‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 132 sur 172 · DENSITÉ · texte numérisé non relu

DENSITÉ

que lé clinicien sache se conlenter d'une rigueur approximative. Du reste, si l'on tient compte des conditions danslesquelles il opère, on verra que cette rigueur peut suffire. Il s'agit, en effet, de doser la densité d'une urine ; et, par cette densité, de s'élever à la connaissance des matières fixes. Or, tout ce que nous devons demander, c'est que l'erreur instrumentale, calculée en matières fixes, nedépasse pas 3 grammes.

Celte précision doit nous suffire.

Cinq grammes de matières fixes, en effet, correspondent à peu près à la quantité qui est contenue dans 100 gr. d'urine normale ; or, quand il s'agit de recueillir la totalité de l'urine pendant 24 heures, sommes-nous sûr que nousarrivions à 100 gr. près? Ne sait-on pas que quelques efforts de plus ou de moins peuvent faire varier la quantité de l'urine, et dans des proportions autrement grandes t Lorsque nous aurons confié l'examen de notre pèseurine à un laboratoire ; et que nous aurons acquis la conviction qu'il nous donne la densité à 1 degré, 1 degré et demi près, ce qui sur la totalité des urines ne nous fait pas dépasser cette erreur de 5 gr., nous pourrons donc l'accepter comme suffisamment exact.

Enfin, il faut nous rappeler que les chiffres que nouscherchons, ont une valeur surtout relative. Quand, par exemple, nous suivons une maladie avec l'uréomètre; ce que nous voulons savoir, c'est moins la densité exacte de l'urine de tous les jours, que les variations d'augmentation et de diminution que subit cette densité. Une des conditions les plus importantes, mais aussi presque suffisantes, sera donc de se servir du même instrument pour le même malade, ou pour la même étude ; et ainsi se trouvera évité, en grande partie, l'inconvénient de son. manque de précision.

SÉMÉlOLOaiE.

Procédé. — Pour prendre la deasité, l'urine est versée ■dans une éprouvette de 100 gr. environ et assez large, en lui faisant suivre la paroi pour éviter la formation de la mousse ; puis le pèse-urine est placé dans le liquide en l'immergeant tout d'abord jusqu'au 0, pour mouiller la tige; et on l'abandonne ensuite, en ayant soin qu'il ne touche pas les parois de l'éprouvette. C'est là une des •causes d'erreur les plus fréquentes. Pour m'en garantir, j'ai pris l'habitude d'imprimer au pèse-urine un mouvement de rotation; et ce mouvement m'assure d'abord qu'il reste libre au milieu du liquide, et, en outre, me facilite la lecture, puisque à un moment donné la graduation vient forcément passer devant moi.

Le chiffre indiqué est celui de la graduation qui correspond, non point au niveau du liquide qui s'élève le long •de la tige, mais celui qui est au niveau de la surface ,plane du liquide, c'est-à-dire toujours un peu au dessous.

Cette lecture, est, du reste, des plus faciles.

Correction de la température. — Mais c'est là le •degré uréométrique, en supposant la température à IS*". Or, sans que la différence de température puisse se traduire par des écarts bien importants, on pourra en tenir facilement compte grâce aux tableaux ci-dessous que l'on doit à Bouchardat, qui a calculé cette influence dans deux conditions, selon que l'urine est normale ou sucrée.

La densité donnée par l'expérience précédente, d'après les lois de la densité, sera supérieure à la densité réelle, si le liquide a une température inférieure à IS» ; et, au contraire, lui sera inférieure, si la température est au dessus. 11 s'agit donc dans ces deux cas de faire la correction.

Pour y arriver, dès que l'uréomètre est retiré de l'éprou- -vette, on le remplace par un thermomètre qu'on laisse

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