CHAPITRE XLYII
ÉTQDE DU SANa (suite)
Sommaire. Ilémaslocopie : DcQnition ; — Division; — Description
de l'iiématoscope : — Technique.
Diaphanométrie : Descriplion ; — Technique. SpecLroscopie simple : Définition; — Instrumenl; — Technique.
HÉMATOSCOPIE
Je viens, dans les chapitres précédents, d'étudier successivement trois procédés d'examen du sang, Vhématimétrie,\a. ehromômétrie d'Hayemet la jibrinométrie du même auteur. Or, ces procédés, je l'ai dit, ne sont pas les seuls. Sans vouloir être complet, d'autres me paraissent également mériter une place ici ; et, parmi eux, se trouventdeux procédés relevant de Vhématoseopie ; c'est dans ce chapitre que je vais les exposer.
DÉFINITION. — Hénocque a réuni sous ce nom plusieurs procédés d'examen du sang, ayant pour caractères communs : au pointdevue du principe, d'examiner le sang pur; et au point de vue technique, de comporter l'emploi d'un instrument auquel il a donné le nom d'/iématoscope.
Division. — Les méthodes d'examen, relevant de l'hématoscopie, que j'étudierai, sont au nombre de deux: la diaphanométrie et la spectroseopie. Mais avant l'héma-
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toscopie, servant à ces deux procédés, c'est par sa description que je commencerai.
Description de l'hématoscope. — Cel instrument est essentiellement composé par deux lames de verre exactement aplanies, ayant 8 centimètres de long, sur 2 V2 de large: et qui, en contact par un de leurs petits C(5lés, vont s'écarlant vers l'autre de manière à ne laisser entre elles, à cette extrémité qui présente l'écart maximum, qu'un intervalle de 300 millièmes de millimètre. Elles interceptent donc un espace prismatique capillaire dont la coupe est donnée par la figure (flg. 34). De ces deux lames, l'une peut
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FiG. 54
être considérée comme fixe, et porte des agrafes de laiton nickelé, qui assurent la disposition précédente, et permettent à l'autre lame de glisser sur elle par un mouvement doux.
L'écartement est assuré par un talon ménagé sur l'une des agrafes. De plus, la lame inférieure, qui est aussi la plus importante, porte sur son milieu et dans l'espace de 6 centimètres, une échelle graduée (fîg. 55) par millimètres, qui s'étend de 0 à 60 millimètres; le 0 et le ÔO" millimètre affleurent les agrafes. Cela étant, il résulte de la disposition des deux lames, et de l'existence delà graduation :
1° Que si l'on remplit cet espace de sang, ce sang aura une forme prismatique ;
'2° Et que l'on pourra savoir quelle est l'épaisseur de sa couche, au niveau de chaque millimètre de la graduation.
L'écart lolal, en effet, étant de 300 millièmes de millimètre, et la longueur étant de 60 millimètres, nous aurons pour marche de l'écart : 300/60 = 5 millièmes de millimètre ou miera ; c'est-à-dire qu'à la fin de la division J, l'écart est de 5 millièmes de millimètre ; à la fin de la division 10, l'écart est de 50 millièmes; à la fin de la division 30, l'écart est de 130 millièmes ; à la fin de la division 60, l'écart est de 300 millièmes.
D'où il résulte, que pour connaître l'épaisseur delà couche de sang correspondant à un point quelconque de
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FiG. 55
la graduation, il suffira de multiplier ce chiffre de la graduation par 5.
Maniement de l'instrument. — L'hématoscope étant un instrument fragile, et d'une manœuvre délicate, il est indispensable de s'exercer à son maniement ; et de le faire en suivant quelques conseils inspirés par l'expérience.
Son auteur les décrit ainsi :
U L'on s'habituera d'abord à faire glisser l'une sur l'autre les deux lames : à cet eflet, l'hématoscope étant saisi à ses deux extrémités, entre le pouce et l'index, ainsi que le montre la figure 56, l'on fait glisser la lamelle supérieure
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sur l'inférieure dans les rainures des deux agrafes, de bas ■en haut, par un mouvement des pouces en haut, et les îndex appuyant sur le bord supérieur de la grande lame.
« L'on peut ainsi séparer les deux lames pour les nettoyer ; et il est ensuite facile de les superposer à nouveau
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par un mouvement en sens inverse ; c est-à-dire qu'on introduira la lamelle supérieure du haut en bas, en ayant soin de la faire entrer dans les deux rainures en même temps, et parallèlement aux bords de la grande lame. »
FiG. 57
Procédé. — Il comprend successivement la piqûre, ['introduction du sang et son examen.
Piqûre. — Elle estfaite à la partie externe de la pulpe du petit doigt, avec une aiguille, une lancette ou mieux avec la lancette spéciale qu'a fait construire Hénocque, et qui est figurée ci-dessus (fig. 57).
Ses avantages sont de porter un talon, qui limite sa pé-
nélralioii; de pouvoir ôlre trempée dans un liquide antiseptique; et, au besoin, d'être facilement flamblée à une lampe à alcool.
. La quantité de sang à retirer est de 90 millimèlres cubes, soit en pratique six gouttes.
Cette quantité de sang prise, ainsi que je vais l'indiquer, le doigt est enroulé de coton antiseptique ou de baudruche gommée.
Introduction du sang. — Pour faire pénétrer le sang entre' les lames, on applique le bord inférieur de l'héraatoscope au niveau delà piqûre ; et le sang, tombant directement dans la rainure, se 'distribue également entre les deux lames. S'il y a des bulles d'air ou des espaces vides, de légers chocs pratiqués avec l'onglé sur la lamelle supérieure, permettent de régulariser la couche du sang.
L'hémaloscope ainsi préparé peut servir aux deux procédés : à la diaphanométrie, et à la spectroscopie. Maisl'un et l'autre nécessitent un autre instrument: c'est la plaque hématoseopique d'émail pour le premier et le spectroscope pour le second.
DIAPHANOMÉTRIE
Plaque nKMATOscopiQDE. — Quelques mots d'abord sur la plaque hématoseopique.
Elle est constituée par une lame d'émail, de même dimension que l'hémaloscope, et portant sur une deses faces, ainsi que l'indique la figure ci-contre (fig. 38), qui lareprésente de grandeur naturelle, deux graduations, l'une en millimètres, et l'autre en chiffres, et de plus, les mots: hématoseope d'Hénocque. Ces derniers, du reste, comme nous allons le voir, constituent une troisième graduation, qui est une des plus importantes.
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Mode d'emploi. — Il est des plus simples; il suffit de superposer l'hématoscope sur la plaque d'émail en faisant correspondre les graduations des deux instruments :
Cette superposition étant bien exacte, pour apprécier le pouvoir diaphanométrique du sang, il suffit de voir jusqu'à quel degré de la graduation, on peut distinguer, soit les graduations, soit les lettres.
Or, il est évident que pour les masquer, il faudra une couche de sang d'autant plus mince, que sa richesse en matière colorante sera plus grande ; et qu'aussi plus un sang sera pauvre en hémoglobine, et plus sa couche devra être épaisse pour arriver au même résultat.
2Û Jû 4Û Jû 60
lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll
15 1^ 13. 12. 11. 10 9. 8.7.6.5,4' FiG. 58
Les lettres peuvent donc servir comme une première base d'observation.
De plus l'échelle de chifTres a été établie de telle façon, que les chiffres correspondent à des quantités d'oxyhémo-* globine déterminées; et que le dernier chiffre lu indistinctement indique la quantité d'oxyhémoglobine contenue dans dOO grammes de sang.
Cette échelle a été construite à la suite de recherches multipliées sur le sang de l'homme et de divers animaux, analysé par les procédés speclroscopiques et chimiques.
Ainsi, en prenant un exemple, si nous supposons que •les chiffres 13, 14, 13, 12, 11 et 10, soient visibles, et que
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le 9 ne le soit pas ; nous en concluerons, que la quantité
d'oxyhémoglobine contenue dans le sang est de 10 p. 100.
Enfin, en troisième lieu, si l'on transportail l'tiématoscope sur les divisions millimétriques, dans ce cas, celles-ci disparaîl raient entre 38 et 40 millimètres.
« Il y a donc trois notations possibles, en lettres, en chiffres et en millimètres.
« En général, on peut indiquer seulement la quantité d'oxyhémoglobine 0/0 ; mais il est utile d'y joindre le nombre de millimètres perçus, parce que ce chiffre permet de connaître l'épaisseur de sang, qui fait disparaître les différentes échelles. Il suffit pour cela, nous l'avons vu, de multiplier par 5 le chiffre des minimètres, pour exprimer l'épaisseur du sang en millièmes de millimètres ou micra. »
Eclairage. — « Il faut examiner les plaques superposées au grand jour, en évitant cependant la lumière des rayons solaires intenses. Ou se placera près d'une fenêtre, en tenant l'hématoscope de façon qu'il reçoive la lumière du ciel ou des nuages, ou la lumière blanche diffuse.
Il est possible de faire l'examen avec une lumière cousante, en se plaçant dans une chambre obscure, et en éclairant la plaque avec une bougie, en ayant soin de maintenir l'hématoscope appliqué au niveau du bord libre de la bougie, c'est-à-dire à une distance fixe de la flamme. »
CoNTRE-ÉPREDVE. — (( En cas de doute ou de discussion, la contre-épreuve se fait ainsi qu'il suit: au lieu de superposer les deux plaques de façon que les 0 des échelles coïncident; l'on renverse l'hématoscope de droite à gauche et de haut en bas, de manière que le 60 de l'hématoscope corresponde au 0 de la plaque d'émail. La couche mince et claire du sang est alors adroite au lieu d'être à gauche;
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€t la partie épaisse et colorée est à gauche. On cherche alors, combien on peut lire de millimètres, de chiffres, ou de lettres de droite à gauche.
Il suffit de noter sur l'échelle de la plaque de verre le nombre de millimètres lisibles de droite à gauche. En général, les chiffres obtenus dans les deux sens sont identiques: et s'ils diffèrent de quelques millimètres, on peut recommencer les lectures dans les deux sens, de façon à •déterminer le point de confusion.
Nettoyage de l'instrument. — « Les deux lames de verre seront lavées, et essuyées avec un linge fin. Pour les ■dessécher, on se servira d'un tampon d'ouate ou de peau de chamois ou de flanelle, imbibé d'alcool ou d'éther, en ■évitant d'employer un excès de ces liquides, qui pourraient altérer le ciment joignant les agrafes au verre.
« Si l'hématoscope contient du sang desséché, il faut le laisser tremper dans l'eau froide assez longtemps pour ■qu'on puisse séparer les deux lames sans effort.
Il faut bien dessécher les rainures; et pour cela, on fera glisser entre le verre et le métal un morceau de linge fin. Lorsque les deux lames sont bien lavées et desséchées, elles glissent facilement l'une sur l'autre ; et la moindre humidité, au contraire, apparaît vers le zéro de l'échelle. »