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Tacite. Annales, L. XVI

HISTOIKE DU SCEAU J

l'usage s'établit pour les actes publics d'un scellement avec des bulles de plomb suspendues. Dès lors l'anneau ne fut plus que la propriété d'un simple particulier se servant de son empreinte pour clore sa correspondance et en assurer l'inviolabilité, tandis que la bulle fut une manifestation officielle d'une puissance publique ou privée certifiant l'exactitude des énonciations d'un acte.

Cet usage de la bulle se répandit très rapidement dans toute l'étendue de l'empire byzantin ^ ; tant que dura cet empire, les princes, les fonctionnaires publics, les églises, les monastères, scellèrent les actes émanés de leur chancellerie avec des bulles de plomb à double face. De l'Orient ce mode de scellement passa en Italie; dès 560, on connaît une bulle du pape Jean III.

A l'époque mérovingienne, les rois des Francs adoptent l'usage d'un sceau destiné à remplacer la signature. Les rois mérovingiens et carolingiens scellent leurs actes, les rois de Lorraine et de Bourgogne les imitent, mais aucun grand seigneur ou dignitaire ecclésiastique ne se permet d'usurper le droit au sceau qui reste un attribut incontesté du pouvoir royal. Jusqu'au début de la monarchie capétienne, malgré la prodigieuse dispersion de l'autorité publique entre les mains des possesseurs de bénéfices ou de fiefs, on ne voit pas qu'aucun d'eux ait tenté d'usurper le droit au sceau, ou du moins si cette usurpation a eu lieu quelquefois, ce fait a été exceptionnel et n'a laissé aucune trace.

1. ScHi.iMBERGER. Sigillographie de V empire byzantin. Paris, J884 1100 sceaux. Voir aussi les nombreuses bulles publiées par M. Monceaux au cours de ces dix dernières années dans le Bulletin de la Société des Anti([uiiires de France.

4 MAM i:i. DK SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISK

C'est au milieu du x'' siècle seulement que nous constatons l'emploi du sceau par un nombre très restreint de princes ecclésiastiques ; au milieu du xi^ quelques princes séculiers entrent dans la même voie. Leur sceau est toujours d'un type différent de celui du roi et l'usage en est si peu fréquent qu'on n'en connaît pas plus de cinq ou six exemples, tous restreints aux provinces du nord de la France.

Il faut descendre jusqu'au xii'' siècle pour voir lemploi du sceau se généraliser; il remplace alors la signature quand, l'ignorance progressant, on ne trouve plus de parties ni de témoins sachant signer.

Au xiii*' siècle, toute pièce non scellée est réputée suspecte et il faut procéder à une enquête pour que son authenticité soit reconnue. Dès lors tous, seigneurs, évêques, abbés, chapitres, prieurs, dames, seigneurs inférieurs et fils de seigneurs, sont en pleine possession du droit de sceller. On veille à la garde et à la conservation des matrices de sceau comme d'objets précieux,, on les brise, on les cancelle à la mort de leurs possesseurs pour qu'on n'en puisse abuser en scellant des actes faux.

Cependant, jusqu'au milieu du xiii^ siècle, il semble qu'il faille être un personnage notable ou une collectivité importante, pour avoir le droit de sceller; des seigneurs puissants, des municipalités florissantes, avouent encore alors ne posséder aucun sceau, et empruntent au besoin celui dun voisin. En 1204, Guillaume, comte de Forcalquier, autorise les consuls d'Embrun, ville cependant archiépiscopale, qui n'ont point de sceau, à se servir du sien. En 1247, les citoyens de Périgueux,

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