‹ Manuel de sémiologie médicaleChapitre 40 sur 113 · VIII. — EXAMEN DES CRACHATS · texte numérisé non relu

VIII. — EXAMEN DES CRACHATS

Toutes les matières, rejetées des voies respiratoires à la suite de la toux, constituent les crachats.

Le médecin doit toujours faire recueillir les crachats des malades, dans des vases spéciaux, afin d'en faire Texamen macroscopique, et dans certains cas l'examen microscopique et bactériologique.

Les enfants ne crachent pas, mais, par le lavage de l'estomac, il est possible de se procurer les crachats déglutis, en vue d'une analyse bactériologique en parliculicr : procédé de Meimier ).

A. FixAMKN MACROSCOPIQUE. — i** Quantité, — Elle peut être très abondante dans le cas de caverne, de gangrène pulmonaire...

Elle peut être considérable en cas de vomique.

On appelle ainsi l'expectoration brusque, d'un seul coup, avec effort de vomissement, d'une grande quantité de liquide généralement purulent, provenant de l'appareil respiratoire (pleurésie purulente, abcès du poumon...), ou d'un organe voisin (abcès du foie, abcès* périnéphrétique...).

L'exï)ecfcoration est surtout abondante le matin, au réveil, dans la généralité des cas.

2° Coulrur. — La présence du sang, et par consé- (pient d'héinoglobine, plini ou moins nwdi/lée, donne

EXAHE.N DES CHACEIATS.

des teintes yariables auv crachats (teinte rouge vif, teinte rouillée, teiiile bnme trè'i foncée ou couleur jus de pruneaux).

Dans la pneumonie, oompliquée d'ictère, les crachats ont une teinte \erte. Cette couleur peut tenir aussi au

Ïdi'veloppeiuent de champignons, transportt'S au moyen ^escrachoii-s mal nettoyés.

Dans l'antlimcose, des particules de charbon donnent ail aspect noir aux expectorations.

3° Consistance. — Le mucus et ta fibrine, en Torte

quantité, rendent les crachats collants, adhérents au

\ vase. Dans la congestion pulmonaire, l'expectoration

Wst gommeuse. Les crachats rouilles de la pneumonie

t visqueux.

\''Odeur. — Dans la gangrène pulmonaire, certaines ;bronchites, les crachats sont félidés, d'odeur repons-

D'après les éléments essentiels qui entrent dans leur j>eonstttution, les crachats ont été classés de la façon (suivante :

4° Crachats iHU</ueitx. — Composés presque exclntivement d'eau et de mucine. Celle-ci se précipite, sous j de flocons et filaments, pur l'addilion d'acide tcétiqueou d'alcool.

Les crachats muqueux, visqueux et transparents, existent en cas d'inllammation de la muqueuse bron- (broncliile aifjuè, tuberculose au début, me, etc.).

Crachat purulent. — Ressemble au pus des îs. (Voy. Voiiiit/ue.)

' Crachat miivo-iniriilenl . — Formé d'un mélange e mucus et de ptis, ce crachai se rencontre dans un rand nombre de cas. Lorsque les masses purulentes

i32 EXAMEN DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.

ont une consistance médiocre, elles forment, an fond du vase, des amas en forme de pièce de monnaie {crachats nummulaires) ; cet aspect se rencontre surtout en cas de cavernes pulmonaires.

4° Crachat sanguinolent. — La teinte est variable, avons-nous dit, suivant la teneur en sang.

Le crdichdii hémoptoïque, teinté de sang, se rencontre dans la tuberculose au début, dans la pneumonie... Il existe aussi chez certains cardiopathes (rétrécissement mitral pur) et peut faire croire à une tuberculose à son début.

La teinte rouillée des crachats pneumoniques est due à la présence du sang (Voy. plus loin : Hémoptysie).

5° Crachat séreux. — Il ressemble à du blanc d'œuf, battu en neige. Le liquide spumeux provient de la transsudation des vaisseaux du poumon (œdème pulmonaire). Il est souvent strié de sang.

Couches formées par les crachats. — En cas d'expectoration séro-muco-purulente, les crachats placés dans un verre, suivant le procédé de Traube, se divisent en trois couches qui sont, de bas en haut : une couche purulente ; une couche séreuse, de consistance sirupeuse ; une couche muqueuse, spumeuse, d'un vert jaunâtre avec des filaments allongés descendant vers la couche moyenne.

B. Examen microscopique. — Les éléments constitutifs des crachats sont extrêmement nombreux; les uns sont normaux, les autres pathologiques. C'est ainsi qu'on constate, à l'état normal, la présence d'épithéliums, provenant des différents points de l'arbre respiratoire, des globules blancs, de la mucine, etc.

Seuls les éléments pathologiques ont une valeur séméiologique; nous citerons les principaux. Il est à

EXAMEN DBS CRAGDATS. 133

remari|uer ijiie certains sont visibles à l'ivil un ou à la Im.pe.

1° Moules bronchiques. — Dans ia pneumonie, ils sont constitués surtout par de la fibrine el des leucocytes. Dans la diphtérie, ils sont souvent canaliculés et constitués surtout par de la fibrine et des cellules ëpithéliales dégénérées. Ils présentent les caractères des Tausses membranes diphtériques.

Dans la bronchite pseutto-membraneuse chronique, ils sont transparents, souvent canaliculés et constitués surtout par de la mucine et des leucocytes.

2° Fibres élaslif/ues. — Traitées par la potasse caustique (solution à ^0 p. 100), ces fibres se distinguent par leur double contour. Elles existent dans tous les processus destructifs (tuberculose, abcès du poumon) Dans la gangrène pulmonaire, ces éléments sont dissous par un Terment.

3° Spirales bronchiques. — Filaments visqueux, enroulés en tire-bonchons, se dissolvant dans la potasse et probablement composés de mucine. Les spirales bronebiques entrent dans la composition des crachais perlés (astbmeV

4° Lambeaux de parenchyme pulmonaire (abcès, gangrène du poumon).

5" Masses néoplasîques. d'une grande valeur pour le diagnostic.

6° Crislatix. — iJe composition variable (hémoptysie : cristaux d'bématoîdine ; gangrène : cristaux d'acide margarique, etc.).

Dans les crachats des asthmatiques, on trouve les cristaux de Charcol-Leyden, a forme de doubles pyramides très aiguës, très réfringents, de composition niat connue.

13i EXAME.N DK L'Al'PAHEIL IIESPIUATOTIŒ.

C. Examen BACTÉBiOLOGiouË. — Il comprend les exaaiens sur lanielles, avec l'emploi de divers colorants, les culturcs sur difr^.rents milieux et les inoculations à certains animaux Nous renvoyons aux traités spéeiaux pour la techDic|ue de ces recherches ; nous ne décrirons que le mode de recherflie du bacille de la tuberculose.

Il faut satrir qu'à i'état normal, les crachats contiennent nn gianil nombre de microbes, provenant des diir(.rents points de l'arbre respiratoire, et aussi des civitesbuctale et nasale.

RFCHtBCHE Dl BACILLE DE KOIM DANS LES CHACUATS.

1° Éiraser entre deux lames une parcelle consistante du produit a exauimer et lï'tiiler en coiiclie mince, au centre de la lame

f Laissri setlier sponlan^inent.

J° l'ner en passinl '.i Cois la lame dans la flamme

bleue du bei' Bunsen.

}f i" Recouvrir la prépara-

^ " lion de fuchsine de Ziehl,

^ ■" ^ chauffer la lame en la te-

*' -r nant bien horizontalement

* ' ■=■ à 10 centimètres de la veil-

V ' - ~ ' â leuse du bec Bunsen, jus-

' ..'-'-. - (|ua émission des pre-

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