UROLOGIE
cette modification, elle est commune aux deux opposés.
Elle n'atteint que deux d'entre eux sur quatre.
Leur réunion peut être constituée par des cristaux soit simplement agglutinés, et alors chacun d'eux conserve sa forme propre, soit confondus par une partie de leur étendue; et, dans ce cas, ils se présentent sous des formes diverses dont la plus fréquente est la forme de croix.
C'est là leur aspect, quand ils se présentent à plat. Vus de champ, ils affectent, au contraire, la forme d'aiguilles
Fm. 73. — Cristaux d'acide urique.
plus ou moins allongées, quand ils sont isolés, et quand ils sont réunis, parfois une forme rayonnante, toutes ces aiguilles se recouvrant en partie par une de leurs extrémités, l'autre devenant libre.
Enfin, vus obliquement, leur aspect rappelle celui de la section d'un cylindre aplati.
Dans les formes les plus ténues, telles que celles que l'on obtient en précipitant l'acide urique normal de l'urine par l'acide acétique, ces cristaux sont transparents.
Mais dans les sédiments, ils sont toujours au moins jaunes, et le plus souvent rouge-brique.
Caractères chimiques. — La. forme des cristaux d'acide urique de sédiment est assez caractéristique pour que le simple examen microscopique les fasse reconnaître. Cependant, si quelques doutes existaient, il suffirait pen- " dant que l'on examine un de ces cristaux, sans le perdre de vue:
1° D3 faire passer sous la lamelle quelques gouttes d'acide acélique.
Au contact de cet acide, la forme cristalline examinée :
A. Restera intacte si elle est constituée par de l'acide urique pur ;
B. Elle se dissoudra, et l'on trouvera, quelques instants après, des cristaux d'acide urique sous forme de losange (navette) très tenues, s'il s'agit de sel de soude ou d'ammoniaque.
2" En faisant passer une solution, concentrée de soude ou d'ammoniaque:
A. Elle se dissoudra si elle est composée d'acide urique ; et nous trouverons peu après des sédiments d'urate de soude ou d'ammoniaque ;
B. Elle restera intacte si elle est constituée par de l'urate de soude.
Urate de soude. — Les sédiments d'urate de soude sont rarement purs; c'est avec l'urate d'ammoniaque qu'on
SIÎMÉIOLOGIE. AK
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les rencontre le plus souvent. Ils se présentent sous forme d'une poussière fine en suspension dans les dernières couches de l'urine, sans gagner complètement le fond du vase, pour peu qu'il existe la moindre quantité de mucus.
Caractères microscopiques. — Examinés au microscope on trouve ces sédiments composés par des grains plus ou moins sphériques, ovoïdes, et à surface rugueuse. Sur leur cassure on peut voir parfois la série de couches concentriques qui a servi à les former.
Ces grains peuvent être soit isolés, soit simplement ag" glutinés, soit en partie confondus entre eux (flg. 75). Les conditions de formation des sédiments d'urate de
soude sont à peu près 'U' . °f °o4 les mêmes que celles de
,/ÎY:-^-o-^.8i-V • 1 acide urique; mais, en ,;Ài;'îo°°oo'^\ °v; outre, on les rencontre v^i" - °8o " ° toutes les fois que l'eau
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est assez diminuée pour ne plus pouvoir dissoudre la quantité normale de ses sels. C'est ainsi qu'on les voit souvent apparaître par le refroidissement de l'urine, qui était saturée au moment de son émission ; et dout le pouvoir dissolvant diminue avec l'abaissement de la température. Dans ces cas, on le sait, il suffît de porter de nouveau l'urine à une température de 37° pour lui voir reprendre sa limpidité.
Caractères chimiques, — 1» En faisant passer sous la lamelle quelques gouttes d'acide acétique, on voit apparaître des cristaux d'acide urique, en navettes ;
2° Les solutions de soude laissent les cristaux d'urate de soude intacts ;
èxaMén microscopique dès dépôts urînaîres 807
3° Traités par une chaleur faible dans un verre de montre, ils ne dégagent pas de vapeur bleuissant le papier de tournesol rouge ; et une baguette de verre trempée dans l'acide chlorydrique et exposée à leurs vapeurs, ne donne pas de couleur blanche.
Urate d'ammoniaque. — Caractères mieroscopiques. Je l'ai dit, ses sédiments sont presque toujours mélangés aux précédents, dont ils se distinguent facilement par la forme. Si comme eux, en effet, leur forme type est la sphère, d'abord ces sphères sont plus volumineuses, et, eu outre, presque toujours elles portent un certain nombre d'ai- ^ guilles à leur surface, M ^ ^ *^
aiguilles qui leur don- ■JÇ; ^ nent un aspect carac- « A \ fj>h « téristique (fig. 76). ^ ^ A
Les formes les plus ^^"^^ 'hd^ ¥
volumineuses sont ^''^ constituées habituel-
lemeut par des sphères isolées. Les autres, au contraire, sont le plus souvent agglomérées, ou confondues plusieurs ensemble, et parmi les aspects qui en résultent se trouvent surtout les formes en haltère, celles en croix (deux haltères à angle droit), ou celles en chapelet.
Il suffit d'ajouter les conditions de fermentation ammoniacale aux précédentes, pour que l'urate d'ammoniaque apparaisse en môme temps que celui de soude. Or, l'urate de soude irritant souvent la vessie et les produits inflammatoires se décomposant facilemeut, presque toujours ces deux sédiments se trouvent réunis. Il se passe donc ici ce que j'ai déjà décrit pour la formation des phosphates ammoniaco-magnésiens.
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Caractères chimiques. — 1» Ces sédimenls donnent des cristaux d'acide uriqiie par l'acide acétique ;
2° En les chauffant dans un verre de montre, ils donnent des vapeurs :
A. Qui ramènent au violet le papier de tournesol rougi par les acides ;
B. Qui prennent une couleur blanche, quand on met à leur contact une baguette de verre trempée dans l'acide azotique.
.. Acide hippurique. — Cet acide, abondant dans l'urine des herbivores, n'existe qu'en très petite quantité
Fis. 77. — Cristaux d'acide hippurique.
dans celle de l'homme. Ses variations, du reste, n'ont pas encore pris une grande importance en clinique. 11 est combiné souvent avec la soude, la potasse et la chaux. Aussi peut-on parfois l'obtenir en traitant l'urine par l'acide chlorhydrique, c'est-à-dire en précipitant l'acide hippurique, de ses combinaisons. Dans ces conditions, si la réaction porte sur une certaine quantité d'urine, si elle se fait lentement, et enfin dans certains états mal déter-
rninés de l'organisme, on peut trouver quelques cristaux d'acide hippurique mélangés à ceux d'acide urique.
Ces cristaux se reconnaissent, du reste, facilement. Ils sont volumineux, et se présenteat, ainsi que l'indique la ûgure 77, sous forme de longs prismes incolores à quatre faces, terminés par des sommets dièdres.
Parmi les conditions qui favorisent le plus l'augmentation de l'acide hippurique et des hippurates dans l'urine de l'homme, il faut citer le régime végétal, qui le rapproche sous ce rapport des animaux, et aussi, d'après Bouchardat, le régime lacté. Les proportions pourraient, dans ces cas, atteindre 2,23 d'acide hippurique pour 100. Toutefois son degré de solubilité, plus considérable que celui de l'acide urique, fait que ce n'est que très exceptionnellement qu'on le rencontre dans les sédiments de l'urine hmaine.