‹ Manuel de sémiologie médicaleChapitre 42 sur 113 · DE LA DYSPNÉE · texte numérisé non relu

DE LA DYSPNÉE

W Lîirespiriitiiiii normale est aisée ; à l'état paLbologiijiic, elle devient pénible ou encore elle s'accélère, et l'on dit alors qu'il y a dyspnée.

La dyspnée est inspira/oirc dans la sténose des voies supérieures ; expirataire surtout dans l'emphysème, l'astbme, la bronchite; elle se produit aux deux temps non seulement dans de nombreuses maladies du poumon, mais aussi dans les maladies du cœur {dyspnée ou asthme cardiaque, qui n'est rieu moins que de l'asthme), dans les maladies du rein {dyxpnée iirémigue), etc.

La dyspnée n'a donc par elle-même aucune valeur séméiologique; elle n'eu a que par l'ensemble des troubles morbides au milieu desquels elle se produit .

La dyspnée exagérée ou orlhopnée (station assise ou debnut du maladcj s'accompagne de cornage et de

'(Ii/e(Voy. É'xffffien'/'f/H/'ynj'J.Toustesumsclesinspi-

^^VIffeCVoy.

136 EXAMEiN DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.

rateurs et expirateiirs supplémentaires entrent en jeu (inspirateurs : sterno-mastoïdien, grand et petit dentelé, scalènes, grand et petit pectoral, extenseurs de la colonne vertébrale, dilatateurs du nez, de la bouche, de la glotte ; — expiratcurs : muscles de la ceinture abdominale, carrés des lombes, fléchisseurs de la colonne vertébrale.. J.

Il existe des formes spéciales de dyspnée ; nous décrirons les principales :

Respiration de Cheyne-Slokes. — Les mouvements respiratoires sont d'abord superficiels et espacés, puis ils augmentent de force et de rapidité; le phénomène inverse se produit ensuite. A ce moment Ton a une période d'apnée (à, privatif; tcveVv, respirer), sorte de mort apparente, dont la durée est variable (de quelques secondes à viiigl, quarante secondes et plus). Il s'agit par conséquent d'une dyspnée périodique.

Cette respiration se rencontre dans rurémie, dans certaines lésions cérébrales, par exemple dans l'artériosclérose, au début, el surtout dans ce cas pendant le sommeil.

Respiration de Knsmaul. — Elle se fait suivant un rythme à quatre temps ; une inspiration brusque et profonde, une pause, une expiration brusque, une pause. C'est une respiration dissociée. Le nombre des respirations par minute est augmenté, malgré les périodes d'apnée.

Celto respiration dyspnéique se rencontre surtout dans le co?na diabétique. Elle est d'un pronostic jirave.

Remarque. — Les respirations de Cheyne-Stokes et (le Kusmaul peuvent se rencontrer indifféremment dans l'urémie fnml de Hright^ et le coma diabétique, et ne

DE L'ASPQYSIE.

constituent pas un signe certain de diagnostic ililtcrcntiel entre ces deux états pathologiques.

Respiration expiratrice de Bouchut. — C'est le type normal renversé. La respiration commence par uuebrusqiie expiration, aiissilôtsuivie d'une inspiration; ta pause a lieu après l'inspiration, au lieu de se produire après l'expiration. Ce genre de dyspnée s'observe cliez les enfants atteints de bronclio-pneumoiùe.

^■r X. - DE L'ASPHYXIE

D'après rélymoiogie, le mot asphyxie voudrait dire, absence de pouls. En réalité, c'est Varrêl de l'hématose, avec les troubles qui en résultent. Les causes capables de produire l'asphyxie sont par conséquent nombreuses.

Asphyxie awue. — Le ^a.\Xeai su ffaque ; il porte la main à son con. comme pour enlever l'obstacle qui lempéclie de respirer. La face est cyanosée (aspbyxie bleue de la face), les jugulaires battent violemment.

Si l'asphyvie fait des progrès, la pupille se dilate, les convulsions apparaissent, le patient laisse échapper involontairement les urines et les fèces. Puis survient la résolution musculaire, avecanesthésie généralisée. Quelques convulsions réapparaissent au moment de la mort.

Cette aspbyxie aigiiè est celle qui se produit eu cas de strangulation, submersion, pendaison (la syncope intervient souvent, en plus de la privation de l'air).

Elle peut être le résultat d'un obstacle mécanique, empêchant l'entrée de l'air dans les poumons : corps étrangei's des voies respiratoires (aliments par exemple}, sténose ou tumeurs du larynx, œdème de la glotte,

^^^. elc,

i38 EXAMEN DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.

Elle peut être d'origine toxique (gaz délétères : oxyde de carbone, hydrogène sulfuré, chloroforme...). Dans le cas de gaz irrespirables, les personnes qui pénètrent dans le local, où s'est produit Taccident, sont atteintes à leur tour.

AsHYXiE LENTE. — Ellcrésulted'une affcction chrouiquc du cœur ou des poumons.

Dans le premier cas, le tableau est celui que nous avons décrit dans Tasystolie. Dans le deuxième cas, la cyanose est moins prononcée, la figure est plutôt rougeàtre; les œdèmes sont plus tardifs.

Il est à remarquer que les deux causes peuvent se superposer; c'est ainsi que dans les maladies du poumon, le cœur droit est presque toujours forcée lorsqu'apparaît Tasphyxie. Et c'est pour cela que, dans les maladies du poumon, on doit surveiller étroitement le fonctionnement du cœur.

Au lieu d'asphyxie lente, on peut dans certaines maladies du poumon voir survenir de l'asphyxie aiguë (bronchite capillaire, œdème aigu du poumon, granulie aiguë...).

Asphyxie d'origine encéphalique. — Le centre de la respiration est atteint : épilepsie, congestion cérébrale, certaines maladies infectieuses comme le choléra, certaines intoxications (strychnine par exemple...).

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