VII. — LIPOTHYMIE ET SYNCOPE
La lipoih\mie et la syncope sont deux états voisins, il n'y a qu'une différence de degré.
La lipothymie est l'afl'aiblissement de l'énergie de contraction du mvocarde.
Le malade éprouve une sensation de défaillance.
Les battements du cœur sont faibles ; le pouls estpetit, ondulant \ il peut y avoir liyper ou hypotension.
La sf/nrope est la suppression des battements du
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cœur. La durée d'une syncope, non mortelle, est forcément très courte. .
Le changement de pression, poussé à Textrême, dans le sens de Taugmentation ou de la diminution, semble être la cause déterminante de la syncope. Aussi retrouvons-nous la syncope dans des états très variés : fièvre typhoïde, insuffisance aortique, variole, douleurs vives, émotions..., maladies s'aceompagnant de changements de pression dans Fappareil circulatoire (Voy. Palpitafions).
Les changements brusques de pression ont aussi leur répercussion sur l'appareil respiratoire, et produisent souvent de l'œdème aigu du poumon. C'est ainsi qu'après une décompression trop rapide des poumons, dans l'opération de la thoracentèse, le malade peut avoir de l'œdème du poumon et une syncope, parfois mortelle.
Les autres signes, qui accompagnent la syncope, sont les tintements d'oreille, les troubles visuels, la pâleur de la face, les sueurs, les nausées, une sensation d'aft'aiblissement général, etc.
VIN. — ASYSTOLIE
D'après l'étymologie, le mot est mal choisi, car la privation de systole ce serait la mort.
Par osystolie, il faut entendre l'ensemble des troubles qui frappent l'organisme, lorsque la contraction de la libre musculaire tend à se supprimer.
Dans certains cas, une hypotension, très marquée, suHit à elle seule à entraver la contraction de la fibre cardiaque. C'est ce qui se produit à la suite d'une fatigue excessive, d'un surnuMienient. Le cœur est forcé . L'appareil nerveux de défense circulatoire devient insuffisant.
Cet épuisement de la fibre cardiaque, non lésée, peut encore résulter de la gêne mécanique produite par des adhérences (symphyse cardiaque), par des obstacles accumulés à la périphérie (dénutrition et défaut de résistance des petits vaisseaux, œdèmes, congestions des organes...).
Mais le plus souvent, dans ces cas, la fibre cardiaque est en même temps atteinte de dégénérescence^ autre cause de son mauvais fonctionnement.
Cette dégénérescence, primitive ou secondaire, du myocarde est l'aboutissant plus ou moins rapide de toutes les maladies du cœur (Voy. Examen du cœur^ troubles de compensation) ; elle peut aussi être produite par des maladies qui retentissent, d'une façon spéciale, sur l'appareil circulatoire (maladies du poumon, mal de Bright...).
En résumé, nous dirons qu'il existe :
1° Une asystolie, sans lésion du myocarde, par hypotension excessive ou g^nt mécanique de la contraction cardiaque, d'où résulte ["épuisement de la fibre cardiaque (phénomène très fréquent d'après Dieulafoy).
2° Une asystolie par dégénérescence du myocarde (épuisement et dégénérescence coexistent souvent dans la production de l'asystolie).
Examen du pouls artériel dans l'asystolie, — 11 existe le plus souvent une tachycardie marquée. Le pouls est petit, faible ; l'hypotension est très notable. V arythmie se manifeste dans toutes ses modalités : inégalité, irrégularité, intermittences. Le punis peut être bigéminé, tri géminé.
Examen du cœur dans l asystolie. — Cet examen est impossible dans les formes graves d'asystolie. Lorsque l'auscultation est possible, on peut. constater
DRS PALPITATIONS, les modiiicatioDS multiples que nous avons décrites au sujet de l'examen du cœur.
Nous termineroDs par un tabienu d'ensemble d'un asystolique, à une période avancée :
Le malade, atteint d'asystolie, est assis dans un Tauteuil, appuyé sur des oreillers. Il évite le moindre effort. Le séjour au Ut est généralement impossible. Il ne peut dormir, car pendant le sommeil, il se produit une dilatation passive du cœur. Les quelques somnolences qui surviennent sont entremêlées de rêves et d'angoisses inexprimables.
La face est pâle, couverte de sueurs; les lèvres et les oreilles sont cyanosêes. Les paupières sont bouffies par l'œdème. Les membres inférieurs, les parties génitales, le ventre sont œdématiés et l'œdème tend a gagner les parties supérieures. Les mains sont froides, cyanosêes. La respiration est dyspnéique, par suite de la congestion et de l'œdème pulmonaires. L'asphjTtie est menaçante.
Tous les organes sont congestionnés et cette congestion frappe principalement les reins; les urines sont rares et sédimenteuses.
Le traitement de l'asystolie consiste surtout à diminuer la tension veineuse, à alléger le cœur, qui est souvent plus épuisé que dégénéré (Dieulafoy).
Les remèdes, destinés à lutter directement contre l'hypotension artérielle (toni-cardiaques, digitale en particulier) sont d'une utilité très grande, mais doivent Hre maniés avec circonspection.