‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 70 sur 172 · INSTRUMENTS DE RENFORCEMENT · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS DE RENFORCEMENT

dans un espace plus large, les vibrations aériennes deviennent sonores. C'est de cette loi d'acoustique que sont partis tous ceux qui ont cherché à augmenter les bruits par les caisses de résonnance. Le principe est de placer sur le parcours de la colonne aérienne un espace plus large. Cet espace, ou caisse de résonnance, a été disposé .par les uns près du collecteur, et par les autres, au contraire, à l'autre extrémité, dans le plateau. Tel est l'instrument du D"- Gestin.

Le principe d'acoustique que je viens de citer, se vérifie ici dans toute son exactitude; et tout élargissement passager du tube stéthoscopique renforce les bruits.

Mais, je dois le dire, on se tromperait, si on croyait que ce renforcement soit considérable; il est très atténué par les conditions acoustiques dans lesquelles se trouve la -colonne aérienne elle-même. Au lieu de se déplacer libres ment et avec force, elle constitue, je l'ai dit, un espace clos. La résonnance est ainsi considérablement diminuée. On pourra s'en convaincre en comparant un instrument à caisse de résonnance avec un autre de même forme extérieure, mais n'en possédant pas. Or, qu'il s'agisse du murmure vésiculaire ou des battements du cœur, on constatera que la différence est peu sensible.

Enfin, si l'on compare entre eux plusieurs stéthoscopes à résonnance et de divers modèles, on se convainci'à que ce n'est pas de la dimension de la caisse de résonnance que dépend l'augmentation d'intensité de la transmission, mais de la facilité avec laquelle les parois de cette cavité entrent en vibration, qualité qui dépend surtout de l'épaisseur de ses parois et de la légèreté du bois.

De là ressort ce fait important, que les instruments à caisse de résonnance doivent être construits en bois léger, et n'avoir que des parois minces. A ces deux conditions.

je crois que l'intensité des bruits sera augmentée, sans que toutefois cette augmentation, je le ré[jète, soit toujours bien sensible.

Mais cette augmentation de l'intensité des bruits admise, une autre question se présente: est-elle bien avantageuse? Tout d'abord, je l'avoue, cette question pourrait surprendre. Il semble, en effet, comme je le disais eu com-' mençant l'élude des instruments de renforcement, que la valeur diagnostique d'un bruit ressortira d'autant plus nette que ce bruit sera plus fort.

Mais d'autres conditions se présentent qui doivent entrer en ligne de compte.

Je crois trouver peu de contradicleiirs en établissant que les cas les plus difficiles de rauscultation se trouvent dans l'examen du cœur. Or, d'où vient la difficulté dans ces cas ? Il est rare que ce soit le manque d'intensité. Ce qui crée la difficulté est la précipitation de ces bruits : à ce point que souvent pour diminuer cette précipitation, et seulement pour facililer l'auscultation, nous avons recours à la digitale. Or, comment les caisses de résonnance augmentent-elles les bruits? Il ne faut pas l'oublier: elles ne les augmentent qu'en les prolongeant. Faites entrer en -vibration les branches d'un diapason, tenez-le à la main et à 30 centimètres de votre oreille; et vous pourrez percevoir ses vibrations pendant sept à huit seconrios seulenïent. Puis, recommencez l'expérience, et, cette fois, placez le pied de votre diapason sur une caisse de résonnance (j'ai fait l'expérience avoc un simple cristallisoir), le bruit s'entendra plus fort, mais il sera également falalement prolongé ; sa durée atteindra quinze secondes^ c'est-à-dire qu'elle sera presque doublée. Si donc l'inlensité est plus considérable; ci, si en cela les

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