XI. - DE L'HÉMOPTYSIE
L'hémoptysie est le crachement de sang, avec expulsion plus ou moins brusque et par effort de toux.
L'hémoptysie n'est qu'un symptôme, (|ui n'a par luimême aucune valeur séméiologique. Ce rejet de sang peut en effet résulter :
DE L'IiaMOPTYSIE.
1° Du |)a)isageanui'iu»l, dans les vuies respiraloiies, de sang extravasé sur un point plus nu moins éloigné des Vf lies i'espiratoires( nez, bouche, pliaiynit, œsophage, cstomai', anévrysuie «le voisinage...). C'est ainsi ijue dans les Totlcs hêmatémëses (rejet du saûg se trouvant , dans l'eslouiac), une partie du sang peut passer anormalement dans les voies respiratoires.
En cas de rnjiture d'un anévrysme dans les voies respira tuire s, l'hémoptysie est foudroyante et généralement morlelle.
i* De la présence d'une tumeur siégeant dans les voies respiratoires supérieures (cancer du larynx.,.).
3° D'une lésion des vaisseaux desbronches(bronchor ragie), ou des vaisseaux du parenchyme pulmonaire (pneumorragie).
Cette complexité des cas prouve que la véritable •ause d'une hémoptysie ne peut être connue ijne par Teiameu détaillé de tous les organes.
It est donc peu important de demander au malade s'il a Tait des etrorts de toux ou de vomissement, au moment du rejet de sang par la bouche, puisque même en cas de réponse précise (ce qui est rare), le diagnostic étiolologique n'est pas déiinitivement tranché.
L'examen du sang rejeté peut, dans certains cas, être
' utileau diagnostic; lorsque le sang rejeté purouplnsou
moins mélangé aux crachats, cotitient le bacille de
Koch, le diagnostic de tubercubise s'impose. Lorsque
' le sang est acide, contient du suc gastrique, il existe
I des présomptions en faveur d'une maladie locale de
II l'estomac ; nous disons des présomptions, parce que le \ sang a pu être simplement dégluti.
HÉUOPTYSIKS CONSÉCUTIVRS AUX BHONCHOHRAGIKS et *LiX
[ mmiuoRBAGiES. — Ces hémoplysies sont les plus
i40 EXAMEN DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
fréquentes. L'aspect du sang rejeté ne peut renseigner, d'une façon précise, sur l'origine de Thémorragie. Cependant, le sang rouge vermeil, mousseux, provient le plus souvent d'un vaisseau bronchique. Le rejet de sang noir est habituellement le résultat d'une lésion, primitive ou secondaire, des vaisseaux du parenchyme. Toutefois, les exceptions sont assez nombreuses : du sang provenant d'une bronche peut séjourner dans les voies respiratoires, et par ce fait être rejeté sous forme de sang noir. En cas à" infarctus pulmonaire volumineux, le sang rejeté peut être rouge.
Il n'y a donc pas lieu de tabler sur les caractères macroscopiques de l'hémoptysie, pour établir un diagnostic précis^ seule la recherche de tous les signes peut permettre ce diagnostic.
Causes principales des bronchorragies. — Des hémoptysies peuvent succéder à des traumatismes, à des efforts, à un refroidissement.
Chez les hystériques, des hétnoptysies périodiques suppléweîitaires semblent pouv\)ir exister; mais dans bien des cas, l'on se trouve en présence de personnes atteintes de tuberculose.
Les hémoptysies tuberculeuses sont de toutes les hémoptysies les plus importantes à connaître. Elles peuvent se produire dès la première période de la maladie et précéder les signes physiques nets [hémoptysies jirétuberculeuses). Elles sont souvent abondantes mais pas foudroyantes. Le sang est rejeté pur, il est de couleur rouge et mousseux (type classique de r hémoptysie), ou est mélangé aux crachats, en plus ou moins grande quantité (stries sanglantes). Après une hémoptysie abondante, le malade rend pendant un certain tomps des caillots de sang noirâtre. Dans ces