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CHAPITRE LVII

UROLOGIE (suite)

Sommaire. Technique générale; — Division; — Substances cristallisées (minérales et organiques)

Technique. — Lieux de recherche. — On peut examiner au microscope les couches superficielles du liquide, et aussi les parties moyennes; mais, le plus souvent, ,ce sont les couches les plus profondes sur lesquelles porte l'examen.

Quelle que soit celle de ces parties que l'on -veuille étudier, on devra toujours laisser l'urine se reposer pendant quelques heures, en la mettant à l'abri de tout corps étranger, et autant que possible dans un endroit frais ou froid pour éviter sa décomposition.

Ce sont les verres à expériences de forme conique, qui sont les plus avantageux pour favoriser ce dépôt.

Pour obtenir le liquide des parties superficielles et moyennes, il faut se servir de la pipette que l'on porte bouchée avec le pouce de la main droite tenue ainsi jusqu'à la profondeur où l'on veut recueillir le liquide; et que l'on débouche ensuite un temps suffisant pour prendre seulement quelques gouttes.

Pour les parties profondes, on peut, en outre, les obtenir

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES DÉPOTS URINAIRES ■ 499 par décantation, et les prendre alors avec une simple baguette de verre.

Préparation. — Quel que soit le procédé que Ton ait «mployé, quelques gouttes sont portées sur une lame, et immédiatement recouvertes par une lamelle.

Il est rare que les examens faits dans ces conditions exigent l'encellulement ; mais je recommande, tout au moins, de maintenir les quatre coins de la lamelle par un point de paraffine, de manière à s'assurer de sa fixation, si l'on veut ensuite soumettre le dépôt urinaire à quelques réactions chimiques.

On pourra, du reste, toujours procéder à l'encellulement complet et définitif à la cire, si la préparation paraissait mériter d'être conservée.

Grossissement. — Certaines formes cristallines peuvent facilement être reconnues avec des grossissements de 100 «t même au dessous. Mais on ne saurait se contenter de ces grossissements pour faire un examen complet ; il faut arriver entre 300 et 400. L'oculaire 3 et l'objectif 3 de Kachet, ou les numéros correspondants des autres fabricants, sont suffisants. On peut reconnaître avec eux, non seulement toutes les formes cristallines, mais aussi la plupart des éléments figurés, sang, pus, etc. Cependant, quand on veut être fixé sur la nature de ces derniers, il est bon de se servir des combinaisons donnant au moins un grossissement de 600. Seul l'examen des bactéries demande un grossissement plus fort, et exige l'emploi des objectifs à immersion.

Division. — Les corps que l'on rencontre dans les dépôts .urinaires peuvent se dii ser en deux grands groupes : Le premier comprenant les corps ayant une forme cria-

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tailine et le second ceux qui ont une forme non cristal- Une.

Le premier groupe se subdivise lui-même en corps cristallisés minéraux et en corps cristallisés organiques.

Formes cristallines Sdrstances cristallisées minérales. — Celles qui intéressent plus particulièrement la clinique sont au nombre de trois :

Le phosphate de chaux et de magnésie ; Le phosphate ammoniaco-magnésien ; Loxalate de chaux.

hç^ phosphate de chaux et de magnésie se présente à l'état amorphe, toutes les fois que l'urine devient alcaline; et que cette alcalinité est due à des carbonates alcalins.

Lorsque, en effet, elle est due à des produits ammoniacaux, le phosphate de chaux et de magnésie se combine avec l'ammoniaque pour donner lieu à la forme cristalline suivante.

Phosphate ammoniaco-magnésien. — Ces cristaux sont ceux que l'on rencontre le plus souvent dans l'urine. C'est, qu'en effet, ils se forment même dans l'urine normale, dès qu'elle subit la décomposition ammoniacale ; ils peuvent même exister au moment de l'émission.

Dans ces cas, cette décomposition ammoniacale a lieu dans la vessie même; et elle indique le plus souvent une affection de cet organe. C'est, qu'en effet, d'une part, l'existence de ces cristaux dans la vessie irrite ses parois, et conduit à leur inflammation; et que, d'autre part, les produits inflammatoires de cette muqueuse entraînent la décomposition ammoniacale dont ils dérivent.

Les cristaux de phosphate ammoniaco-raagnésien peuvent affecter deux formes bien différentes.

Quand on les précipite par l'addition d'ammoniaque à de l'urine alcaline, ils se présentent sous forme de feuilles de fougère, le plus souvent rayonnant d'un centre commun ; feuilles de fougères qui disparaissent, du reste, sous l'influence d'un excès d'acide et notamment d'acide acétique.

Lorsque, au contraire, il s'est déposé naturellement, ce s •! se présente sous forme de cristaux volumineux, affec-

FiG. 71. — Cristaux de phosphate amrnoniaco-magnésiea.

tant la forme de prismes droits à base, rhomboïdale. Posés à plat, ils apparaissent avec une forme caractéristique, qui rappelle celle d'un catafalque, d'où le nom de sel en tombeaux (flg. 71 ').

Ces cristaux peuvent donner lieu à des calculs, soit qu'ils tapissent la muqueuse, plaques phosphatiques, soit qu'ils restent libres dans la cavité vésicale. Dans ce dernier cas, enfin, ils peuvent, soit être purs, et alors ils sont légers et poreux, soit constituer seulement la partie

1 Cette ûgure, nlnsi que les figures suivantes, sont tirées du Manuel clinique de l'analyse des urines d'Yvon, et je le remercie de l'obligeance avoc laquelle il les a mis3S à ma disposition.

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extérieure d'un calcul, dont Je noyau est formé par des urales. Ce que j'ai dit, sur l'apparition dos phosphates ammoniaco-magnésiens, explique facilement la double constitution de .ces calculs, correspondant à deux époques -différentes de leur formation. C'est le dépôt d'urates qui a commencé ; mais, celui-ci ayant enflam.mé la vessie, des produits ammoniacaux se sont formés; et, dès lors, c'est la formation phosphatique qui l'a emporté;

Oxalate de chaux. — Il se présente beaucoup plus rarement dans les urines que les deux sels précédents. Il s'y rencontre, du reste, dans deux conditions différentes. Il peut d'abord provenir de l'alimentation ; et ce sont l'oseille, les tomates, la rhubarbe, certains autres ru-

mex, et même un excès de sucre qui le produisent le plus souvent ; et en outre, fait autrement important, il peut être la conséquence de troubles de la respiration ou de la circulation. Son existence prolongée a

0 reçu le nom à'oxalurie.

FiG. 72. — Crislaux d'oxalate La forme des cristaux

da chaux. d'oxalate de chaux, est

aussi caractéristique que celle des phosphates ammoniacomagnésiens : ce sont des octaèdres brillants, très réguliers, transparents et réfractant fortement la lumière. Leurs angles sont très accusés. Vus normalement ils offrent la forme d'un carré ou d'un losange coupé par deux diagonales saillantes, qui leur donnent l'apparence du côté ouvert d'une enveloppe (fig 72).

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES DÉPOTS URINAIRES 503 Conlraii-ement aux précédents, ils soni insolubles dans l'acide acétique; ils ne se dissolvent que dans les acides minéraux.

Les calculs d'oxalate de chaux sont les plus durs, et sont le plus souvent, à cause même de cette dureté, couverts d'aspérités, ce qui leur a fait donner le nom calculs muraux.

Ils sont également souvent teintés de brun ; ce que l'on attribue au mélange de matières colorantes du sang provenant des hémorrhagies que produisent leurs aspérités.

Substances cristallisées organiques. — J'étudierai: Laeide urique ; Uurate de soude. ; L'uraie d'ammoniaque ; Laeide hippurique.

Acide urique. — Après les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésiens, ceux d'acide urique sont les plus fréquents. On les rencontre, en effet, dans l'urine sous l'influence de causes nombreuses, parmi lesquelles se trouvent la suralimentation, l'inaction, et surtout un certain nombre d'états pathologiques, tîèvres, rhumatisme, goutte, etc. Leur présence dans les urines demande donc toujours à être interprétée.

Caractères microscopiques. — La forme de ces cristaux à l'état de sédiment dérive presque toujours du losange et le rappelle ; mais leurs côtés sont ordinairement convexes, rarement droits, encore plus rarement concaves. Ces côtés peuvent être inégaux ; mais ils restent égaux deux à deux (flg. 73 et 74).

Les angles s'effacent souvent ; et, lorsqu'ils subissent

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