‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 177 sur 205 · RouEUT. Sigillographie de Toul, pi. II, n°' 3 et · texte numérisé non relu

RouEUT. Sigillographie de Toul, pi. II, n°' 3 et

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ornèrent les vêtements cl orlrois et de bandes brodées, autour du cou. des manches et dans la partie inférieure, mais ils ne les prodiguèrent plus sans nécessité et sans mesure. Ils soig-nèrent leur dessin qui devint pur et correct, leurs draperies dont les plis brisés offrent une agréable symétrie, et le style des silhouettes (jui prirent un grand caractère.

Us ornèrent également les cavaliers et les chevaux jusqu'alors presque nus. Les premiers furent habillés de cottes d'armes armoriées et les seconds revêtus de housses brodées de pièces héraldiques. La même ornementation sobre et riche paraît sur les vêtements et les harnachememts.

Dès lors, c'est-à-dire dès la première moitié du xiii" siècle, le sceau a atteint son plus haut point de perfection ; le dessin est correct, l'ornementation remarquable par son élégante simplicité. On constate aussi que l'art de la gravure s est vulgarisé ; les sceaux des grands personnages ne sont plus les seuls à mériter le nom d'oeuvres d'art, ceux des simples particuliers sont également bien composés et gravés habilement.

(]ette période intéressante dure jusqu'aux environs de 1300, puis commence une longue décadence qui coïncide avec une très grande habileté de main acquise par les graveurs. Lorsquaucune difficulté matérielle ne les arrête plus, ils tiennent à faire parade de leur maîtrise et surchargent leurs œuvres.

Les sceaux équestres perdent peu à peu leur allure robuste et militaire pour prendre un aspect d'apparat ; les cavaliers s'allongent démesurément et sont encastrés dans une selle haute et étroite, leurs armures se cachent

l'art et les artistes graveurs de sceaux 3.^)7

sous des broderies, leur heaume se surmonte dun cimier disproportionné. Les fonds ouvragés acquièrent une importance exagérée ; au réticulé d'autrefois, qui avait pour but de faire saillir la silhouette sans attirer l'œil, succèdent des ornements grillagés, contournés de cent manières, dont les claires-voies renferment des devises, des animaux, des symboles multipliés, gravés avec autant de préciosité que les personnages euxmêmes.

Dans les sceaux ecclésiastiques, des figures assises ou debout, bien drapées, bien posées, dessinées purement, ne suffisent plus à contenter les graveurs devenus trop habiles ; ils les entourent de toute une architecture, de gables, de pinacles à crochets, de colonnettes droites ou torses, avec des niches remplies de statuettes ou d'écussons. Bien plus, le personnage principal finit par ^étre relégué au bas du sceau sous une voûte, et au-dessus de lui se superposent un ou deux étages où s'étalent des scènes complexes avec nombreux acteurs, au milieu de toute une efllorescence d'architecture gothique.

Pour les sceaux armoriaux on a recours à des procédés décoratifs analogues. Les écus sont penchés, timbrés de heaumes cimes d'animaux ou de symboles immenses, avec volets et lambrequins couvrant le champ. Ils sont supportés par deux et parfois quatre personnages avec des poses tourmentées et des accoutrements bizarres, et entourés, par surcroît, d'encadrements compliqués, fleuronnés, festonnés, cantonnés d'animaux et de devises.

Si bien (ju'au xv*^ siècle les graveurs en sont arrivés, pour faire j)urado de leur virtuosité, à prodiguer les

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ornements accessoires hors de toute mesure, et à reléu^uer au second plan les objets les plus importants, c'està-dire les armoiries et la figure du possesseur du sceau.

Cette exagération décorative amena une réaction, et au xvi"^ siècle on en vint à une simplicité qui confine souvent à la platitude ; pas toujours cependant, et certains sceaux de cette époque, particulièrement soignés et gravés par des artistes de valeur, ont une élégance tout italienne.

En résumé l'art de la gravure sur métal, et particulièrement de la gravure de sceaux, a accompli au moyen âge la même évolution que les autres arts, et notamment que l'architecture. D'abord c'est la barbarie et le tâtonnement, puis au xiii'" siècle, quand les ouvriers sont en possession de tous leurs procédés, c'est l'efilorescence de l'art, enfin, à partir du xiv'' siècle, c'est une habileté de main extraordinaire qui engendre la surcharge et parfois le mauvais goût. A partir de la fin du xv", c'est la renaissance et l'imitation de l'art italien.

Les graveurs sur pierre fine ont été, naturellement, beaucoup moins nombreux au moyen âge que les graveurs sur métal ; la grande majorité des intailles utilisées pour les anneaux sigillaires et les matrices de sceaux est antique ; les intailles byzantines ou du moyen âge sont beaucoup moins nombreuses. Ce genre de bijou était considéré comme très précieux, ce qui prouve que les artistes capables de le taire se comptaient.

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