CHAPITRE IV
PESÉES (suite)
SoMMAïKE : Applications à l'anatomie palliologiqne ; — Appréciations; — Conclusion.
Anatomie pathologique. — Enfin, le troisième cas dans lequel la balance soit utile au médecin, c'est celui des recherches d'anatomie pathologique, soit qu'elles aient lieu dans les autopsies, soit qu'elles viennent seulement compléter des observations cliniques, comme après l'enlèvement d'une tumeur.
Dans ce cas, la balance qui convient le mieux est celle à suspension inférieure de Roberval ou de Déranger. Elle doit être sensible à 1 gramme près et pouvoir peser facilement 5 kilogrammes. Les cas, en effet, dans lesquels nous avons à peser des organes qui dépassent ce poids sont rares. Si une grande précision était nécessaire, c'est le cas de rappeler qu'on peut toujours, de même que dans les cas précédents, employer la méthode de la double pesée.
Pour toutes les pièces anatomiques, et tout particulièrement pour le cœur, le foie, il est important de les débarrasser autant que possible du sang qu'elles contiennent ; c'est là une cause d'erreur fréquente dans les autopsies. Pour le cerveau, il faut le débarrasser de la dure-mère, et
aussi avoir soin de laisser échapper le liquide que contiennenl les ventricules. Enfin, il faut isoler tout organe à peser des parties environnantes qui ne lui appartiennent pas en propre, mais qui souvent sont séparées du cadavre en même temps que lui. Le cœur, par exemple, sera séparé des troncs artériels qui en partent ; les poumons, dé la trachée ; et les divers néoplasmes des tissus sains qui souvent sont enlevés avec eux.
Plus l'organe pesé est léger, et plus il faut redoubler d'attention. Dans ces cas, il faut avant chaque pesée vérifier l'exactitude de la balance ; et la ramener, si elle laisse à désirer, avec de la grenaille de plomb ou de tout autre manière. Ai-je besoin de dire qu'il faudrait tenir compte du poids de tout corps ayant servi à envelopper l'organe, tt ayant été placé avec lui sur les plateaux de la balance ?
Mais, on ne peut se le dissimuler, le poids des organes ainsi pris, quelque exactement qu'il l'ait été, laisse subsister une lacune. Ce qu'il nous importerait surtout de connaître, c'est le poids proportionnel de l'organe au poids total du corps. Comment, en effet, comparer le foie d'un homme qui pèse 55 kil. avec celui d'un homme qui en pèse 70 ? Ce qui est important, je le répète, c'est le poids proportionnel. Malheureusement, ces renseignements nous manquent pour l'état normal. Celui qui comblerait cette lacune rendrait un véritable service à la science, en donnant une base solide à cette partie des examens cadavériques.
Je crois être utile en réunissant ici le poids des princicipaux organes à l'état normal.
Coeur. — D'après Bouillaud, le poids de cet organe, à l'état normal, serait de ^oO à 280 grammes chez l'adulte de 20 à 30 ans. Pour Sappey, à qui j'emprunte ces chiffres, le poids moyen de quatorze sujets de 2o à 40 ans, aurait
été de 266 grammes. Celui de l'homme l'emporterait sur celui de la femme de 40 gr. environ.
Voilà pour l'état normal. Pour l'état pathologique, d'après Bouillaud, il pourrait descendre à 1 35 grammes et s'élever jusqu'à 188 gr.
Encéphale. — Le poids de l'encéphale, d'après Broca et Wagner' est le suivant :