CHAPITRE LX
Sommaire. Méthodes générales; — Méthodes spéciales.
Me voici arrivé àla fin de cette longue série de méthodes et de procédés, dont les descriptions ont dù se succéder, à peine entrecoupées par quelques courtes considérations cliniques, dans près de soixante chapitres.
Si maintenant nous jetons un coup d'oeil en arrière, nous verrons que toutes ces méthodes d'examen peuvent être réparties en deux grands groupes : celles qui sont générales, c'est-à-dire qui s'appliquent à l'organisme tout entier, et celles qui sont spéciales, c'est-à-dire qui ne s'adressent qu'à un appareil, ou même qu'à un organe.
De ces deux groupes, c'est celui des méthodes générales qui nous a occupé tout d'abord. Il a compris : la pesée, la mensuration, la palpation, le toucher, le double-choc, la. suceussion et la percussion. Douze cha* pitres lui ont été consacrés.
Dans les quatre premiers j'ai traité de la joesde, méthode d'examen déshéritée, s'il en fut; et dont j'ai cherché en premier lieu à faire ressortir l'utilité, aussi bien au point de vue cHnique, qu'à celui de l'anatomie pathologique. Mais, de plus, j'ai cru faire œuvre utile en réunissant dans un autre chapitre les mesures des diverses nations aved
leur équivalence dans le système métrique. C'claienl là des documents faciles à se procurer, sans doute; mais que jusqu'à présent on eût cherché en vain dans les ouvrages médicaux; et j'espère que l'on me saura quelque gré de leur avoir fait une place.
La mensuration a pris les deux chapitres suivants. Outre quelques indications, que je crois utiles, sur le choix de l'instrument, j'y ai réuni les mêmes documents que pour la pesée, en ce qui touche les pays étrangers; et, de plus, je me suis attaché, mettant à profit mes études anthropologiques, à bien préciser les points de repère, et à discuter leur choix.
La palpation est venue ensuite. Il a fallu d'abord la séparer d'un autre procédé qui s'en rapproche beaucoup, le toucher; puis j'ai tenté de la mélhodiser autant que possible, et en descendant dans tous les détails de sa technique.
Le huitième chapitre, très court, a été réservé au toucher. Cette méthode d'examen, je l'ai dit, en effet, rend moins de services au médecin qu'au chirurgien.
Le chapitre suivant, également peu étendu, contient cependant deux méthodes, qui ont bien leur importance : la succussion et le double choe.
La première est connue depuis longtemps; et il m'a suffi de bien préciser sa technique dans les deux cas où elle . est le plus employée, les maladies du thorax et celles de l'estomac. Quant à la seconde, elle n'avait jamais été décrite ; et, si les signes qui la caractérisent, figurent dans certaines symptomatologies, ils n'avaient jamais pris l'impo.'tance, que je leur ai donnée, celle d'une méthode d'examen. La clinique nous dira, si cette importance est jusiiûée.
Puis est venue la percussion; et c'est elle qui a clos la liste des méthodes générales.
Tout en restant dans les limites que je m'étais imposées dans un manuel, je lui ai donné une étendue en rapport avec son importance ; trois chapitres lui ont été réservés.
On y trouvera la description de quelques procédés. Mais ce qui m'a paru le plus utile, a été de bien préciser sa technique ; et c'est à cette étude qu'a été consacrée une partie du dixième chapitre, et tout le onzième.
Enfin dans le douzième, j'ai cherché à fixer les caractères normaux des diverses régions de l'abdomen, pour qu'on put saisir plus facilement les modifications qu'elles subissent sous les influences pathologiques.
Cette étude m'a ainsi conduit à admettre une division de la paroi abdominale, qui s'éloigne par quelques points de celles que donnent les anatomies de régions. C'est là un inconvénient qui ne m'a pas échappé ; et même qui m'a fait hésifer. Mais la pratique des maladies du foie, de l'estomac et des intestins m'ayant prouvé, de plus en plus, que cet inconvénient était plus que compensé par la facilité que me donnait cette répartition pour l'observation et l'exposition des caractères que révèle là percussion, j'ai fini par l'adopter.
Il mefsemble que mes jeunes confrères, car il ne faut pas oublier que c'est pour eux que j'écris, y trouveront quelques avantages.
Voilà pour les méthodes générales. Passons maintenant aux spéciales.
Le nombre de chapitres qu elles remplissent, indique assez quelle part prépondérante je leur ai faite. Elles en comptent quarante-sept.
Celles qui sont applicables à la cage thoracique nous ont occupé tout d'abord. Elles ont pris vingt-deux cha-
SÉMÉIOLOGIE,
pitres, dans lesquels ont été successivement traitées les méthodes qui rendent compte de la forme extérieure, et celles qui s'adressent directement aux organes pulmonaires.
Les premières sont : la stéthométrte, la stétorjraphie, et U isographie ; et les secondes : \a.spiroméirie, la spirographie, la peuno-dgnamométrie, et l' auscultation.
La stéthométrie remplit le chapitre XIIL On y trouve, outre une technique détaillée, le procédé de V indice qui était peu connu.
La stéthographie a pris le chapitre suivant. C'est un des plus importants. U contient d'abord les procédés graphiques indiqués jusqu'à présent; et., de plus, sous le nom de stéthographie métrique, j'y ai placé la description d'un procédé nouveau, dont je me suis attaché à faire ressortir les avantages.
Puis est venaeVisographie, ne comprenant qu'un procédé, celui de Fourmentin ; mais dont j'ai traité un peu longuement, essayant de faire comprendre l'idée théorique qui lui a donné naissance, et en même temps l'importance qu'il pourrait prendre.
kyecV isographie, se terminent les méthodes s'occupant de l'extérieur de la cage thoracique ; et avec le chapitre XVI commence la longue série de ceux, qui sontconconsacrés à"!' examen des voies respiratoires.
Après avoir donné la définition de la spirométrie en général et sa division, c'est par la spirométrie simple que j'ai commencé.
Outre la description et la technique des instruments les plus employés, j'y ai placé les notions les plus indispensables sur la capacité pulmonaire et sur ses divers éléments, puis leur application à la clinique et cà l'anthropologie.
La spirographie a pris le chapitre XVII; et, quoique son utilité en pathologie se soit encore rarement révélée, j'espère avoir fait pressentir quels services elle pourrait rendre, et aussi avoir donné des indications pratiques suffisantes pour utiliser les divers instruments qu'elle met à notre disposition.
C'est la même pensée qui m'a inspiré, quand j'ai consacré le chapitre XVIII à l'étude de la pneuno-dijnamométrie. C'est là, en effet, une méthode, je crois, trop peu connue ; et qui, dans certains cas, pourra devenir pour le médecin ou le' savant d'une grande utilité.
Ces deux chapitres, ainsi que quelques autres que l'on trouve dans ce manuel, sont une manifestation de la tendance que j'ai eue, d'exposer non seulement les méthodes qui ont une place faite dans la clinique, mais aussi de lui en signaler et lui en faire accepter quelques autres, qui jusqu'àprésent sont restées du domaine de la science pure.
Puis est venue Vauseultation. Comme je l'avais fait pour la percussion, je lui ai réservé un nombre de chapitres en rapport avec son importance. Sans vouloir faire un traité d'auscultation, je me suis attaché à ne rien laisser dans l'ombre, de tout ce qui touche à sa technique ; et, aussi, au point de vue théorique, de tout ce qui pouvait l'éclairer. Tout d'abord, j'ai cherché à lui donner une base scientifique, en réunissant dans le chapitre XIX, le premier qui lui est consacré, les notions d'acoustique qui lui sont le plus souvent applicables ; et je m'en suis immédiatement servi pour établir la principale division des instruments, en solides et aériens.
Dans les chapitres XX, XXI, XXII et XXIII, ont été décrits quelques-uns de ces instruments ; et c'est surtout là que, faisant l'application des notions d'acousliquerésumées dans le chapitre précédent, j'ai discuté soit expérimenta-
lement, soit scientifiquement la valeur de chacun d'eux.
Les appareils micro-téléphoniques, qui ne peuvent manquer de trouver de précieuses applications cliniques plus tard, avec quelques notions préliminaires indispensables à leur intelligence, ont occupé le chapitre XXIII.
Ce n'est qu'après ces quatre chapitres consacrés à l'étude des instruments, que j'ai abordé la technique. Il m'a semblé, qu'en traitant d'une méthode à laquelle le monde médical demande de si fréquentes et si importantes indications, je ne saurais jamais descendre dans trop de détails. Aussi cette technique a-t-elle été, de ma part, l'objet d'une attention toute spéciale.
Mettant à profit les hésitations que je constatais chez les débutants de l'auscultation, leurs erreurs, leur manière défectueusede procéder, j'ai multiplié les indications et les conseils, au-delà peut-être de ce que quelques lecteurs croiront utile.
C'est là une pensée, qui m'est également venue plusieurs foison relisant mon manuscrit; il me semblait que certains conseils étaient inutiles ; et que telle manière de procéder était si naturelle, qu'il était superflu de le dire. Eh bien, toujours la pratique est venue me prouver le contraire. Dans aucune autre partie de latechnique, jene me suis mieux convaincu, qu'il est imprudent de prendre le hasard pour maître; et qu'en technique rien ne se devine. On n'est sùr de la connaître, qu'après l'avoir apprise. Aussi, ne m'a-t-il pas fallu moins de trois chapitres pour résumer toutes ces questions de détails, au milieu desquelles le praticien ne trouvera qu'à glaner, j'en suis convaincu d'avance ; mais dans lesquels, je l'espère du moins, l'élève pourra faire une ample moisson ; et cela pour toute sa carrière.
De même que j'avais fait la topographie de l'abdomen, j'ai cru devoir faire celle de la poitrine. Elle soulève,
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du reste, les mêmes objections ; et ce sont les mêmes avantages qui l'ont emporté.
Les chapitres XXVIII et XXIX contiennent l'étude des bruits normaux et pathologiques, non point en vue de leur signification diagnostique, mais au point de vue de leur mode de formation. Ce sont des études théoriques, qui m'ont paru tout à fait à leur place, après ce que j'avais dit sur l'acoustique, et sur le choix des instruments.
Enfin des chapitres spéciaux, XXX, XXXI, XXXII, XXXIII et XXXIV, ont été consacrés à l'étude de la résonance de la voix, des vibrations thoraciques, dei'auseultationdu larynx, de celle de la trachée et des ôronches; et j'espère qu'au moins la lecture de ces deux derniers ne sera pas sans quelque profit pour le praticien.
Avec le chapitre XXXV, commence l'examen de Vappareil circulatoire.
L'organe central, et le système périphérique ont été tour à tour examinés.
Le chapitre XXXVI contient l'étude des bruits normaux du cœur, leur théorie et l'exposé des rapports de cet organe, rapports qui conduisent naturellement à la question capitale de la détermination de ses foyers.
Fa technique, écrite en tenant compte des notions précédentes et avec tous les détails qu'elle comporte, remplit le chapitre suivant.
Les méthodes graphiques, appliquées aux mouvements du cœur, ont demandé deux chapitres.
Le chapitre XXXVII, a été consacré à une courte revue historique, dans laquelle il faut faire entrer les divers procédés de cardiographie, qui ont conduit au procédé clinique, et le chapitre XXXVIII a été réservé à ce dernier. J'espère que les indications pratiques que j'ai données à son sujet, suffiront pour en permettre l'application,
L'étude du pouls a demandé quatre chapitres.
Le premier a été rempli par la technique du pouls proprement dit; le suivant a compris l'étude de ses divers caractères, et de plus a donné place au pouls veineux rétro-sternal, sur lequel j'ai appelé l'attention, il y a déjà quelques temps ; enfin les deux derniers ont été pris par la sphigmographie, sur laquelle j'ai donné tous les détails pratiques utiles.
C'est dans cette même partie, que sont venus tout naturellement se placer les divers procédés d'examen du sang, dont l'importance, on le sait, s'accroît tous les jours.
Aussi n'ai-je pas hésité à leur faire une large part. Le chapitre XLIII contient une étude du sang normal, élude qui m'a paru indispensable pour apprécier ses modifications, et qui a l'avantage d'avoir été rédigée dans le but exclusif que je poursuis ici. Puis sont venues ses diverses méthodes.
La première a été Vhématiméirie, qui reste la plus importante. Sa technique délicate a demandé deux longs chapitres, XLIV et XLV.
La chromométrie et la fihrinométrie ont formé le XLVI ; et enfin Vhématoscopie, le XLVn ; en tout, cinq chapitres pour l'examen du sang.
La thermométrie, qui, depuis quelques années, a pris une si grande importance en clinique, ne pouvait manquer de fisrurer dans ce manuel.
Quelques noLions générales sur la thermométrie, et les thermomètres m'ont dispensé de descendre à l'étude détaillée de toutes les modifications qu'ont subies les instruments cliniques.
J'ai pu ainsi en venir rapidement à la technique. Je pense l'avoir exposée avec assez de soin, pour bien fixer les jeunes confrères sur les nombreux points qui la con-
cernent. Ils trouveront tous les conseils réunis, aussi méthodiquement que j'ai pu, dans les chapitres XLIX et L, Enfin la dernière partie a été consacrée à Vurologie ; et tout ce qui touche sa technique a été résumé dans neuf chapitres.
Pour cette partie de mon manuel, je l'ai dit, j'ai cru devoir faire appel, aux connaissances spéciales d'un chimiste ; et les procédés de dosage de certains éléments de l'urine, urée, acide urique, chlorures, phosphates, etc., ont été, soit empruntés textuellement à leurs auteurs, soit dus à la plume autorisée de mon ami, M. Timbal-Lagrave, qui a bien voulu les rédiger à cette intention.
Après avoir dans le chapitre LI, donné la composition de l'urine, et exposé la manière dont je comptais traiter ce sujet, j'ai abordé ces diverses parties.
La première à laquelle j'attache une grande importance, a trait à la quantité. A ses côtés se trouve la densité, et aussi le dosage des matières fixes, que la densité et la quantité servent à calculer. C'est là l'objet du chapitre LU.
Le suivant est occupé par le dosage de l'urée et de l'acide urique; puis, sont venus les dosages de l'albumine et la différenciation de ses diverses variétés, le dosage du sucre, des éléments de la bile, des chlorures et des phosphates. C'est à ces dosages, qu'ont été. consacrés les chapitres LUI, LIV, LVetLVI.
Enfin, c'est à l'examen microscopique des urines, qu'ont été employés les trois derniers chapitres, LVII LVIII et
Le premier renferme les renseignements nécessaires pour la détermination des corps cristallins, aussi bien au point de vue de leur forme cristalline que de leurs caractères micro-chimiques ; le second donne la description des principaux éléments histologiques que l'on peut trouver dans l'urine, soit à l'état normal, soit à l'état patho-
logique ; et enfin dans le dernier sont réunis les procédés de recherches de certains corps animés, qui s'y rencontrent sous l'influence de ses altérations ou de la maladie, ferments, bacilles pathogènes, et larves de filaires.
Tel est le manuel que j'offre au jeune public médical, et surtout à celui qui fait son éducation professionnelle. C'est pour ce dernier, en effet, et en visant celte éducation, je l'ai dit plusieurs fois, que je l'ai plus spécialement écrit; c'est un manuel d'éducation, plutôt qu'une œuvre véritablement seientifique .
Ma pensée, en traçant son cadre, a été surtout d'épargner à ce personnel les tâtonnements si fréquents du début, ainsi que les erreurs, qui parfois le découragent, et, ce qui est encore plus important^ de le garder contre des habitudes techniques défectueuses, qui, pendant toute sa carrière, annihileraient une partie de son talent d'observation.
Mais, aussi, on en trouvera la preuve dans maints endroits, j'ai voulu montrer à ce jeune public, qu'à côté des méthodes et procédés qui sont désormais cliniques, il en existe d'autres qui sont tout prêts à le devenir ; et qui, peut-être, n'attendent de lui que quelques modifications légères pour fournir les indications pratiques les plus utiles.
Ce sont là les deux buts, d'importance différente, je le répète en terminant, que j'ai visés ; et je serais heureux, si, par l'accueil qu'il fera à ce manuel, ce jeune public médical voulait bien me laisser croire, que je ne m'en suis pas trop écarté.