I. Voir, plus haut, Tarticlc Sépultures à inhumation
FOSSES ET PUITS FUNERAIRES 301
d'une sorte de dépression circulaire du sol, fendillé en circonférence de 1" 50 à 2 mètres; à une différence de végétation à l'automne (rherbe pousse moins bien à ce niveau) ; au soulèvement de pierres rapportées sur le sol par la charrue à Tépoque des labours, etc.
La recherche à la sonde peut parfois donner des résultats (terre noire, etc.) comme pour les sépultures en pleine terre (voir Sépultures à inhumation).
Mais, il n y a qu'un moyen de s'assurer de la réalité de la fosse : c'est de fouiller au point douteux. En quelques minutes, on est fixé.
b) Puits funéraires, — La découverte, à tête reposée et de parti pris, des puits est autrement difficile. Certes les signes précédemment indiqués peuvent correspondre à des sépultures de cet ordre, aussi bien qu'à des fosses. Mais, en général, on ne soupçonne guère l'existence des puits qu'à la présence de pierres rapportées^ disposées circulairement et en calotte, et soulevées par la charrue. Encore se trompe-t-on souvent et peut-on trouver des substructions gallo-romaines, au Heu d'une sépulture en puits.
D'ailleurs, pour trouver le centre du puits, après avoir enlevé toute la calotte de pierres, il faut mettre à nu la terre calcinée qui le comble, et qu^on reconnaît à sa coloration très noire, à son odeur, et à son contenu (débris de tuiles, carreaux, d'os de bovidés, etc.). On ne peut affirmer qu'on est sur un puits que quand, après avoir traversé la couche de limon des plateaux, qui a parfois 3 à 4 mètres d'épaisseur, on est arrivé sur un sous-sol rocheux, creusé en forme de cylindre^ ayant l mètre à 1'" 20 de diamètre.
B. Fouilles. — La fouille d'une fosse diffère profondément de celle d'un puits; et ces travaux ne doivent
^m 302 MANUEL DE BECHERGUES l'RÉilISTOïlIQUEâ 1
H être enLrepriâ que peadant les beauTt jours dû juillet 1
^m et d'août. P
ri) Fosses, — Pour fouiller uoe fosse, ce qui
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H et rapide, il suffit de disposer d'un homme, qui pioche .
^M d'abord à son niveau, puis enlève la terre à la pelle, et
H d'uu autre ouvrier (de préférence un jeune garçon ), qui
FOSSES ET PUITS FUNERAIRES
cherche dans la terre remuée et passée au crible les objets préhistoriques. Après avoir enlevé une couche de terre végétale., parfois peu épaisse^ on tombe de ï^uite sur les pierres rapportées, puis sur la terre uoire caraiv téristique.
La profondeur et la forme de la fosse varient d'ailleurs à llnlini. — La fouille demande h peine tin jour pour être terminée et menée à bien.
h) Puits, — Le vida',^e d'un puits funéraire est une opération très complexe et très lonf,nie, didicile, ei exig"caut un outillajtre, important et trèssolide^ de puisatier. Elle demande au moins huit jours (moyenne pour un puits de 10 mètres de profondeur) à frais homme^^, aidés d'un trieur : un puisatier au fond du puits, un luïnimo au treuil, et un homme pour porter et vider !es seaux remplis et extraits.
Au début, pendant les deux premier!^ jours^ on peut trfivailler sans treuil^ avec une échelle. Mais, dès qu'oji est arrivé a '2'" 50 de profondeur, il faut un outil la j;e spécial (on creuse environ l^' 25 par jour). D'abord on extrait de la terre nftire^ analojjue ;\ du lerreau» rcnfermant de nombreux objets briséB. Vers 3"* 50, cette terre est souvent transformée en boue, par des iidiltratîons d'eau; ei le puisatier travaille alors au milieu d*une vase très liquide. Il est rare^ quand ou fouille l'été, qu'on ait btisoin d'une pompe^ pour assécher |e puits; mais, si Ton avait le malheur de travailler Fhiver^ elle serait indispensable.
L'outillage du puisatier comprend, autant que possible, un treuil à volant et à frein
[omatiqu
upta
un Ctadre de bois, pourvu d'une longue chaîne et de deux seaux eu fer (ils sont préférables aux grands baquets de bois, à cause de la présence de l'eau). 11 est bon d'avoir à sa disposition des cordes neuves pour
MANL'EL DE REGHERCHICS PREHISTORIQUES
lieeïer les grosses pierres qu'on trouve et de forU iniidriers pour bien placer le cadre du treuil [Fïg. 204)
Fig. 205.
Type tic marelle en maçonnerie^ construit au-dessus d'un puits foiitirairp, irans^rtmiiti en puits à eau [Modèle Masson-Baudry. Néci-opolit du Bernard {V'eudccj.j
FOSSES ET PUITS rUNÉRAlBES
T^e |yiiîsalier doit être pourvu d'une pioche et d'une pelle courbe à manche court. Le trieur doit disposer , -d'un crible, car il faut passer toutes les boues dessé- ^^hées au soleil.
H II est indispensable d'avoir un puisatier absolumetit
■■sûr, honnête, et adroit. Sans cela on perd beaucoup
H d'objets précieux, qui disparaissent par un mécanisme
■ facile à comprendre, ou Ton n'obtient que des vases bri-
H ses. Il importe que cet ouvrier fasse bien attention, en
arrivant au fond du puits, pour ne pas casser avec ses
pieds les magnifiques pots et cruches qu'on trouve à ce
niveau.
Si rarchéolof^ue veut voir de ses propres yeux ce qui se passe, il doit se munir d*une échelle de corde de 1:2 à 15 mètres de long-, qui lui servira à descendre au fond des puits, car il faut être jeune et agile pour imiter les puisatiers et descendre dans le seau lui-même.
Hesfauration. — Une fois le puits vidé, il faut, iiutant que possible, ne pas le combler et le transformer <en puits a eau, en faisant construire à son orifice une mfinjeUe. Quand on procède autrement, il est ioiposîsible de retrouver ultérieurement ces excavations, à moins de recherches très onéreuses^ qui d'ailleurs ^lemeorent souvent infructueuses.
Les margelles peuvent être de deux sortes : celles à construction élevée (Fig. 205} ; celles consistant en une simple bordure circulaire en maçonnerie, qu*on peul fermer avec une porte à cadenas. G*est ce dernier type, moins coûteux et plus simple, qu'il faut choisir (\L Baudouin). Parfois, pour protéger plus etîîcacemeot la fouille, on a, avec raison, construit cette margelle dès que le treuil de déblaiement u pu être amorcé (G. Chauvet).
Manuel de recAerc/iei préhistoriques, 30