‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 142 sur 205 · Mahii.i.on. De re diplonialicii · texte numérisé non relu

Mahii.i.on. De re diplonialicii

sistent depuis Pépin lo Bref (750) jusquà Rodolphe le Fainéant, roi de Bour^o^ne (101 1), vin<^t-deux, près des deux tiers, sont le produit d'intailles. Un certain nombre est certainement antique, par exemple la tête de Bacchus ou de Silène couronnée de pampres de Pépin (753), celle de femme renversée et les cheveux noués de Carloman (769 , et le buste de Sérapis de (^harlemagne (812). Pour d'autres il y ;i doute ; la matrice originale n'est pas venue jusqu'à nous, et nous sommes contraints de porter un jugement basé sur des empreintes «généralement défectueuses et mal conservées.

Voici cependant quelques faits décisifs. Louis le Débonnaire a en 816 un sceau qui le représente de profil, imberbe, lauré, vêtu du paludament, ressemblant vaguement à l'empereur Commode jeune, tel que nous le montrent ses monnaies pi. II. n° 5j. Ce profil a une ressemblancef r appante avec celui qui paraît sur les deniers du même Louis le Débonnaire frappés à Arles, Milan, Orléans, Pavie, Sens, Toulouse, etc. ; c'est donc un portrait qu'on a voulu faire. La légende est gravée sur l'entourage métallique de l'intaille. De l'an 834 on a un sceau presque semblable, mais produit par une intaille différente ; la légende, gravée également sur le métal, n'est plus la même. De ces deux intailles, l'une a donc été copiée sur l'autre et l'une des deux au moins est carolingienne.

Charles le Chauve (843 j, Louis le Bègue (879), Carloman (882), ont des sceaux faits de pierres gravées étroitement apparentées avec les précédentes et représentant comme elles un profil imberbe et lauré, mais d'un dessin ditîérent. La légende est également gravée ur le cadre métallique.

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Charles le Gros a eu deux sceaux différents avec intailles, en 886 et 887 ; la figure gravée n'a plus aucun rapport axec celle de Commode, et rappelle plutôt Caracalla dont elle a les cheveux frisés, la barbe courte et le profil ramassé (pi. 111, n° 1), et, fait remarquable, ces deux sceaux, quoique presque identiques, ne le sont pas absolument. Comme pour les sceaux de Louis le Débonnaire, ils sont le produit de deux intailles dont l'une est certainement la copie de l'autre, mais en diffère par le dessin des plis du paludament, par l'inclinaison de la lance et du bouclier que tient l'empereur, et par les caractères de la légende qui sont gravés sur la pierre elle-même et non sur la monture.

On peut en dire autant des deux sceaux de Louis l'Aveugle, roi de Bourgogne (921 et 929) ; l'un est au type commodien, l'autre rappelle le profil de Galba, avec des légendes gravées sur la pierre et fort différentes l'une de l'autre.

Il résulte de ces constatations qu'à l'époque carolingienne les empereurs ne se sont pas servis, pour sceller leurs diplômes, d'intailles antiques donnant les profils de Commode, de Caracalla et de Galba, mais qu'ils avaient probablement eux-mêmes une lointaine ressemblance avec ces empereurs ; qu'il existait sous leur règne des artistes capables de graver des in tailles d'assez grande dimension, de reproduire et de recopier les traits de personnes vivantes avec une certaine habileté et d'imiter les procédés de l'antiquité'.

1. Ces intailles sigillaircs doivent être rapprochées d'autres intailles de plus {grande dimension et figurant des sujets religieux, que M. Babelon a décrites et fait repruduire dans les ouvraj^es précédeninicnt cités. Elles seules peuvent donner une idée exacte de Ihabileté des inciseurs carolingiens.

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On ne sattend pas. sans cloute, à ce qu il existe de nombreux spécimens de ces inl ailles carolini^iennes'; M. Babelon en a cependant sio^nalé deux: l'un est un cristal de roche ovale, du trésor d'Aix-la-Chapelle, dans le([uel est gravé le buste de Lothaire II (855-859) avec la légende : + Are adiiiiitt Illothariuni reg.^ imitation brutale d'un portrait impérial lauré et drapé. L'autre est une calcédoine ovoïde du musée de Lvon iigurant un ecclésiastique nu-tête, assis, tenant une crosse et \\\\ livre. On ne peut aflirmer que ce bijou soit un sceau, vu l'absence de légende, mais il a un type sigillaire et date du x'' ou du xi*" siècle.

A partir du xi*^ siècle les intailles se font plus nombreuses sur les sceaux. Louis le .leune se sert en \\1{\ d'un buste antique de Diane comme contre-sceau, et ses successeurs recherchent ces petits bijoux qui, montés en anneaux, sont décrits dans leurs inventaires. On en trouve un grand nombre dans ceux de Charles V, des princes d'Orléans-Valois, du duc de Herry et du roi René de Provence. Au xv*^' siècle, les graveurs sur pierre fine arrivent à être d'une très grande habileté.

Les intailles utilisées pour les sceaux se divisent en trois catégories : les intailles antiques, celles ([ui ont été retouchées au moyen Age, et enfin celles du moyen àj^e auxquelles on peut joindre les intailles byzantines qui s'en rapprochent beaucoup, au moins quant à la nature des sujets gravés.

Il est extrêmement rare que les sceaux soient ornés,

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non d'intailles, mais de camées, c'est-à-dire que l'empreinte soit en creux et non en relief ; les sceaux de Guillaume des Roches (1204) et d'Eustache de Granville (1214) nous donnent cependant des exemples de cette anomalie ; le premier est le produit d'un camée représentant une tête de profil, le second d'un camée figurant un lion '.

On connaît actuellement plus de sept cents intailles utilisées dans l'ornementation des sceaux. Si on veut classer, d'après le sujet qui y est g^ravé, les intailles antiques, on constate qu'elles figurent des dieux, des vertus divinisées, des héros ou personnages célèbres, des empereurs romains, les portraits d'un certain nombre d'inconnus, des scènes de la vie réelle, des animaux vrais ou imaginaires, des objets usuels, et enfin des hermès, grylles ou abraxas.

De tous les dieux, le plus fréquemment figuré est Hercule et il ne l'est nulle part d'une manière aussi remar- (juable que sur le contre-sceau royal pour les Juifs (1206) qui représente son triomphe. Il est. debout sur un lion couché, tenant à bras tendu la biche qu'il vient de saisir et couronné par la Victoire '. A côté d'Hercule on peut placer Omphale portant les attributs du héros ; le sceau de GeolFroi, archidiacre de Paris (1230), qui la représente nue et debout, est d'une rare beauté -^

Après Hercule c'est Xénus qui paraît le plus souvent ; son buste se voit sur le sceau de (ruillaume de Champagne, archevé(pie de Sens (1171), gravé très

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