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l'art et les artistes graveurs de sceaux 355
Cependant à force de produire, les graveurs deviennent plus habiles. Dès le début du xiii*^ siècle, ils acquièrent l'art de recouvrir le champ entier du sceau avec les fig-ures qu'ils ont à graver, sans laisser de vides, et ils donnent aux animaux du style et de l'élégance. Les vêtements se débrouillent et leurs plis sont accusés avec fermeté. Les bras des cavaliers, les jambes des hommes et des chevaux acquièrent des mouvements justes et on voit la saillie des muscles se prononcer.
Bientôt les graveurs comprennent l'utilité d'ornements accessoires destinés à couvrir le vide du champ ; ils inventent le cadre orné, composé de multiples combinaisons de lignes droites et de lignes courbes qui forment un riche encadrement au milieu duquel l'écusson armorié fait saillie. Pour cela, l'art antique ne leur avait fourni aucun modèle.
Dans les sceaux ecclésiastiques ils ornent parfois le champ d'un semis régulier de petits animaux ou de fleurettes pour simuler une tenture déroulée derrière le personnage debout ou assis ^. A la fin du xii" siècle, les vêtements ne manquaient pas d'ornements, ils en avaient quelquefois trop ; certains sceaux épiscopaux, celui de Pierre de Brixey, évêque de Toul en 1166, par exemple ', nous les montrent couverts de broderies mises à profusion et au hasard. Au xiu'' siècle, les graveurs, maîtres de leur art, apprirent à être simples ; ils
1. L'intention de représenter une draperie est souvent certaine. Par exemple, derrière Jean de Craon, archevêque de Reims (1364), un anj^-e tient des deux mains une draperie réticulée et semée de roses qui se déroule. (Bibl. nat., ms. franc. 20887, n" 26.)