V. — Examen des matière» fCcales
Ce que nous venons de dire des signes fonclionnels, ^•'disrrhée et constipation, nous montre l'importance de ^ 'ejEamen des matières Técales, non seulement chex les t'malades atteints d'une afrection de l'abdomen, mais Pcbez presque tous les malades.
De même qu'on doit systématiquement se renseigner l^ur la Tonction uriiiaire, on doit toujours examiner, au I ntoins lie ritiu, les garde-rohes des malades.
L Ezamen macroscopique. — Le nouveau-né I reeddu méconium, qui a l'aspect de savon noir.
Les renseignements porteront sur le nombre des sel- ■Ifls en vingt-quatre heures, sur leur çHfln^jVc', leur conï'^lXancp, leiir/'o/v«e(scybaIes ; selles rubannées dans les
rétrécissements de l'intestin), leur couleur et leur aspect général.
A, CouLEUB ET ASPECT GÉNÉHAL. — Les eiifants ont souvent des selles vertes, qui sont dues soit a de la biliverdine (une goutte d'acide nitrique nitreux sur le linge souillé augmente la coloration verte, qui passe ensuite au violet et rose), soit à des produits inicrohien» (diarrhée verte). Dans ce dernier cas, la réaction précédente n'existe pas, la teinte verte disparait.
Dans certains cas d'ictère, les selles sont plus ou lUDÎas décolorées et graisseuses ( Voy. Ictère).
Certains médicaments colorent les selles : le bismuth, le Ter les colorent en noir ; le calomel en brun verdAtre par Tormation de sulfure de mercure.
Vasjieet noir des seUes est dit le plus souvent à la présence de sang, qui provient d'un point quelconque du tube digeslif et n'a pas été expulsé immédiatement (mplœnn). Ces bémorragies se rencontrent dans certaines maladies de l'estomac (ulcère, cancer...!, dans des maladies infectieuses (fièvre jaune, ictère grave, fièvre typhoïde...).
La couleur rouge clair (sangl existe dans tes liémorroïdes, la dijsi'nterie. Dans cette dernière maladie, lorsque le sang n'e.viste qu'en petite quantité, la couleur et l'aspectsnnt extrêmement variables et en rapport également avec les autres éléments que contiennent les selles (bile, mucosités...).
Dans le typhus abdominal, l'aspect des selles rappelle la purée dépôts.
Dans le cboléra asiatique, l'aspect particulier des selles leur ont fait donner le nom de risi formes ou fromentoîdes (Koch).
B. Autres éléments anohmaux. — Les matières fécalfes .
EXiMEN DES MATIÈRES FÉCALES. 213
peuvent contenir iraiilresùli-meuts iinorinaii.v que ceux prÉcéiieiiiment citts. Nous ne parlcruiis que des principaux,
1° Miicosilés. — C'est ce que le malade appelle couimim^inent de Ja graisse.
^Dans le catarrhe du gros intestin, les matières sont rabéex de mucus.
Dans rintlammation de l'intestin grêle, le mélange est intime (aspect de grains de sagoii).
Dans rintlammation du duodénum, les mucosités &m\i bilifuses.
Dans ladysenterie les mucosités ^oaittangtiinnl entes.
Les mucosités, mélangées à des épithéliums et autres éléments variés, prennent dans certains cas la forme de tubes. On dirait des membranes (entérite pseudomembraneuse).
t° Pus. — On trouve du pus dans les matières fécales dans un certain nombre de maladies : dans la dysenterie (ulcérations), en cas de kyste suppuré, d'appendicite compliquée...
L'e\ainen microscopitgue sera quelquefois nécessaire pour s'assurer de la présence du pus.
3° Cairuls. — ils proviennent du foie ou de l'intestin. Pour les recueillir, les selles doivent être passées à travers un tamis tin, sous un lilet d'eau
\° J'nritsites intestiunnx. — Llielmintliiase est fré- ((uente chez les enfants, clie/ les adultes habitant certaines contrées i>u exerçant des professions spéciales (ankyloslomiase des mineurs i.
II. Examen microscopique. — La flore microbienne est iimomhrable au niveau du tube digestif et en particulier de l'intestin. Certains microbes qui existent à l'état noi-mal ne deviennent virulents que sous
certaines influences ; d'autres sont pathogènes et proviennent de Textérieur.
La constatation du bacille du choléra, de la tuberculose, de la fièvre typhoïde (gélo-réaction), etc., est quelquefois indispensable, et dans tous les cas toujours importante pour le diagnostic.
(Nous renvoyons aux traités spéciaux pour le détail de ces recherches bactériologiques.)
EXAMEN DU PANCREAS
Le pancréas esl peu aeeessihie n l'exHinen physi(|iic. L'examen de cet organe par la palpation profonde se I fait entre l'omhilic et Tappendiee xiphoïde.
Ea dilatant arlilieiellement l'estomac, on reToule en I BiTiëre les tumeurs du paiirréas; ce signe a peu de , valeur, attendu que les tumeurs de la paroi postérieure f de l'estomac subissent le même mouvement d'i'loi- I gnement.
Examen fonctionnei.. — 1° Le suc pancréatique digère llles matières albuminoïdes en milieu alcalin.
Procédé de Srhinidl. — Le malade absorbe des I petits cubes de viande enveloppés dans de la gaze. Si l le pancréas est sain, la viande est digérée.
Chez les sujets atteints d'une lésion pas trop , avancée du pancréas la dissociation de la graisse en acides gras et en glyrérinc est très active.
Procédé de Cnrnmidge. — L'urine des pancréatiques H.'Oontieat une quantité anormale de gtyct^rine puisée par [le rein dans le sang circulant.
Cette glycérine est transformée en glycérose par un
«cide minéral (azotique, sulfuriqiie...). La présence de
Me ftlycërose est ensuite décelée par l'apparition des
cristaux microscopiques que donne ce corps avec la
ifaéDylhydrazine.
Remarque. — Cette recherche n'implique pas que
iu\ pancréatiques sont perméables, que le suc
pancréatique est versé dans Tintestin. Les expériences de Lombroso ont en effet prouvé que le pancréas détermine dans l'organisme un état particulier, par suite duquel les corps gras sont abondamment absorbés, alors même que les canaux excréteurs ont été liés.
Cette perméabilité peut être appréciée par le procédé suivant :
Épreuve de Sahli, — On fait absorber au malade 1 gramme de salol, qui se dédouble dans Tintestin, sous Vinlluence du suc pancréatique^ en acide salicylique et acide phénique. On recherche Tacide salicvliquedans les urines.
L'imperméabilité rénale est une cause d'erreur qu'on doit éliminer préalablement par l'épreuve di|,t)leu de méthylène (Voy. Examen des reins). , ,,.
Là sécrétion intermittente du suc pancréatique peut fausser l'épreuve de Sahli. On devra donc répéter plusieurs fois l'expérience.
3° Les lésions chroniques du pancréas s'accompagnent fréquemment de diabète. Ces lésions chroniques du pancréas coexistent souvent avec des affections hépatiques.
Donc la présence de glycose dans les urines (Voy. Analyse des urines) est un signe de présomption en faveur d'une pancréatite primitive ou secondaire.
4° Les lésions très avancées du pancréas, en supprimant presque complètement la dissociation et l'absorption des graisses, s'accompagnent d'un amaigrissement très ra}i\de du malade.
5° Le canal cholédoque peut être comprimé par une tumeur de la tête du pancréas, il en résulte un ictère chronique plus ou moins fort. Dans certains cas, où le
canal côtoie seulement le pancréas (situation anatomique variable) Tictère fait défaut.
6" La coloration bronzée de la peau, Vabaence d'indican dans les urines (Eichhorst) doivent être prises en considération.
Palasne de Ghampeaux. Va
Anatomie. — Les reins sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale ; ils ont une hauteur de 10 à 12 centimètres Leur extrémité supérieure répond à la douzième vertèbre dorsale, Tinférieure répond au bord supérieur de la troisième vertèbre lombaire. Le rein droit est situé un peu plus bas que le gauche, à cause du foie qu'il touche en haut ; le rein gauche touche la rate à sa partie supérieure.
La distance entre les bords externes des reins et la ligne des apophyses épineuses ne dépasse pas 9 centimètres, d'après Récamier. Cette limite externe, projetée sur la face antérieure du corps, correspond à peu près au bord externe du muscle droit de Tabdomen.
La face antérieure des reins, tapissée par le péritoine, est en grande partie recouverte par les côlons ascendant (à droite) et descendant (à gauche). Donc en cas de tumeur, le gros intestin refoulé d'arrière en avant^ fera bourrelet devant le rein augmenté de volume.
L — Inspection de la rég^ion rénale.
On examine la région rénale en se plaçant devant le malade, puis en arrière et sur le côté.
Par devant, le malade étant couché, on peut voir une saillie plus ou moins prononcée du côté du flanc ou de la région ombilicale.
- Palpatlon des reinH.
EXAMEN DBS REINS. 219
Le malade étant «ieboul (examen par côté ou en (rière), on peut constater que la conrhiire normale de ta région est remplacée par une surface bombée (par exemple dans le cas d'abcès périnéphrétique).
L'inspection permet de se rendre compte de l'état de
Ils peau (rungeur, œdèiiie...!.
1 La pfil/m/ion bimanuelle (procédé de Trousseau) est la méttiode de choix.
Le malade étant dans le décubitus dorsal, reposant bien â plat, les jambes allongées et molles (Guyon, Récamieri. doit se laisser aller, comme s'il dormait. Une main est placée en arrière, dans l'angle coslo-musculaire (au niveau du triangle de Jean-Louis Petit). On appuie avec l'extrémité des doigts, tout en laissant la main immobile.
L'autre main palpe profondément en avant. Les deux mains vont à la rencontre l'une de l'autre. Cette exploration doit se faire en mesure, r'est-à-dire suivre exactement les mouvements respiratoires et ne gagner du terrain que pendant l'expiration (Guyoni.
La ilijiileur /iroeoi/uée, sa disparition ou sa continuation après un moment de pression, spu imniintiQti» seront notées avec soin.
La consistance, la forme, le volume du rein peuvent être appréciés avec une certaine précision par cette palpation binninuelle.
Le rein mobile, saisi entre les <leu\ mains, peut s'échapper et donner la sensation du noyau de cerise i|ui fuit entre les doigts ^Glénard).
La recherche du ballottement rénal (Guyon) par des
220 EXAXeX DE L'APPaBEIL GÈSlTÙ-KUJiklAE.
p^'tite^ secous*^e>. iiaprimées par la main placée en 2Lmi;re. est iodi^^pen^able pour bien délimiter le rein.
lU. — Percossion des reins.
La percussion n'acquiert de l'importance qu'en cas de déplacements ou de tumeurs des reins.
Lorsque le rein est en ectopie. l'intestin prend sa place, et la matité rénale est remplacée souvent par de la sonorité t^mpanique.
Dans toutes les tumeurs du rein on constate un agrandissement de la zone de matité. Toutes ces néoformations sont situées derrière le côlon, et si l'on a eu soin de vider préalablement l'intestin, il existe une bande de sonorité t^mpanique qui traverse l'aire de la matité.