INSTRUMENTS DE RENFORCEMENT
reçue dans ce conduit'. J'en donnerai les raisons plus tard.
2° Longueur de l'instrument. — Laënnec avait adopté une longueur de 33 centimètres ; c'était la longueur qu'avait le cahier de papier, qui, roulé, lui servit de premier stéthoscope ; et depuis il l'a conservée pour son instrument en bois. Cependant, les expériences faites par C. Paul l'ont conduit à donner la préférence pour les stéthoscopes solides à une longueur de 23 centimètres. Pour ce qui me concerne, j'ai fait, en 1873, une série d'essais avec des cylindres de sapin et de poirier, de même diamètre et de longueurs inégales; mais à moins de grands écarts, il m'a été difficile de me faire une opinion. Entre 10 centimètres et 40, les résultats m'ont paru les mêmes ; ou, ce qui traduit mieux le sens de mes expériences, les résultats ont été variables. Mais je dois dire, qu'à cette époque, je n'avais pas pris la précaution de choisir comme terme de comparaison un bruit sûrement uniforme, comme le tic-tac d'une montre. II me reste donc quelques doutes à cet égard.
Cependant, je ne crois pas que la différence soit bien grande de ce chef, entre les instruments sur lesquels notre choix pourrait porter, leur longueur variant, en effet, entre 18 et 12. Dans ces limites, je le répète, les différences ne me paraissent pas devoir être sensibles.
On s'accorderait même assez généralement, et C. Paul est de cet avis, à considérer les instruments courts comme préférables pour l'auscultation du fœtus; et c'est là un fait à retenir, celte auscultation présentant dans les premiers mois où les bruits sont entendus de sérieuses difficultés.
1 II est bien entendu que le collecteur doit avoir un calibre égal à celui du lube.
L'avantage resterait donc ici aux instruments courts.
L'influence de la longueur, si elle existe, doit donc rester à l'étude.
S'il s'agissait de tubes rigides, en nous en tenant aux lois de l'acoustique sur la transmission des sons dans ces tubes, il nous paraîtrait difficile que l'on pût établir une différence due à leur longueur. Nous savons, en effet, que les sons se transmettent dans ces tubes, sur un parcours de plusieurs centaines de mètres, sans diminution sensible. Mais pour les tubes élastiques^ quoique se faisant encore assez bien, la transmission des bruits est loin d'être aussi parfaite. C'est ainsi que, d'après mes expériences, l'auscultation deviendrait difficile avec un tube de 2 mètres. Mais, c'est là une longueur, on le voit, qui trouvera rarement son application dans la clinique; et pour celles qu'elle utilise, variant de 30 à 60 centimètres, on peut considérer l'influence de la longueur comme nulle.
3° Substance composant l'instrument. — Il est peu de substances, ne fut-ce que dans un but d'expérience, qui n'aient été essayées. C'est ainsi que C. Paul a fait faire un stétboscope plein en caoutchouc ; et que j'en ai expérimenté en plomb, en fer et en plâtre, etc.
Laënnec, nous le savons, se servit d'abord d'un stéthoscope en papier; et on peut facilement se convaincre qu'un instrument ainsi composé transmet les bruits avec une intensité suffisante. Roulez une main de papier en la serrant autant que possible, appliquez une montre à une extrémité de ce rouleau, placez votre oreille à l'autre ; et vous serez étonné de l'intensité du tic-tac.
Les métaux pleins ne donnent que de mauvais résultats. L'étain et le plomb transmettent mal les bruits; le fer
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les transmet mieux, mais ccpendanl avec moins d'intensité que ne semble le faire espérer sa densité. En somme, la transmission des bruits est loin d'être proportionnelle, soit à la densité, soit à la dureté des corps. C'est là un fait à retenir. Mais certains métaux creux résonnent mieux; et quelques praticiens anglais leur ont donné la préférence.
Le verre plein transmet mal les sons, mais le verre creux •est meilleur conducteur. Pour s'en convaincre, il suffira d'ausculter avec une éprouvette, ou môme un verre, eti ayant soin de mettre l'ouverture sur la poitrine ou sur la montre qui sert de terme de comparaison; eL l'on pourrk -s'assurer que chacun de ces objets suppléerait à la riguèur •un stéthoscope ordinaire. i
Enfin, tous les bois ont été essayés. Pour ce qnime coh-cerne, en 1876, pendant que j'étais à la Guyane, j'ai ' fait tourner des stéthoscopes eu bois les plus divers, telsque'le wacapou, l'ébène, le bois de fer, etc. Or pour ces bois, comme pour les métaux, j'ai pu faire les mêmes observations : que la transmission des bruits n'est pas en rapport avec la densité ; au contraire, elle m'a paru plutôl se faire en sens inverse. Sans que celte loi soit absolument exacte, les bois les plus légers étaient, en général, les meilleurs conducteurs.
Ceux auxquels, après de nombreux essais, on a généralement donné la préférence, sont ceux d'acacia, de sapin et de poirier. ■ '
4° Corps vibrants interposés dans la colonne aérienne. — C'est là une idée séduisante, en effet; et ainsi s'expliquent les nombreuses tentatives qui ont élé faites dans ce sens. Les moyens ont varié ; et en ce qui me concerne, je l'ai dit, j'ai expérimenté des cordes de violon, des
SÉMÉIOLOCIE. S
•membranes en baudruclie, en caoutchouc, et enfin, des ,lames mélalliques.
, Sur un stéthoscope divisé en deux parties, et se réunissant par un tenon, comme l'instrument de Laënnec, j'ai .'disposé des cordes de violon, des crins de Florence de dififérents calibres, et cela, je dois le dire, sans résultat. Puis, je me suis adressé aux membranes; et successivement j'ai essayé celles de baudruche et de caoutchouc. Les jdeux ont été tendues et placées de telle manière que la cojlonne d'air fût interceptée d'une manière complète, ou bien 'parfois elles ont été percées d'un ou de plusieurs orifices ; ■les. résultats n'ont pas été plus heureux. Enfin, j'ai fait ■saillir dans l'intérieur des tubes des petites lames métalliques pouvant entrer en vibrations à la moindre impul- -sion, et cette fois encore sans que le son en fût augmenté. .:' C'ést, qu'en effet, si tous ces corps placés dans desconiditions analogues à celles que je réalisais dans mes essais, peuvent entrer en vibration, ils ne le font que sous l'in- -fluence du déplacement d'une colonne d'air ; et ici ce déplacement manque. L'air contenu dans le tube du stéthoscope est un espace clos. 11 entre bien en vibration pour transmettre le son, mais il ne se déplace pas. C'est ainsi, je crois, que doivent s'expliquer mes insuccès, et ceux de mes devanciers. Quand nous faisons vibrer la -riieinbrane d'un mirliton, qu'on me permette cet exemple, -nous projetons de l'air sur sa .membrane, et nous mettons ainsi son élasticité en jeu. Or, on ne saurait comparer ce déplacement violent avec celui insaississable, qui se passe ,dans l'intérieur du stéthoscope sous l'influence des vibra-' -tions de la poitrine.
. 5" Caisses de résonnance. — Nous savons que toutes :l.es fois qu'une colonne aérienne passe d'un espace étroit