Bretagne
Le plus ancien sceau ducal de Bretag^ne est celui du duc Alain IV Ferment (1084-1 112) ; il est vêtu de mailles, avec la lance à gonfanon et lécu vu en dedans. Eudes (1135) a un type semblable. Conan (1162) a un sceau à deux faces, le cavalier brandissant une épée. Geoffroi (1181) a un sceau également à deux faces; sur un côté le cavalier tient la lance à pennon. sur l'autre il brandit l'épée. Conan IV et Jean P"" M 237) ont des sceaux unifaces. Ceux de Jean IV (1380) et de ses successeurs sont remarquables au point de vue de la composition. Jean V en 1440 a usurpé le type de majesté. Les sceaux de Geoffroi de Dinan (vers 1120) et des Rohan à partir du vicomte Alain (1184), sont équestres et unifaces. Les autres seigneurs bretons ont parfois des sceaux à revers : Hoël, comte de Nantes (1239;, et André de Vitré (1230) galopent la lance en avant ; Jean, sire de Dol (1147), est appuyé sur sa lance; les revers sont armoriaux ouhagiologiques, quelquefois même le sceau n'a pas de revers.
I. Birti.ioGHAiMiii;. LoiiiMiAi; (Dom). //(j>/o('re de Bretnç/ne. Paris, 1707, in-foL, 2 vol. — 275 sceaux.
MoRicE (DoM . Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne. Paris. I7i2-1710, in-fol.. '5 vol. — 536 sceaux.
30G MAM i:l df: sigillographie française
Les seigneurs de Montfort, de Penlhièvre, de Thouars, de Solignac, usent du type armoriai. Le contre-sceau ne parait pas avant le premier tiers du xiii'' siècle.
Le plus ancien sceau épiscopal est celui de Quiriace, évêque de Nantes (1064), visiblement imité des bulles papales sur lesquelles les bustes de saint Pierre et de saint Paul sont séparés par une croix : il est rivé sur l'acte et porte Tpour\égende:Quiriici snccrdos Xannetensis. Ses successeurs sont debout, mitres, crosses, bénissant, tantôt avec la mitre droite (Robert, 1181), tantôt avec la mitre cornue (Maurice de Blason, 1190), qui disparaît au xiii' siècle. Les évèques de Rennes sont dabord tète nue, crosses et bénissants (Hamelin, 1136), puis mitres, debout ou assis. Ceux de Saint-Malo sont d'abord nulête (Robert, 1126; Raoul, 1140-1158); puis ils sont coiirés de la mitre cornue (Albert, 1163), pour revenir à )a tête nue (Aubert, 1180), ensuite à la mitre cornue (Pierre Girard, 1187), et adopter enfin le type ordinaire. Le plus ancien évéque de Saint-Brieuc dont nous ayons un sceaUj Jean (1129), est à mi-corps, nu-téte, crosse et bénissant ; ses successeurs sont assis ou debout avec le type ordinaire. Il en est de même à Quimper; Robert (1 126) est nu-tête et k mi-corps ; ses successeurs adoptent le type épiscopal classique. Hugues Le Roux, évéque de Dol (1158), est debout, nu-tête, crosse et bénissant; le sceau de Jean, comme évêque élu (1163), le représente debout avec la mitre cornue, le pallium et étendant les bras comme un orant. Les contre-sceaux commencent à paraître en 1181.
Le chapitre de Dol a pour type sigillaire son patron siùnt Samson (1270), celui de Rennes (1153) saint Pierre;
SIGILLOGRAPHIE RÉGIONALE 307
celui de Nantes (xii*' s.) saint Pierre et saint Paul; celui de Quimper (1303) un buste épiscopal de profil : celui de Saint-Malo (1395) une vue de la ville baig-née par les flots et saint Malo, en costume épiscopal, debout sur la mer; celui de Saint-Paul-de-Léon (1427) un Af/nus dei sur des rinceaux. L'abbaye de Saint-Melaine de Rennes (1174) a fait graver sur son sceau son saint patron debout ; celle de La Joie, diocèse de Vannes (1284), est armoriai. Les sceaux bretons aussi bien laïcs qu'ecclésiastiques sont généralement archaïques ; ils ont des types particuliers et leur travail, aux xii" et xiii'^ siècles, est rude et s^îécial. Les sceaux seigneuriaux sont très souvent à revers, même lorsqu'ils sont armoriaux, et ils n'ont des contre-sceaux qu'assez tardivement. Les sceaux ecclésiastiques sont quelquefois en cuvette et un seul est riA'é sur l'acte.