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Marcel Baudouin, Vulgar. scient.^ Paris

MONrAlENTS A fiROSSES PIERRES

lO.OCK), voire même 9(K00[> Itilog^rammes; on perdrait évidemment son lemps. Ce moyen n'est donc de mise que pour le déplacement horizonittl des blocs variant en poids de LOÔO à 5.000 kilo^n^ammes au plus.

Quand on emploie les bœufs, il faut avoir bien soin de faire conduire Tattelap^e par le cultivateur ou le g^arçon de ferme qui a rhabitude de s'en servir ; sans cela, nn n'obtiendrait qu'un rendement 1res médiocre de la force vraie de ces puissants animaux, car le premier venu ne peut pas leî^ faire manoeuvrer. Au harnache- THcnt local, il faut adapter en outre de fortes chaînes de fer, destinées à enserrer la pierre ; et toutes les fois que cela sera possible, on fera traîner celle-ci sur des rouleaux de fer ou de bois, de grosseur moyeu ne^ pour diminuer la résistance.

En prenant toutes ces précautions, l'emploi des ba'ufs, encore mal connu et peu utilisé, pourni rendre, à tous les amis des monuments méj^alithiques qui désirent procéder à des restaurations, et surtout à tous les Préhîsforîefîs qui fouillent ces sépultures, de très signalés services.

Le monument étant bien débrouillé sur le papier, ou se met a l'œuvre, S*il s'apt d'une allée couverte, on s'occupe d'abord de la pierre du fond^ point de repère capital, qui est d*ordinaire à Touest; puis on chen^be à remettre en lif/ne les piliers des deux parois : d'abord paroi nord, puis paroi sud, car, presque toujoui^s, le grand axe de ces allées est dirigé de Touest à Test, avec entrée à Forient, du côté du soleil levant.

Autant que possible, il faut replacer les piliers dans Tordre même qu'ils avaient jadis : ce qui souvent est possible, car ces blocs, qui ne pèsent guère plus de 1 .000 à 1.500 kilogrammes, sont, quand ils sont lombes,

ûM

MAMJEK PK RECHERCHES PREHISTORIQUES

faciles à déplut er sur le sol avec des crics ou des bœuls, et des rouleau Xc Une fois tous les piliers amenés en ligne et eu place ^ il ne reste plus qu'à les redresser^ comme on le fait pour les menhirs : ce qui est relativement ais(5, claiit donné leur f^iible poids.

Mais parfois ïii pierre du fond est impossible à déjo^^ajçer, pjirce qu'elle est tombée noua une table : ce qui nrrive souvent; on est obligé alors de renoncer à sou

t. Vut Xord. — Paroi Nord de Tallët^ comiLTle. après rostatiralion incomplète.

redressement. Toutefois, les vraies difFicuItés ne commencent ^^oère qu'avec les lahles^ qui pèsent parfois jusqu'à 30.000 kilogrammes et plus.

Le problème mégalithique est^ dès lors, évidemment résolu, dans Tétat actuel de nos connaissances et de nos moyens financiers.

On a découvert le monument antique; on Ta étudié

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le mieux possible, avec le peu d'argent dont on disposait.

Il ne reste plus rien à faire qu'à le conserver pieusement, à Tétat de propriété nationale (quand il en vaut la peine), pour prouver à nos petits-neveux que les J savants du xx® siècle savaient apprécier, étudier et respecter, comme il convient, ces vestiges précieux d'un passé très lointain et très glorieux.

Quand toutes les pierres ont été remises en bonne place, il ne reste plus qu'à combler la tranchée du centre, à égaliser le terrain à ce niveau, et à dégager le pourtour du monument. Il faut faire disparaître les pierrailles (on en extrait toujours plusieurs mètres cubes), et rendre le champ cultivable jusqu'au mégalithe, de façon qu'il n'y ait aucun espace perdu inutilement (ce qui mécontente toujours les fermiers).

Gela fait, il faut exécuter à nouveau les photographies cardinales équidistantes du monument restauré, dont on aura ainsi les principaux aspects. Enfin il faudra s'efforcer de faire classer le mégalithe s'il en vaut la peine, ou de le faire acheter^ par la commune si possible, car on ne saurait trop protéger les monuments de cette nature, qu'on détruit tous les jours sans vergogne, sous prétexte de gagner quelques mètres carrés à Ta^^riculture ou d'empierrer quelques mauvais chemins du voisinage !

CIIAPITRK VU

Les tuniulu« sont des amas de pierres ou tle terres, * recouvrant une ou plu.sietirs sépultures.

Leur reconnaissance est facile sur le terrain, pour [tout observateur attentif.

La plupart des tumuîus srvnt circulaires; d'autres sont carrés^ ovalaires. Certains sont tout petits; d'àulres

Çouiie du giaiid tmiiulus du Mont-Saiiit-Micbcl, à Cartiac iMoi') ilian . 1, l.oOiJjjrr.

atteignent ]ust|u'à 17 mètres de hauteur et une soixan-

Laine de mètres de diamètre. Le plus grand de tous,

LceluideCamac, mesure 165 mètres de loii^% 10 mètres

Coupe du Manê-er-Hoeck à Locmanaqucr (Morbilian). 1/1»3W> |jri**

[de haut, 58 mètres de large (Fig. 195).

Sous les petits tumulus, le corps a été placé dans une |tom belle en pierres sèches, ou même a été recouvert

iOT

.V[AM Kl. l»K KECItERCIIES HilillïSTOHIQUES

clireclenicïil jiar les lerfcs ropportées* Sous les j^^raods lumulus se Iroyvent des allées couvertes ou des dolmens.

On y observe <leux modes de sépulture : a par iocinératioii m et jiar « inhumation saus cercueil ».

GoiipedutunmlusdeTuïuiae' ît AnKOii (Morbilian;* t/l.SO0«

Les morts ont presque toujours été ensevelis avec des armes en pierre, en bronze, en ter, tîes bijoux en bronxe, fer ou or, vases, etc.

Les grands tumulus sont rares et isolés.

Fig. 19», Coupe duGalgal de Gavrinîs iMcirbîhan)

>gr.

Coupe du tumulus de CrubplK. k Bek < il orbilian), 1 i.oOO gr.

Les petits tumulus sont nombreux dans certaines régions, el presque toujours ^^roupés.

Voici les noms habituels des iieux-dih eorresponflants :

La Mofle, le Morl^ VHonime mori^ les Tomiwaa:!:, TomhelleSy Tombefles^ le Champ des morts, VAîre, le Pierrier, le Marier, le Champ de la Bataille, etc.

Les tumulus se rencontrent de nos jours plus particul jèrem eut dans les bois et dans les friches, c*est-àdire là oii la culture ne les a pasencorefait disparaître.

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