‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 130 sur 172 · COMPOSITION DE L'URINE U · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE L'URINE U

Division. — On peut donc considérer ce tableau, comme représentant la composition moyenne d'une urine normale ; mais, je l'ai dit, de tous ces éléments, aucun n'est fixe comme proportions, même à l'état normal, et à plus forte raison sous l'influence des états pathologiques. Dans ces dernières conditions, les proportions des éléments normaux peuvent être augmentées ou diminuées de la manière la plus sensible; et, de plus, la longue liste que j'ai donnée dans le premier tableau, indique assez combien sont nombreux ceux qui peuvent s'y joindre.

Un travail complet sur l'urologie comporterait donc l'étude successive de tous ces éléments, normaux et pathologiques, avec leurs variations, leur dosage et les procédés qui servent à les obtenir. Mais, je l'ai dit, outre qu'un pareil travail dépasserait les limites que je me suis fixées, d'abord il me conduirait à exposer des procédés, qui sortent du cadre de ceux, qui sont à la portée du médecin praticien; et ensuite, pour beaucoup de ces éléments, ce serait sans grand profit pour la clinique.

Dans l'étude qui va suivre, je ferai donc un choix parmi ces éléments, en m'inspirant de ces deux dernières considérations : c'est-à-dire, en ne retenant que ceux dont le dosage relève des procédés cliniques, et dont la connaissance comporte un véritable intérêt.

Ceux qui m'ont paru devoir être compris dans ce choix sont : les pigments biliaires^ Vurée, Vaeide urique, les diverses albumines, le sucre, les matières ehyluriques, les chlorures et les phosphates ^ ; mais, de plus,

1 Le dosage de tous ces corps, même par des procédés cliuiques, étant toujours délicat, j'ai tenu à faire rédiger celte partie par un chimiste expérimenté; et c'est M. Timbal-Lagrave, de Tou-

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des études spéciales seront d'abord consacrées à la réaction, à la quantité, à la densité, et aux matières fixes. Enfin, dans une dernière partie, je traiterai, en quelques mots, des substances et corps figurés que peut révéler l'examen microscopique.

Ainsi sera complété ce que j'ai à dire sur l'urine; et je pense que ce résumé suffira, comme je l'ai exposé, aux besoins auxquels je cherche à répondre, à ceux de la clinique.

RÉACTION. — L'urine normale est acide au moment de son émission ; elle ne devient neutre ou alcaline que par son altération ou sous l'influence de la maladie. La connaissance de la réaction, outre qu'elle nous sera utile par elle-même, puisqu'elle nous fixera immédiatement sur un des caractères les plus importants de cette sécrétion, aura de plus l'avantage de nous guider dans nos recherches ultérieures ; et, comme nous le verrons plus tard, de nous signaler des écueils, que, grâce à elle, il nous sera facile d'éviter.

C'est à l'aide des papiers réactifs divers, tournesol et curcuma, que cette réaction est obtenue. On doit toujours procéder à l'aide de deux papiers de réaction différente; c'est-à-dire qu'après avoir employé un papier de tournesol rougi, par exemple ; et avoir constaté qu'il garde sa couleur, ce qui nous indique que la réaction est acide ; il faut de plus essayer un papier de tournesol violet pour voir, s'il vire au rouge. iNous trouverons dans celte seconde expérience, non seulement la contre-épreuve de la première ; mais, de plus, la rapidité avec laquelle se fera le changement décoloration et l'intensité de sa teinte, nous

louse, qui a bien voulu s'en claarger. Je ne fais que la reproduire lelle qu'il a bien voulu la rédiger à celte inlention; et je lui en oll're ici tous mes romerciemonts.

RÉACTION -449 permettront, avec un peu d'iiabitude, d'apprécier le degré d'acidité-

La reclierche de la réaction de l'urine est donc des plus simples, si nous la trouvons acide.

Selon certains degrés d'acidité, elle nous indiquera que l'urine est normale ; mais aussi, dans d'autres cas, elle pourra nous faire constater soit une exagération de celte acidité, soit, ce qui est plus fréquent, sa diminution, tendant à l'état neutre; ce qui dénote, comme je l'ai dit, un défaut de conservation ou un état pathologique.

Cet état neutre est reconnu par l'indifférence des deux papiers réactifs, qui Tun et l'autre conservent leur teinte première. C'est là un caractère très rare.

Quant à l'alealiniLé, elle est révélée par le retour du papier de tournesol rougi, au violet. Mais, ici celte simple constatation n'est pas suffisante; ou, du moins, l'élude de cette réaction peut fournir d'autres indications.

L'alcalinité, en effet, je le répèle, peut tenir à deux causes, ou à un état pathologique, ou seulement à une altération de l'urine, soit avant, soit après son émission. Dans chacun de ces cas, nous le voyons donc, l'alcalinité de l'urine aura une signification bien différente. Or, quelques procédés très simples peuvent nous permettre de les distinguer l'un de l'autre, au moins avec une grande probabilité.

Le plus souvent, en effet, la réaction alcaline, vraiment pathologique, est due à la présence des sels de soude ou de potasse ou des deux à la fois. Tandis que celle qui résulte de l'altération de l'urine, est due à l'ammoniaque; or, sans avoir recours à des procédés chimiques, les papiers réactifs vont nous suffire pour différencier ces deux cas.

l" Si l'alcalinité est duc aux sels de soude ou de

potasse, le papier de tournesol rougi, après avoir repassé au violet, conservera sa couleur, parce que la soude et la potasse sont fixes;

2° Si, au contraire, l'alcaliDité est due à l'ammoniaque, cette base étant volatile, la couleur violette disparaîtra ; et l'on verra revenir, quoique d'une manière incomplète, la couleur rouge, lorsque le papier réactif sera sec. Le retour de celle couleur nous indiquera donc que nous n'avons aflaire qu'à une urine altérée par défaut de conservation ;

3° Mais comme ces trois bases pourraient être réunies, pour savoir si l'ammoniaque s'est jointe aux deux autres; il faudra chauffer quelques centimètres cubes de cette urine dans un tube, en exposant un papier de tournesol aux vapeurs qui s'en dégagent. Dans ce cas :

A. — Si l'urine contient les deux sortes de bases, le papier passera au violet sous l'infl uence des vapeurs ; et le liquide restant aura la même action ;

B. — S'il n'y a que l'ammoniaque, seul le papier exposé aux vapeurs passera au violet ; et le liquide donnera une réaction neutre ou acide ;

C. — Si l'urine ne contient pas d'ammoniaque, le papier exposé aux vapeurs conservera sa couleur rouge; et seul le liquide le fera passer au violet ;

4° Enfin, dans le cas où nous constaterons l'alcalnité ammoniacale, nous saurons que Ja décomposition a lieu dans la vessie même, ce qui est important, eu opérant sur de l'urine immédiatement après son émission dans un verre à expériences, ou mieux en sondant le malade avec une sonde de la propreté de laquelle nous nous sommes assurés.

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