IV. — Signes Tonctlonnels
A. Faciès. — Les malades atteints d'une maladie de l'abdomen, en général, ont un masque bien particulier dénommé faciès abdominal.
Dans la péritonite, l'occlusion intestinale, certains cas d'appendicite avec péritonite septiiiue, le faciès est dit f/rippé ou /lippocrntique : figure amaigrie, nez erfilé, yeux excavés, regard atone; nne douleur vive est peinle stur la face du malade.
Le faciès est d'une pâleur extrême et exprime une vive angoisse, en cas de coliqnes nùpbrétinue on bépati([ue.
B. Attitude. — Dans certaines maladies abdominales, le corps est pelotonné, les couvertures étant écartées ou relevées (péritonite aiguè...). Dans la colique de plomb, le malade est couché sur le ventre,
es poings crispés sur la région douloureuse; une pression large diminue la douleur.
Certains malades, atteints de péritonite chronique, adoptent le déiiihitus abdominal, prétendant moins souffrir et mieux respirer dans cette position.
C. Des coliques. — Les coliijues sont des douleurs abdominales revenant par accès et graduellement croissantes. L'intestin est leur siège babituel. Elles sont permanentes ou passagères et débutent brusquement ou lentement.
Pour avoir la valeur séméiologique des douleurs abdominales, il faut s'enquérir de leur nature, du
modieiit de leur apparition, de leur durée, de leur siège. Ces doiileni-s peuvent être gënérnlixées à tout l'abdomen ou hcafiséi-s, avec ou sans irradiations.
Nousciterons(iueiquese\em|)Ies : dans l'appendicite, avuns-noiis dil précédemment, la douleur est surtout forte au point de Mac Burney;
Dans la dysenterie, elle siège principalement autour (le l'ombilic ;
La Tièvre typhoïde s'accompagne d'une douleur de la fosse iliaque droite avec gargouillements :
La péritonite aiguë s'accompagne d'une douleur extrêmement vive; la péritonite rlironique est souvent à peu près indolore ;
Les névralgies des parois abdominales, suivant le trajet d'un nerf, sont fréquentes dans l'hystérie ; le rlmmatisme peut frapper les parois museulaires de l'abdomen ; ■Le tabès donne des douleurs fulgurantes.
Nous avons cité plus haut les signes qui accompagnent les coliques de plomb, les coliques hépatique el néphrétique.
D. De la CODBtipatioa. — On dit qu'il y a constipation, lorsque les matières fécales sont très dures (îcyhales], qu'elles sont évacuées fUriîcilement ou retenues dans l'intestin. Il existe souvent des alternatives de flux diarrhêique et d'expulsion de scybales.
La fréquence des évacuations varie suivant chaque individu, la constipation est donc un symptôme relatif, "
Pour que les matières fécales puissent circuler libre^ '■ ment, it faut que le canal intestinal soit libre, que les parois intestinales aient une contractililé et une sentibilité normales, que ces matières soient imprégnées de bile et de mucus.
Si ces conditions ne sont pas remplies, la constipation est possible. Les causes principales sont donc : ^1 i" Occlusion intestihale. qui peut être produite par ^^^ uAe disposition pathologique de l'intestin (étranglement, ^^^ invagination, coudure, hernies étranglées...) ; pf" des tumeurs de l'intestin ou des organes voisins (celles-ci agissant par compression de voisinage) ; par des calculs biliaires ou intestinaux, des corps étrangers, de la copt^stase, des vers intestinaux, etc.
Si l'occlusion est complète, la constipation est absolue. De plus, dans te cas, le malade ne rend plus rj itucttn gas par le rectum (signe important pour le diag- ^tonostic).
B^V 30 TaOlTBLES Dl^ C0^rRM',TIUTË ET DE SENSIBILITÉ. — LcS
spasmes ou l'atonie des muscles de l'intestin ou de la paroi se rencontrenlctiez les lijsléri(|Hes, les vieillards, les aliénés, dans la méningite, la colique de ploml),
Idaits les hernies même non étranglées, etc.
Dans cerlainos maladies du cervenu et de la moelle, ^ns les maladies adynamiques, dans la convalescence fie ces maladies, l'anesthésie de la muqueuse coexiste peuvent avec le défaut de contractilîté.
LaicanstipaCion me'dicamcnteiise (opium, morpliine) R la même origine.
La parésie peut marcher de pair avec l'hjperesthésie générale tic l'abdomen. Les malades atteints de péritonite, d'appendicite ne vont pas à la garde-robe, parce qu'ils ont de la parésie intestinale et que le moindre effort est douloureux.
Le shoi'k nerveux qui suit les grandes opérations. le séjour prolongi- au lit produiront égnlemenl de la constipation.
~° DmnuTioN DE LA BILE ET DU MUCUS. — Ciiez cer-
lains h^paliques, la consLipation est rréigiiêitte, ainsi que chez les fébricHants chez lesquels le mucus sécrété pur l'intestin est peu abondant.
Nous venons de voir que des maladies très diverses peuvent causer de la constipation, mais il importe de retenir que réciproquement la rétention, mùme partielle, des matières fécales peut être le point de départ d'états morbides variés, pour lesquels l'étiologie rationnelle échappe n priori.
Bien souvent des troubles gastriques ou utérins, des états migraineux ou neurasthéniques, des symptômes d'occlusionintestiuale.etc., ne relèvent que de la constipation.
Chez les nouveau-nés, la constipation est très fréquente. La rétention du méconium et les rermentations consécutives se rencontrent chez 25 pour 100 de ces petits malades (Joukovsky).
Chez les enlants plus âgés, la constipation peut résulter de ïoub/i d'aller à (n nèfle.
Une fièvre à 3!)" ou 40^ par auto-intoxication, des éruptions diverses peuvent être le résultat d'une constipation plus ou moins opiniâtre.
E.De la diarrhée. — Beaucoup d'entérites s'accompagnent de diarrhée, mais entérite et diarrhée ne sont pas deux termes synonymes ; on a trop de tendance à les employer l'un pour l'autre indilTé rem ment (on a" même appelé diarrhée de Cochincliine une forme spéciale de dysenterie).
La diarrhée est un trouble non p/ili-f/mnsifjue de l'intestin (Trousseau, Dieulafoy).
La consistance plus ou moins molle des selles n'est pas un élément suffisant d'appréciation pour permettre de dire qu'il y a diarrhée ; les nouveau-nés, par exemple,
. EXAMEN DES UATIfiRES FSULBS.
oui <les selles pAteuses, sans avoir de la (iiarrlii?e. Il faut qu'il existe un trouble sécrétoire, un véritable fîitœ intestinal.
i" DiARHHéE NERVEUSE. — Le fjToid, Une émotion vi\e, certaines maladies comme le tabès, le goitre exophtalmique sont des causes de diarrhée.
2° Dmrbhék par irritation. — J/ingestion de certains aliments, de (.-ertaines boissons, des troubles du Toie, du pancréas... produisent ce genre de diarrhée.
3° DiAnnHÉE paiv infection. — De très nombreuses
maladies s'accompagnent d'infections intestinales et
consécutivement de tlux diarrhéique, contenant du
L mucus, du sang, de la bile, des aliments plus ou moins
rdigérés, etc. (dysenterie, fièvre typhoïde, choléra, uré-
nie...).
L'étude de ces diarrhées infectieuses est du domaine
[de la pathologie interne.