‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 152 sur 172 · ÊTRES ANIMES · texte numérisé non relu

ÊTRES ANIMES

Enfin pour compléter ce que j'ai à dire sur l'examen des urines, au point de vue clinique, je vais donner quelques indications sur la présence et la recherche de certains corps animés, tels que celle de quelques terments et bacilles, et enfin celle d'organismes d'un ordre plus élevé, des fllaires.

Ferments de l'urine. — Trois ont été indiqués : deux pour la.fermenlation ammoniacale, et un pour la fermentation alcoohque.

Micro-organismes de la fermentation ammoniacale.— L'urine normale est acide ; et récemment émise elle ne doit contenir aucun micro-organisme. Son examen microscopique peut bien y déceler, nous l'avons vu, quelques cellules épithéliales, et même de rares leucocytes, mais jamais des corps animés; et il en sera ainsi

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tant que celte urine restera à l'abri de toute fermentation. Mais ses caractères cliangent dès qu'elle s'altère ; et la preuve manifeste de cette altération est son passage à l'état ammoniacal.

Dès lors, en effet, des micro-organismes en grand nombre et les plus variés apparaissent; et, avec le temps, on peut voir se développer dans ce liquide toute la série de ceux qui accompagnent la décomposition.

Mais cè ne sont là, pour la plupart, que des infiniment petits, sans caractères spéciaux ; et, s'ils se montraient seuls, la décomposition de l'urine, soumise aux lois de décomposition de tout liquide animal, ne prêterait à aucune considération qui lui soit propre.

Mais, de plus, si l'on examine cette urine dès le début de son altération, et avant qu'elle ne soit franchement ammoniacale, on trouvera toujours un micro-organisme, ayant des caractères spéciaux, qui, par conséquent, semble être particulier à l'urine dans ces conditions ; et auquel Muller et Pasteur ont fait jouer le rôle le plus important dans cette transformation. Pour ces deux savants, en effet, ce micro-organisme ne se montrerait pas seulement dans l'urine, parce qu'elle est ammoniacale ; mais ce serait lui, qui lui donnerait cette réaction : au lieu d'être l'effet, il serait la cauëe.

Le passage de l'urine de l'état acide à l'état ammoniacal est connu, et même expliqué chimiquement depuis longtemps. Il ne s'agit ici, on le sait, que d'un dédoublement de l'urée en carbonate d'ammoniaque par l'addition d'un élément d'eau.

Ce dédoublement est expliqué par ia formule suivante :

CH^ Azï 0 + 0 = COa + 2 Âz C'est là une opération d'ordre purement chimique.

Mais SOUS quelle influence s'opère cette réaction ? Ce serait, je l'ai dit, d'après MuUer et Pasteur, sous l'influence d'une diastase, d'un ferment, qui a reçu le nom de micrococcus urese.

Quoique tout doute n'ait pas disparu à cet égard, certaines objections sérieuses étant faites aux idées de ces savants, il ne me paraît pas moins digne d'intérêt, de connaître l'existence de ces corps organisés ainsi que leurs caractères, et la manière de les constatero

Ce micrococcus, au début, se trouve surtout à la surface du liquide et sur les pourtours du vase ; c'est toujours là, qu'il faudra le chercher, quoique plus tard il puisse envahir toute l'épaisseur du liquide.

Une goutte portée sous le microscope, et examinée avec un grossissement qui ne devra pas être inférieur à 600, permettra de constater, outre différentes autres formes, qui sont communes, je l'ai dit, à toutes les décompositions animales, des cellules de 1 à 2 [j. de diamètre, incolores, réunis au moins deux par deux, et le plus souvent en chaînettes. Ces chaînettes sont toujours courtes et quelquefois même assez enroulées sur elles-mêmes, pour prendre l'aspect de zooglœas.Ce micrococcus peut se cultiver sur la gélatine, l'urine stériUsée et aussi dans des solutions d'urée. Son développement s'arrête lorsque le liquide arrive à une proportion de 10 carbonate d'ammoniaque pour 100.

Ce micrococcus serait donc l'agent de transformation de l'urine en carbonate d'ammoniaque. Or, je dois dire, avant môme que son action ait été bien démontrée, les travaux de Micquel semblent établir, qu'il doit la partager avec un autre infiniment petit contenu dans l'atmosphère.

Il s'agit ici d'un bacille> se présentant sous forme de

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bâtonnets de longueur difTérente, et, contrairement au micrococcus, étant anaérobic.

Son mode de recherche est le même que pour le microeoecus nrœ.

Ces deux micro-organismes jouiraient donc de la même propriété; et le caractère anaérobie du bacille ferait tomber une objection sérieuse faite au micrococcus, celle de son existence dans la vessie, dans laquelle l'accès de l'oxygène est difficile.

Quelque confiance que l'on doive avoir dans l'esprit scientifique des savants que j'ai cités ; j'estime cependant que, vu leur difficulté, ces questions doivent être considérées comme étant encore à l'étude.

Champignon de Vurine sucrée. — Outre les deux formes précédentes, on peut en trouver line troisième qui serait spéciale à l'urine ; mais celle-ci existerait de préférence dans les urines sucrées.

Il s'agit encore ici d'un micrococcus, mais de dimensions plus grandes. Son diamètre varie de 5 à 7 //.. Ses cellules, brillantes et sans noyau sont rondes ou légèrement elliptiques. Elles sont isolées ou disposées en chapelet, et se reproduisent par bourgeonnement.

Sous leur influence, le sucre se dédoublerait en alcool et en acide carbonique.

Ses moyens de recherche sont les mêmes que pour les précédents. C'est également à la surface qu'on le trouve, et un grossissement de 600 suffit. Sa culture aura lieu de préférence dans une urine sucrée, préalablement stérilisée.

Bacilles pathogènes. — Des trois principaux bacilles pathogènes, qui me paraissent mériter une importance clinique, ceux du choléra, de la fièvre typhoïde et de la tuberculose^ le premier n'a été que bien rarement

EXaMEN microscopique des dépots liRlNAlRES 529

cherché clans l'urine; cl, si le second y a été vu par Bouchard, qui a établi sa coexistence avec l'albuminurie, sa constatation dans ce liquide n'a pas encore reçu d'application pratique. Seul donc, le bacille de la tuberculose dont la présence peut, dans certains cas, éclairer un diagnostic douteux, nous arrêtera ici.

Ce n'est, bien entendu, que dans le cas de tuberculose des organes urinaires, et plus rarement, de quelques organes génitaux, que l'on peut compter trouver ce bacille dans les urines. Mais, dans ces conditions, sa constatation peut être d'une grande utilité, en ce sens qu'elle nous fixera sur la nature d'une lésion rénale, vésicale, ou prostatique, tandis que sans cet examen nous aurions été condamnés au doute.

J'emprunte le procédé à employer pour cette recherche, au Manuel elinique de VanaUjse des urines d'Yvon.

« On laisse déposer l'urine dans un vase conique, puis, au moyen d'un tube effilé, on prélève une petite quantité de ce dépôt, que l'on étale sur une lamelle mince et que l'on fait dessécher, soit en l'abandonnant à l'évaporation ■spontanée, soit en l'exposant à une source modérée de chaleur. De toutes manières, une fois le dépôt desséché et bien adhérent, il faut chauffer la lamelle, et la porter à une température suffisante pour coaguler l'albumine, si l'urine en contient.

« La lamelle est alors plongée dans une solution concentrée et aqueuse d'une couleur basique d'aniline, (fuchsine, bleu de méthylène, violet de gentiane), solution alcalinisée avec de l'huile d'aniline. Le contact est prolongé vingt-quatre heures.

« On retire alors la lamelle, et on la plonge dans l'eau de manière à enlever l'excès de matière colorante ; puis on la porte dans un liquide ainsi composé :

SÉMÉIOLOGIE. . „

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Acide azotique ordinaire Eau distillée

1 partie

« Par l'action de l'acide azotique, toute la préparation est décolorée, à l'exception des bacilles de la tuberculose. On lave alors jusqu'à ce que toute réaction acide ait disparu ; et il ne reste plus qu'à conserver la préparation. Pour cela, après l'avoir déshydratée par dessication, on l'éclaircit par l'huile d'oeillet ; et on la conserve dans le baume de Canada.

« On suit également la même marche pour la recherche des bacilles dans les crachats.

« Comme on le voit, le caractère différentiel des bacilles de la tuberculose est très net, Ils retiennent certaines matières colorantes d'aniline avec une énergie telle que la coloration résiste à l'action de l'acide azotique; mais cette fixation ne se fait que lentement : c'est pour cela qu'il faut prolonger le contact pendant vingt-quatre heures.

« Tous les autres bâtonnets se colorent au contraire presque instantanément; mais leur coloration ne résiste pas à l'action de l'acide azotique.

« Lorsqu'on étudie les bacilles de la tuberculose, on peut se dispenser de décolorer la préparation en la lavant à l'acide azotique ; mais alors tous les éléments figurés sont colorés, et il est bien difficile de différencier les bacilles de Koch des autres bactéries qui peuvent se trouver dans la préparation. »

L'emploi des objectifs à immersion est ici presque indispensable. Mais grâce à eux, on pourra voir, de la manière la plus nette, surtout après avoir décoloré la préparation, les bacilles tuberculeux sous forme de petits bâtonnets de 3 à 5 /;i de longueur, sur t^, 3 à 0/*, 5 de largeur, et à peu près cylindriques sur toute leur, longueur.

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES DÉPOTS URINAIRES 531 Leurs extrémités sont arrondies, mais non renflées. Le plus souvent, ils sont légèrement arqués suivant leur longueur, et quelquefois recourbés en crochet à leurs extrémités.

Enfin leur substance paraît tantôt homogène, et tantôt, sans qu'on en connaisse la cause, comme composée par une série de corps placés bout à bout. Avec de très forts grossissements ces divers segments apparaissent encore séparés les uns des autres par des espaces clairs. La véritable signification de cette disposition n'est pas encore connue. Quelle qu'elle soit, du reste, il doit nous suffire ici de la connaître pour l'utiliser dans les cas douteux; cas douteux qui, je le crois, seront rares, si l'on veut bien se rappeler les caractères spéciaux de forme et surtout de coloration, que j'ai indiqués.

Larves de fllaires. — On peut rencontrer dans les urines les larves de deux helminthes : celles du disiomum hematobium, et celles de la Jllaria sanguinis.

Larves du distomum hematobium. — Elles ont été découvertes en Égypte, par Bilharz, en 1851, dans les urines de certains malades atteints d'hématurie. Depuis, elles ont été retrouvées au Gap par Harley dans un cas d'hémato-chylurie, et en Égypte dans la plupart des cas de cystite avec ou sans hématurie par Rayer et Griesinger.

Moquin-Tandon qui a examiné l'adulte a proposé le nom de Thécosome sanguicole.

Ce ne sont que les larves que l'on rencontre dans les urines. Elles vivent dans l'épaisseur de la muqueuse des uretères, delà vessie, du rectum, des vésicules séminales, amsi que dans les exsudats muco-purulents ou sanguins

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qui résultent de l'inflammation vésicale ou de l'hématurie.

Les adultes ont d'autres sièges de pri';dileclion. On les trouve surtout dans la veine porte, dans la veine rénale, et dans les plexus de la vessie et du rectum. Ils ont été ainsi décrits par Moquin-Tandon :

« Le Théeosome sanguicole mâle présente de 7 à 9 millimètres de longueur. Il est mou, lisse et blanctiâtre : sa partie antérieure (tronc) paraît déprimée et lancéolée, un peu convexe en dessus, plane ou concave en dessous; la partie postérieure (queue) est huit ou neuf fois plus longue que le tronc. Tout à fait en avant, dans la région céphalique, se remarque une sorte de cupuie un peu inférieure et à peu près triangulaire. En-dessous du tronc se voit une autre cupule de la même grandeur que la précédente, mais orbiculaire. Ces deux cupules sont finement granuleuses. Le canal alimentaire paraît divisé en deux parties .

« A partir de la cupule de l'abdomen existe une rainure longitudinale {canal gynécophore) dans laquelle se trouve logée la femelle, comme une épée dans son fourreau, montrant la partie céphalique en avant et la queue en arrière, celle-ci libre. Le pore génital mâle est situé entre lai-ainureet l'ejctrémité caudale.

« La femelle est beaucoup plus petite que le mâle, surtout plus grêle, effilée et légèrement transparente. Son corps paraît comme rubané; il n'est pas composé, comme celui du mâle, de deux parties nettement disliuctes; sa queue n'a point de rainure.

<( Je suis tenté de croire, ajoute Moquin-Tandon, qu'on a confondu les sexes, que c'est la femelle qui est beaucoup plus grande que le mâle, et qui porte ce dernier sous son abdomen ? L'existence des deux cupules annonce les rapports de ce genre avec le genre Douve. »

Larve de la filaire du sang. — C'est en cherchant les précédentes, qu'en 1866 Wucherer découvrit à Bahia la larve dont il nous reste à faire l'étude. Depuis elle a été vue par Crévaux aux Antilles (1870), par Lewis à Calcutta (1872), par Vinckel dans le liquide d'une ascite contractée à Surinam (1874), par Venturini à la C.uadéloupe en 1880; et enfin c'est dans celte même colonie que je l'ai retrouvée dans le sang, en 1883.

Ces larves peuvent exister soit dans le sang, soit dans les urines ; et dans ce dernier cas, on rte les a rencontrées que dans les urines chyluriques du hémato-chyluriques.

Je réunis ici la description qu'en ont donnée Crévaux et Venturini ; et j'y joins celle que j'ai faite au moment même de l'observation.

DeseripUon de Crévaux. — La larve de filaire vue dans l'urine par Crévaux, « avait une longueur de 0tn™,265 et une largeur de 0™'°,010. Elle était mince comme un fil : une extrémité obtuse paraissait correspondre à la tête, laquelle portait, près de sa terminaison, un petit point ressembla nt à un amas de granulations plutôt qu'à un orifice. La queue était très effilée, et le corps translucide; des granulalions occupaient toute la longueur de l'animal. Celui-ci très agile, progressait rapidement; et, par des contorsions énergiques/remuait sur les plaques, jusqu'à la dessication de la préparation. »

Description de Venturini. - Il a décrit les larves qu'il a observées en môme temps dans le'sang et l'urine du môme sujet, de la manière suivante :

« Ce sont des larves non sexuées, ayant O'u^.Slâ de longueur et une épaisseur maximum de 0»"",01iO, la tête

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se termine en cône émoussé dont les dimensions sont: base 0'"",0H; une hauteur de 8""",0062 ; sommet0'""',0041.

A partir de la base du cône céphalique, jusqu'au tiers inférieur, le corps est cylindrique, puis il va en s'amincissant de plus en plus pour se terminer en pointe fine. >)

Ce sont là les caractères des larves vues dans l'arme. Mais de plus, je l'ai dit, Venturini a été assez heureux pour voir ces larves dans le sang du môme malade. Or, ces dernières lui ont paru plus courtes, moins transparentes, et ayant une terminaison caudale moins effilée.

A ces deux descriptions, je joins celie des filaires que

j'ai, vues dans le sang. Les urines du malade étaient normales.

La forme de l'animal est allongée comme celle des vers nématoïdes ; sa longueur est de 0™",15 et sa largeur de 0™'", 006 environ, c'est-à-dire Fie. 78. — Pilaire du sang. que sa largeur et sa longueur

sont en moyenne dans la proportion de 1 /2o. Il est presque transparent. Cependant dans sa première moitié, et à peu près à égale distance de ses bords, existe un corps allongé et un peu moins clair dont j'ignore la nature. Après la mort, l'intérieur de l'animal comprend une série de taches très réfringentes comme' des taches de graisse (fig. 78).

L'extrémité céphalique est obtuse ; et le corps de l'animal s'arrondit brusquement, sans présenter de portion effilée. Cette extrémité se termine par un disque très petit d'où semble, sur quelques sujets, partir un œsophage.

Je n'ai jamais constaté de diminution de volume au niveau du col, La queue chez certains sujets s'effile lentement, et chez d'autres au contraire brusquement. On ne trouve ni à la périphérie, ni dans son intérieur la trace d'organes de la génération.

Les mouvements de l'animal sont de deux ordres. Les uns sont des mouvements d'ingurgitation ; ils sont beaucoup moins étendus que les autres. L'animal semble avaler, et le liquide être poussé de l'extrémité céphalique à l'extrémité candelée, par un mouvement vermiculaire. Les autres mouvements sont beaucoup plus étendus. Ils s'opèrent dans le sens horizontal, comme ceux des ophidiens.

Ils sont d'une brusquerie telle que l'examen dé l'animal est difficile. Généralement c'est la queue qui s'agite ; tandis que la tête reste presque immobile, et sert de point d'appui. La queue, au contraire, se plie, et se replie en tous sens, chassant avec une extrême violence les globules qu'elle rencontre. Le plus souvent, je l'ai dit, cette extrémité se termine brusquement ; cependant dans un cas, je l'ai vue être prolongée par un fouet, ayant le tiers de la longueur de l'animal. Ce fouet était simple et plein. Fait sur lequel je conserve encore des doutes, cette extrémité, si effilée, s'est brisée sous mes yeux ; et quelques instants ont suffi pour qu'un filament de même nature existât de nouveau à l'extrémité de lafllaire. Le morceau du fouet détaché est resté dans la préparation et sans mouvement.

D'après les mensurations que j'ai prises, les sujets observés pendant les premiers jours, le 5, le 6, le 7, m'ont paru manifestement plus petits, comme longueur et largeur que ceux que j'ai mesurés plus tard le 11 et le 12. Je joins le dessin à cette description (fig. 78).

Adultes. — Ce n'est que dix ans après la découverte

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des larves, que l'on a pu trouver la filaire adulte. C'est à BancrofL querevient cet honneur.

Bancroft a découvert la filaire adulte dans un abcès l^-mpathique du bras; et depuis elle a été vue quelquefois, entre autres par Lewis de Calcutta en 1877, et la môme année par Arango de Baliia.

La lilaire adulte de Bancroft est une femelle; le mâle n'a pas encore été vu. Quoique cette fdaire à l'état adulte, ainsi que la précédente, vive dans les systèmes sanguins et lymphatiques, et non dans les urines, je crois devoir placer ici sa description, de môme que je l'ai fait pour la précédente.

Il me paraît difficile, en effet, de séparer la description de l'adulte de celle de sa larve.

«Le corps est capillaire, lisse; il a plus ou moins l'épaisseur d'un cheveu, et 8 à 9 centimètres de long ; sa tète est munie d'une bouche circulaire et dépourvue de papilles. Son cou étroit mesure environ le tiers du volume du corps ; sa queue, simple, s'effile brusquement, son vagin est situé près de sa tête, et l'anus touche l'extrémité de la queue.

« Avec un grossissement de oS diamètres, on aperçoit dans l'extrémité céphalique l'œsophage et le vagin, et dans la queue, par transparence, la circonvolution du tube intestinal et la terminaison de ce tube.

«Avec un grossissement de 300 diamètres, l'œuf mûr, qui a la forme d'un ovale, laisse voir, à travers un chorion, l'embryon pelotonné sur lui-même. Ce dernier mesure dans sa longueur 0°"", 01 à 0™™,02 environ. »

Recherche. — Lalarcede f hématoblie n'a été vue que dans l'urine ; et son poids indique assez que c'est dans les parties profondes du dépôt qu'il faut la chercher.

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES DÉPOTS URINAIRES f)37

En outre, ces urines sont le plus souvent chargées de sang en caillots, et c'est dans leur inlérieur qu'on les trouvera le plus souvent. C'est donc sur ces caillots que devra porter l'examen. Ils seront dissociés avec soin dans un verre de montre, dans fort peu de liquide, et ensuite écrasés légèrement entre la lamelle et la lame, mais seulement après avoir été placé sous le microscope, et en suivant le résultat de cette pression qui doit être faite en plusieurs fois.

Un grossissement de 50 à 100 suffit pour la recherche. Les grossissements plus forts ne seront pris que pour l'étude.

La laroe de la fllaire du sang a été trouvée le plus souvent dans les urines et dans le sang.

Pour la rechercher dans le sang, une piqûre est faite sur un point quelconque du corps, le plus souvent à un doigt; et une goutte de sang est ainsi recueillie, et placée entre deux lamelles. La couche de sang ne doit pas être trop épaisse.

L'encellulement n'est pas obligatoire, quand l'examen doit être fait immédiatement. Cependant les mouvements se conservant pendant plusieurs heures et même une journée, je conseille de toujours encelluler la préparation, ne fût-ce que pour pouvoir la conserver plus longtemps.

Beaucoup d'auteurs insistent pour que ces recherches soient faites la nuit. Je pense qu'il ne faut jamais y manquer avant d'affirmer l'absence de filaires. Mais, on doit aussi savoir, que, le plus souvent, on les rencontre dans le sang aussi bien pendant le jour, que pendant la nuit. Chez le malade qui m'a fourni celles que j'ai décrites, et chez lequel je les ai trouvées inopinément, c'est pendant le jour que le premier examen a été fait ; et chez lui, mes re-

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cherches ont été tout aussi fructueuses, le jour que la nuit.

L'examen des urines, dans tous les cas ne saurait exiger cette précaution.

Les larves sont sorties depuis longtemps du torrent circulatoire, quand l'urine est émise ; tout au plus, si l'on voulait tenir compte des habitudes nocturnes de l'animal, pourrait-on espérer le trouver plus facilement dans les urines du matin que dans celles du soir. C'est également dans le dépôt, et dans les caillots, quand il en existe, qu'on les voit le plus souvent.

Les moyens et précautions seront les mêmes que précédemment.

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