RÈGLES GÉNÉRALES
de repère. Mieux que tous les autres, en eiïct, il nous fixera sur la marche de raiïeclion, surtout s'il s'agit d'une affection à marche lente. Mais, ici, je dois mettre en garde contre une pratique courante ; c'est de prendre comme point de repère des particularités appartenant aux parties molles et surtout aux téguments Ce sont surtout l'ombilic et les mamelons que j'ai en vue. Or, outre que ces points sont très variables selon les personnes, leur situation peut être modifiée par la cause même de la maladie. Dire, par exemple, que la malité hépatique commence à 4 centimètres des mamelons, ce n'est rien dire à l'esprit. La personne dont il s'agit peut porter les mamelons très haut ou très bas. Il en serait de même à propos de l'ombilic. Il faut donc renoncer complètement aux points de repère donnés parles parties molles, et ne choisir que ceux fournis par le squelette. On dira donc que la matilé hépatique remonte jusqu'au 7«, 6« ou 5" espace intercostal, et que la matité vésicale ou utérine remonte à b centimètres au-dessus de l'arcade du pubis
Enfin, avant de terminer, deux autres causes d'erreur demandent à être signalées. La première est l'habitude que l'on avait prise de compter par travers de doigts. Il me suffira, je pense, d'attirer l'attention sur cette manière de procéder pour la faire rejeter. A quoi donc correspond un travers de doigt ? Ce langage, qui a disparu même dans les arts les moins rigoureux, ne saurait être maintenu dans la science médicale.
C'est donc par centimètres que l'on comptera. Mais ce n'est pas seulement pour apprécier la distance qui sépare le point de repère de la limite de la partie malade qu'il faudra apporter cette précision scientifique. Je ne la recommande pas moins quand il s'agira de mesurer l'étendue
de celte région dans les divers sens. S'agil-il, par exemple, d'une malilé hépatique : on dira que la hauteur de cette malité est de 10, 11, 12 centimètres. C'est là vraiment peut-être l'indication la plus importante; et si à cette première donnée nous joignons celle du point précis où elle a été prise nous aurons écarté toute chance d'erreur.
Ce second point est très important. Celte matité hépatique, en effet, variant sur les divers points de l'hémithorax, se contenter de dire qu'elle a 10 ou 11 centimètres, c'est donc être incomplet. Pour ne pas l'être, il faut ajouter, par exemple : prise à 6 ou 8 centimètres du bord sternal. A ceUe condition, je le répète, la dimension donnée en centimètres est l'indication qui permet le mieux les termes de comparaison.
Même en adoptant les points de repère osseux, dans certains cas, ils ne pourront nous servir que pour la même personne. J'ai surtout en vue, en ce moment, les arcs costaux. Ceux-ci, en effet, affectent des dispositions bien différentes selon les diverses personnes. La partie inférieure du thorax est aplatie chez les uns, élargie chez les autres; et les espaces intercostaux reçoivent de ces dispositions différentes les dimensions les plus variables. On pourrait donc admettre, si l'on prenait les arcs costaux comme terme de comparaison, qu'un foie est diminué de volume parce qu'il n'atteindrait qu'un tel espace intercostal, quoiqu'il fût normal, les arcs costaux, chez les personnes dont il s'agit, étant plus espacés.
Les points de repère osseux, offrant des garanties suffisantes pour apprécier des variations de volume chez la même personne, seront donc avantageusement complétés par les dimensions traduites en centimètres, quand il s'agira d'une appréciation plus générale, comme de comparer une personne à une autre.