HISTOIRE DU SCEAU
Le sceau, en grec copiyiq, en latin anulus, au moyen âge siffnum, sigillum ou bulla, est un objet généralelement lenticulaire, de métal ou de cire quelquefois recouvert de papier, appliqué ou suspendu à un écrit public ou privé, et qui témoigne de l'approbation ou tout au moins de la participation de celui dont il porte l'image, l'emblème ou le nom.
L'usage d'apposer l'empreinte d'un cachet sur les lettres missives dont on voulait assurer l'inviolabilité ou sur les actes dont on prétendait certifier l'authenticité, remonte à l'antiquité la plus reculée. L'Ecriture sainte nous montre la reine Jézabel se servant de l'anneau d'Achab, son époux, pour sceller ses ordres; on a découvert en Assyrie des matrices de sceau d'argile et de pierre fine ; deux admirables cachets en or massif du
1. DoM Tassi.n et DOM TousTAiN. Noiivcau traité de diplomatique patdeux religieux bénédictins. Paris, 1750-1765, in-4°. T. IV, p. 1 à 543. — Labordk (C" de . Préface de l'Inventaire de la collection de sceaux des Archives de l'Empire par Douct dArcq. T. I, 1863, p. 1 à 48. — Lecoy iJE La Marche. Les sceaux. Paris, 1.SS9, iii-S" (Bibliothèque de l'Ensei- {,'nement des Beau.\-Arts).
Musée du Louvre représentent lun des Ptolémées en buste, vêtu sur l'un k Tégyptienne, sur l'autre à la g^recque; enfin les historiens ont fait connaître les sujets gravés sur les anneaux dont faisaient usage quelques personnages historiques, Sylla, César, Auguste et plusieurs de leurs successeurs'.
Suétone décrit minutieusement le mode de scellement usité de son temps. Les tablettes que l'on voulait sceller [obsignare) étaient percées de plusieurs trous dans lesquels on faisait passer jusqu'à trois fois un cordon sur lequel le cachet était imprimé, ce qui rendait toute indiscrétion à peu près impossible-.
L'importance attribuée à l'empreinte de l'anneau était telle que Pétrone, en mourant, ordonna de briser son cachet, afin qu'on ne pût s'en servir pour donner un semblant d'authenticité à des correspondances supposées entre lui et des citoyens que l'on voudrait faire condamner comme criminels de lèse-majesté -^
Sous l'empire romain l'authenticité des actes était donc garantie par la double formalité de la signature et de l apposition de l'anneau de ceux qui les souscrivaient. C'est seulement au V^ siècle de notre ère qu'une distinction commence à se produire entre le scellement des actes publics et celui des correspondances privées. Tandis que pour ces dernières on continua à se servir de Vanulus, qui sous le nom de signet a persisté pendant tout le moyen âge et qui persiste encore sous celui de cachet,