CHAPITRE XVIII
SPIROMÉTRIE (suite)
Sommaire. Paeumo-dynamométrip. : Historique; — Définition; — Appareil; — Procédé; — Applicalioa.
Aperçu général sur les procédés spirométriques.
PNBUM0-DYNA.M0MBTR1E
Historique. — La. pneumo-dynamométrie, de même quela spirographie, esl de date récente. Lespremiers essais, en etTet.ne remontent qu'à 1844. Ils furent faits parValentin de Berne, qui, le premier, eut l'idée d'appliquer le manomètre à la mesure de la respiration. Mais, cette constatation faite, il faut reconnaître que c'est à mon distingué collègue, le D'" Maréchal^ médecin principal de la Marine, que re- •vient le mérite d'avoir le premier fait entrer cette idée dans la voie de la pratique, en construisant son pnéomètre.
Les expériences de Maréchal sur cette question furent faites de 1865 à 1867, pendant qu'il était médecin-major du vaisseau-canonnier, et furent publiées en juin 1868. Son instrument n'a pas été modifié depuis.
DÉFINITION. — La pneumo-dynamométrie, je l'ai dit, a pour but de mesurer l'effort développé par les muscles inspirateurs et expirateurs. Négligeant, en partie la quantité d'air qui pénètre dans le poumon d'une part, et aussi la manière dont s'accomplissent les deux temps de la respiration, la pneumo-dynamométrie ne s'occupe que de la force développée pendant ces deux temps. Comme on le
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voit, son champ d'éludé, de môme que celui des deux m6lliodes précédentes, est facile à délimiter. La pneumodynamométrie dépend évidemment de la spirométrie , mais elle est absolument distincte de ses autres méthodes; elle a son domaine propre.
Elle a aussi son utilité spéciale ; et aucune condition
FiG. 17. — Appareil de Maruclial.
n'est plus propre à la faire ressortir que celle dans laquelle Maréchal L'.a employée.
Ce savant confrère de la Marine, embarqué en 186o, comme médecin-major de l'école dos canoniiiers, voulut se rendre compte de la modification que subissent ces hommes vigoureux, sous l'influence de renlraînemcnt
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auquel ils sont soumis, et aussi déterminep quelles étaient les conditions nécessaires pour qu'un organisme pût suffire au travail que demande cette rude école. Après avoir passé en revue un certain nombre de condi-
F;g. 18, — Appareil de Maréchal.
lions de laille,de périmètre et de diamètre Ihoraciques, de dynamométric et môme de spirométrie, Maréchal chercha à mesurer la force des muscles inspirateurs et expirateurs, qui, en somme, sont les muscles du thorax ; et c'est aux prises avec ces difficultés théoriques et pratiques, qu'après
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unesérie de lâtonnemenls, il finit par s'arrêter au modèle répondant assez à ses intentions pour qu'il n'ait pas eu à le modifier depuis.
Instrument. — La pièce capitale de l'appareil de Maréchal est représentée par un tube manométrique figurant une circonférence presque complète (fig. 18), et communiquant par sa partie supérieure avec un embout dans lequel se font l'inspiration et l'expiration, selon que l'on veut apprécier l'un ou l'autre de ces deux temps de la respiration (fig. 19). On sait, en effet, que les tubes métalliques s'ouvrent, quand la pression intérieure est supérieure à l'extérieure ; et qu'au contraire, leur courbure augmente quand cette pression extérieure devient supérieure à l'intérieure.
Cette propriété des tubes métalliques étant connue, on •doit prévoir que l'expiration augmentera la pression intérieure, et que l'inspiration la diminuera ; ce qui se traduira par un-éloignement ou un rapprochement des deux ■extrémités du tube. Rien ne sera plus facile, dès lors, que d'adapter des aiguilles indicatrices à ces extrémités, pour rendre ces petits mouvements plus sensibles, et nous permettre même de les mesurer.
C'est là l'idée la plus simple de l'appareil de Maréchal. Mais, réduit à cette simplicité, il eût trop laissé à désirer •dans la pratique; et l'auteur a dû, le principe restant le même, joindre à son appareil certains perfectionnements indispensables.
Tel qu'il l'a fait connaître dans les archives de médecine navale, il se compose :
i° D'un tube manométrique courbe (fig. 18);
2° D'un système d'aiguilles fixées aux extrémités de cette courbe (fig. 18) et venant imprimer un mouvementé d'autres aiguilles qui se meuvent sur un cadran;
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3° De ces aiguilles indicatrices (flg. 17);
4° Et d'un cadran gradué (flg. 17).
Les aiguilles sont au nombre de [roh : deux folles, dites à maxima, et l'autre, la véritable aiguille indicatrice. L'une de ces aiguilles à maxima sert pour l'inspiration, et l'autre pour l'expiration. Le cadran est gradué dans les deux sens, pour l'expiration d'un côté et pour l'inspiration de l'autre ; un point de repère marque le zéro, et empêche tout mouvement des aiguilles en sens opposé à celui pour lequel est disposé l'appareil ;
5° D'un appareil régulateur constitué par un cylindre en cuivre (fig. 19) ;
C'est dans ce cylindre qu'arrive la colonne aérienne venant de ['embout, s'il s'agit de mesurer l'expiration, et du tube manométrique, s'il s'agit de l'inspiration. Deux robinets et deux soupapes permettent de disposer l'appareil pour l'une ou l'autre de ces deux expériences ;
6° D'un embout en poixelaine (fig. 19) s'adaptant exactement sur les lèvres, et permettant de faire les efforts d'inspiration et d'expiration, en évitant toute communication avec l'air extérieur ;
7° De tube en caoutchouc de différents calibres, pour réunir ces diverses pièces entre elles (fig 19) ;
8° D'un support en planches portant trois montants : l'un pour la boîte à cadran, qwi abrite le tube manométrique, un autre pour recevoir le cylindre régulateur, et enfin un troisième pour supporter l'embout (flg. 19).
Procédé. — Pour se servir de l'instrument, les aiguilles et les robinets sont d'abord disposés pour l'inspiration ou l'expiration, suivant les indications que porte l'appareil lui-même.
S'il- s'agit de l'inspiration, l'aiguille sera placée de ce
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côté, en même temps qu'une des aiguilles à maxima, en lai-sant le point de repère du côlé de l'expiralion. Puis,
faisant d'abord une forte expiration, le sujet fippliquera hermétiquement l'embout sur ses lèvres, et fer.i la plus
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large inspiration possible. On vprra alors i'aiguillc indicatrice se cléplac3r en entraînant avec elle l'aiguille maxima ; puis revenir brusquement au zéro, en laissant l'aiguille muxima au point culminant de sa course. C'est cette aiguille maxima qui nous permettra de lire sur le cadran le nombre de degrés auquel équivaut l'effort développé.
L'appareil a été construit de telle manière que chaque degré correspond à une pression d'un centimètre de mercure.
Pour mesurer l'expiration, les robinets sont renversés; l'aiguille passe de l'autre côté du point de repère; une aiguille maxima est mise avec elle; et le sujet fait la plus grande expiration possible, après avoir fait une forte inspiration. La seconde aiguille à maxima nous donnera l'effort produit.
Il faut, pour chaque sujet, prendre l'effort de l'inspiration et de l'expiration. Gomme pour le spiromètre de Boudin, j j'engage à faire faire trois expériences, précédées d'un es5 ai. Après chacune d'elles, les aiguilles sont ramenées au zéro.
Applications. — D'une manière à peu près constante, l'effort développé pendant l'expiration, est plus considérable que celui développé pendant l'inspiration. Maréchal les estime dans le rapport de 2 à 3.
Cet effort est variable avec les sujets; et, des expériences de Maréchal, il ressort ce fait important que l'effort ainsi produit n'est pas forcément en rapport avec la capacité pulmonaire. On peut donc trouver des muscles inspirateurs et expiraleurs vigoureux avec une capacité pulmonaire relativement faible, et réciproquement.
Cet effort doit ôtre au moins de 60 degrés pour l'expiration, et de 20 pour l'inspiration. Tout résultat pnéométrique
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au-dessus de ces chiffres doit, dit Maréchal, éveiller des soupçons.
La véritable utilité de la pneumo-dynamomélrie se trouve dans les cas analogues à celui dans lequel Maréchal l'a employée.
La physiologie et la pathologie expérimentale pourront lui demander également de précieuses indications. Quant à la clinique, elle ne l'a pas encore beaucoup utilisée. Mais, je pense qu'il faut s'en prendre surtout au manque d'un instrument assez simple pour être portatif. Celui de Maréchal ne laisse rien à désirer pour le laboratoire, ou' une salle de clinique ; il pourrait à la rigueur figurer dans un cabinet de consultation; mais je ne crois pas que jusqu'à présent on puisse étendre davantage son emploi.
Appréciation des procédés spirométriques. — Là s'arrête ce que j'avais à dire sur les procédés spirométriques. Gomme je l'ai annoncé en commençant, ils sont loin d'avoir acquis en clinique l'importance de la stéthographie; mais cependant, ce qui précède doit suffire, je pense, pour prouver qu'ils sont encore dignes de notre attention. Quelques-uns de ces procédés sont déjà des procédés cliniques ; mais, de plus, j'espère que de nombreux autres le deviendront, et cela avec de sérieux avantages. De ce nombre sont surtout ceux qui ont pour but de donner le graphique de la respiration. Beaucoup de procédés dont nous nous servons tous les jours, n'ont été d'abord que des procédés de laboratoire; il a suffi de les simplifier, pour qu'ils franchissent le seuil de nos hôpitaux, et qu'ils nous rendent les plus grands services. Or, je ne crois pas que les difficultés que présentent ces transformations soient au-dessus de l'esprit inventif du corps médical. 11 lui suffira d'en comprendre l'utilité et de vouloir.