouvée. Il n'y a plus qu'à déterminer où se trouvait Ventrée^ c'est-à-dire la partie opposée au ^ond de la sépulture. Ce n'est pas souvent possible à un fcapide examen des lieux, car presque toujours les blocs
1 . Marcc! Baudouin recommande pour cela Temptoi de fiches 911, carton i une pour chaque blocj, qu'il su 111 1 de numéroter. C*esL "lus commode pour écrire en plein champ et en plein air.
^lAM'EL OE HEGUERCtiES t'HEtllSTOaiQUES
de rentrée sont tombés et enchevêtrés les uns dans] les autres^ et parfois cachés par des tables qui les! recauvrent. Mais le fond^ par contre, constitué cl'ordi-J naire par yn pilier plus volumineux que les autres etl d^aiMeurs souvent elFondi'é vers V(tiférieai\ est plus | f aci le. à recon ti a î I re .
Quand on doute, il ftiut alors se rappeler celle donnée due kVohsertmium seule ; en |,^énéraï, rentréeest du côté du soleil levant; le fond au soleil couchant *.
A) Méfjfiliihe démoli. — tjuand tout est bouleversé sur Je sol, il est très difficile de s'y reconnaître. Quand une partie du monument est enfouie, c'est même presque impossible. Dans ces cas, il faut faire d'abord meltre à nu sans exception tous les blocs épars, de façon à bien savoir où Ton va. Et si, cela terminé, la disposition des piliers tombés n'indique pas, grosso modo^ le ij'-rand axe de Tullée ou du cromlech, il ne faut pas hésiter à supposer le problème résolu, et à ag"ir comme si l'on é4ait sûr que cet axe est Est-Ouest et que rentrée est à TOrient.
En somme, dans les deux cas, il faut, on ïe voit, travailler sur le grand axe, connu ou présumé^ du monumeni^ qui va généralement de l'Est à fOuost, et commencer à attaquer par rentrée, d'ordinaire située à rOrient, parce qu'il n'y a là que des petits blocs faciles à remuer, parce qu'on arrive d'ordinaire sur les os des pieds, et les vases constituant le mobilier funéraire.
Alors on indique aux ouvriers :
1*^ Quels blùc:i il faut déplacer à rerilrée pour déi^ï-ager le grand axe ; 2** L'étendue {largeur, point dû départ et point terminus, etc) de la tranchée à faire, au niveau
1, Les exceptions à cette règle sont pcut-ctre beaucoup moins j nombreuses qu*on Ta cru jusqu'ici. J
MUM MKNTS A GimSSES PIERRES
de cet axe même; mais la tranchée doit loujours se terminer à V Ouest ^ c'e.st-à-dire au ai veau du fond s ^
C»laieii de Ivedescan Caruac (Morbllmai. 1, 3«ni fçr*
Fig. 177.
Dolmen dt- Kermario h Cnrnac. laoo gr.
Fig. Ï7H.
Dolmert dii ItcieluT. Plnniurounu'leii (MorljiJiîinl. 1 aoo gr.
Fig. i7?J. Drilciifui d(* KtTbvid, à Carnac.
Dolmen de Kercado, à Carnar. ï 30o gr, :iou gr.
\Urr^n\
-■rtt-âêc
Fig, 181.
Dolmen de Dd-er Groali, Locmarîaqner- l/îilMj jjj^r.
quand on le peut (Dans un grand nombre de cas, la tête du cadavre se trouve en elfel de ce côlé).
*27*i MAMîEÏ. DE RECIlEIiCUES PltEmSTORlQllES
1^ Déplacemenl dex blocs, — On commeoce par faire déplîiver lea blocs tombés sur le sol au niveau du grand axe et à l'entrée, de façon a pouvoir plus tard fouiller en ce point. Mais, si ces blocs sont des tables^ il ne fant pas sonj^er à les tratjs porter, ou même à les faire dévier un instant, même quand on peut disposer de [jln^ieuTH ^a/re.y de bœufs pour la traction des pierres* ; il faut se bornera soulever une de leurs extrémités.
Fig, 18Ï.
Dû I mon d(* KiTib^fino,
Fig:. \%^.
ÏJnliiipn de Manc-Lud, Lo-cmticîaquei', 1 "ioo gr.
pour pouvoir passer au-dessous d'elles: ce qui s'ob^ tient à î'aide de trois ou quatre crics, et de cales et rouleaux en /pois, dont nous recommandons très vivement remploi -. Les piliers, eux, se déplacent, soit avec des crics, soit avec des bœufs ; mais, dès que les pierres dé[>assenl 3.000 à -t.OOO kilos^ l'usage des bœufs ne dû une pus g-rand chose, maï^'^ré l'emploi des rouleaux et des pierres de calat^^e.
1. Les ciiltivak*urs vnisiiLs dii clmiilier uti propriétaires dy sol peuvent luiicr deux ou Iroi» paires de bieufs ; pour pouvoir Icî* utiliser, il faut emprunler de tunji:ues chaînes de fer â crocUei, pour lixer l*aLlelaj?e au bkic à déplacer.
2. Ou peuL louer é^rnlemeut ces rouleaux et ces coins à un chaï'peiilier. Marcel Baudouin emploie une clemi-douzaîne de rouleaux en xapin de dilTéreutes longueurs et cinq ou six CAleSt en bois de chêne, de faibles diniensious.
MONL'MENTS A GROSSEi^ ï*l ERRES
An 1110 ment du déplacement des piliers ci âw sou lét'ernenf des lahfes, il est bon de faire quelques jjIioLographies, géiiéralemenL du côLc Nord ou du côté Sud, suivant l'heure qu'il est et la paroi du nié|t»:iilithe sur laquelle ou opère. Plus turd^ eu eUet, la fouille terminée, ou ramène en place les blocs déplacés ; il est donc bon qu'on ait des documents très précis rappelant ce travail S[iécial, car alors on n'aura plus le moindre point de repère, I) est bon de joindre à ces photographies spéciales des notes indiquant nettement ce qu^on i\ fait à ce moment particulier des opérations '.
2** Tranchée. — C'est le moment où Tarchéologue ohef de chantier doit ouvrir les yeux ; et il ne lui est pas permis de quitter les lieux une minute. En eiïet, la tranchée v^a mettre au jour de nombreux objets^ qu'il doit de suite situer en protVmdeur et en étendue sur des croquis, au moment de la trouvaille. De plus, ce travail est parfois très dan^^^ereux pour les ouvriers, car certains piliei-s, restant debnut et supportant des tables 1res pesantes, pourraient tomber et linieuer un accident terrible, si l'on creuaait frop près de leur pied ^^ peu enfoncé en terre . Il est donc iiulipensabic que, responsable de la vie de ses hommes, te directeur des fouilles surveille en tout temps leurs manœuvres, par» fois risquées. Si la Iranchée a a passer par-dessous une table tombée, relevée momentanément et soutenue en l'air par des crics ou des appuis artiliciels de bois ou 4le pierre, lexploration est encore plus dan^»'ereuse
1. Vaï liépïaçaiit cea blocs sur le sol, on irnuvç parroîs, au-des- «oUB d'eux, sur la terre vl'h^l'IoIc ellL'-mL'mx^ des débiis m'allon>iimiiis ou plus modernes. Il faut, bien i^ntendu. tout reeueillii' avec âoin, et noter cela avec précision.
2. îl est bon d'en rester étoig^nc de ITi a 20 centiinèLres au iitoiuB.
Manuel de recherc fies préhistoriques. IK
et exige une attention encore plus grande. Dans ce cas, en elFet, il ne faut pas creuser trop près de ces soutiens temporaires, difficiles à consolider. On cherchera d'abord au milieu même; puis on étendra son champ d'action peu à peu de chaque côté, en procédant avec une sage et prudente lenteur.
D'ailleurs la meilleure façon d'éviter tout ennui est de ne faire d'abord qu'une tranchée 1res peu large
Morà
Fi g. 184.
Scliéma d'une tranchée exécutée au centre d'une Allée couverte.
(1 mètre à 1"" 50), et surtout très peu profonde^ ayant à peine 30 à 40 centimètres de profondeur. L'expérience a appris en elfet que souvent elle était suffisante ; et comme, d'autre part, les piliers debout sont d'habitude enfoncés d'environ 50 centimètres en terre, on ne court pas trop de risques.
Ce n'est que si besoin est qu'on élargira et approfondira plus tard cette première tranchée, dans une seconde opération. Celle-ci sera alors faite à rebroussepoil^ c'est-à-dire du fond vers l'entrée, en comblant sur les côtes, surtout au ras des piliers, au fur et à mesure, toute dépression dépassant 0"* 60 pour les allées i:ou vertes en place.
MUNLMENTS A GROSiSES PIERRES
a) Creusemeni, — - En se confomianl aux données prescrites parles ouvrages de médecine léiçale, sachant à peu près à T avance où se trouve le cadavre s'il y a inhumation, on fait débuter la tranchée un peu avant rentrée même du mé^alithe^ c'est-à-dire commencer à quelques mètres à l'Est du premier bloc. Deux hommes peuvent travailler ensemble : Tua se sert de la pioche, l'autre de la pelle; le second se repose, pendant que le premier travaille. Un troisième (ou un enfant, ou mieux une femme) pourra écraser alors la terre enlevée, y chercher les petits objets, ayant échappé aux ouvriers foui) leurs ^ et même la passer au crible^ avec Taide de Fautre ouvrier*
C'est avec la pioche qu'il faut attaquer d'abord le sol très durci, La pelle est impuissante d'ordinaire, car la terre est tassée fortement et très sèche (on ne fait, en edel, ces travaux que pendant la saison d'été); elle n*est utilisable que pour enle\er les mottes de tachées et les diviser.
h) Troljvuilleis. — Généralement les trouvailles se font presque à la surface du soL Une très légère couche de terre végétale (10 à 20 centimètres) recouvre les débris de mobilier^ situés, comme les ossements, dans une autre couche de terre paraissant rapportée^ dite terre décomposée^ quand tl y a eu inhitmadon vraie, sans cercueiï.
Toute la terre enlevée doit être mise de côté, et examinée à diverses reprises, Elle doit être tamisée de suite, surtout quand le dolmen a été fouillé antérieurement, car on y trouve alors des pièces de monnaie récentes, etc.
P Poterie, — - Dès qu'uu morceau de poterie on tout autre objet apparaît, on s'elTorce de ne pas briser la
MONUMEXTS A GîîOSSKS PIERRES
trouvaille. Pour cela, on surAeille avec grand soin les coups de pioche donnés au voisina^'^e et n'abandonne pas TouLil des yeux^ au moment où il détache la motte de terre. C'est, d^ordinaire, à rentrée du monument qu'on trouve les vases ou leurs débris quand il y en a. Là aussi se voient souvent des amas très localisés de terre charbonneuse. Ensuite des lots de cendres^ probablement placées jadis dans des pots (Fig-. 185à 192). De-ci de-là, on rencontre des débris de silex ou d'autres objets.
2" O^senienls. — On ne tarde pas à apercevoir les premiers ossenieuts, s'il eu reste. Généralement, on rencontre, dans les mégalithes non bouleversés, les os du crâne» des membres supérieurs, et surtout des fra^'"ments de fémur* On les découvre sur place, sans les remuer si possible, en enlevant la terre a la main ou avec le petit outil des botanistes herborisants, très commode en 1 espèce.
Si Fou peut, on fera bien i\e photof/mphier les ossements en terre, c'est-à-dire la tranchée.
Siiicatage, — Si un squelette se présente non brisé, hien en piace^ il sera toujours intéressant de silicaier les arlicitlatiom^, suivant la méthode de Marcel Baudouin, à l'aide du silicate de potasse chirurgical, dont il faut toujours être muni en quantité notable- Ce silicala^e donne surtout de bons résultats pour la colonne vertébrale, quand elle se présente presque à Téta t normal. Il est aussi à recommander, pour l'enlèvement ps parties osseuses et des os à caractères préhistoriques^ Bt-à-dire les plus précieux: tibia, tête du fémur, îete huniérale, Irochlée de Thumérus, mâcboire inférieure, et surtout le crâne. Dans cette méthode, on silicate à la fois les o^ et les terres qui les entourent ;
e!le n'est donc pas comparable im silicatage des restes fossiles^ ima^nnû depuis long temps. Ce procédé peut être utdisé aussi pour les poteries brisées sur place.
Le moment est alors venu d'enlever les ossements dans Tordre même de la trouvaille. Chaque os important doit être enveloppé dans un morceau de papier, avec un numéro d'ordre correspondant. On les met ensuite dans une boîte ou un sac spécial, de fa(,*on h ce qu'ils ne se cassent pins. Les plus fraj^nles peuvent être enduils de silicate sur les lieux après leur extraction,
c) Terre. — U est toujours bon de recueillir, dans des boîtes en fer, des éch;*ntîllons de la terre au niveau des ossements, pour pouvoir ultérieurement la soumettre, au besoin, à l'analyse chimique et à l'analyse microscopique.
Cette terre est, d'ailleurs, plus humide, plus fraîche que le sol voisin. Souvent, elle est d*une coloration noire : ce qui semble bien indiquer une tombe par inhumation^ c'est-à^dii*e une décomposition de matière animale, et non pas un monument ayant servi d'ossuaire simple.
A chaque couche traversée (terre végétale superficielle, terre d'inhumation d'apparence rapportée, terre naturelle du sol sous-jacent), il est bon de noter sur place et à l'instant mémo la nature du sol et Vépaisseur de chacun de ces dépôts.
cl) Pierrailles. — Les pierrailles qui servent de blocs de calage ou constituent des restes du galj^^al sus-mé*:;'alithîque doivent être examinées et déterminées au point de vue pétrographique, car il importe de savoir d'où elles peuvent provenir. On en trouve d'ordinaire un ^rand nombre, surtout en arrivant à ïa face interne des piliers encore debout, ou à Tendroit qu'occupaient les blocs redressés.
MONUMENTS A GROS9El<t PIEHHES
e) Sous-soL — Quand on a vidé la tranchée sîupeHiciel le, OD continue en creusant plus profondément, par acquit de conscience. Bientôt ou arrive au sol naturel, c'est-àTflire au limon des plateaux de la ré^^ionv ou à la roche sous-jacente. Il faut bien prendre en note la nature du sous-^ol et des terrains qui le constituent, et faire à ce moment un croquis de la coupe de la tranchée (Fif,^ 184).
II K — Restauration.
Les recherches sont terminées. Il reste à remettre les choses, sinon dans Vctat ancien (ce qui n'est pas toujours possible et n'est pas toujours souhaitable), du moins dans les meilleures conditions possibles, pour que le monument ait l'aspect qu'il avait autrefois K
Un fait domine ces tentatives; il n*est pas d'ordre scientifique, mais pratique : c'est la question d'argent.
Comme les savants ou les amateurs ne peuvent se livrera ces restaurations qu'avec des bud^:ets très limités, quelques centaines de francs à peine d'ordinaire, il en résulte qu'ils ne font pas toujours ce qu'ils veulent en pareille occurrence, et que, par suite, les in^^énieurs, qui sont hiibïtués à dépenser des centaines de mille francs et à utiliser des machines puissantes, seraient assez mal venus a critiquer ces tentatives, toujours faites en réalité dans les plus mauvaises conditions. Et il en sera sans doute lon^^^lemps ainsi^ chez nous, car les temps sont éloig-nés encore, où la Sous-commission des Mégalithes du Ministère des Beaux-Arts possédera une
1. Consulter pour plu» de dctails : Marcel Baudouin, Comment il fnnl restnttrer un dolmen. — La Vulg. scient., 1905, p. 143, %. ;
t d*exéculer^ avec méthode et reeooslrucUoQS. Malgré ce» coocfitioQS déploraUes, les Prébislorieûs d'avant- ^mnle, actifs» tBâtmiU et enthousiastes, se sont mis h TcrflYre et ii*Ofil pas aliendu que l'État leur donne le bcMi exemple. Fcmr prouver que la terre tourne, je veux dire poor démociirer qu'eu matière de reslauration iBcgalithîque ou peut faire de bonne besogne^ ils sodI parlb en guerre sans crier gare, c'est-à-dire se sont lancée dan» des entreprises qui^ il y a quelques années, auraient paru fort téméraires.