‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 18 sur 205 · Bi.snEFiON De). Sigillographie du Périgord, p · texte numérisé non relu

Bi.snEFiON De). Sigillographie du Périgord, p

DE L EMPLOI DU SCEAU À-y

d'hériter des fragments des sceaux royaux mis en pièces à la mort des souverains ; on possède plusieurs reçus de la prieure attestant la remise de ces fragments d'argent brisé. On connaît un petit nombre de sceaux-matrices coupés à l'aide de cisailles ou détériorés à la lime après la mort de ceux auxquels ils appartenaient. Je puis signaler celui de Marguerite, dame de Villars-Thoire (pi. II, n° 1), brisé verticalement après avoir été rayé à coups de lime, et celui de Marguerite, abbesse d'Hierre, brisé transversalement ^.

Dans une société aussi hiérarchisée que celle du moyen âge, l'apposition du sceau ne pouvait être laissée au hasard , une règle des préséances s'imposait , dans laquelle on devait tenir compte du rang social des parties et des témoins. Ce problème, toutefois, ne se posa pas avant la fin du xii*' siècle, c'est-à-dire avant le moment où l'usage du sceau se fût très répandu. Lorsque certains actes furent munis de plusieurs sceaux (quelques-uns en portent plus de soixante), la question des préséances s'imposa.

Douët d'Arcq cite comme exemples une charte de Blanche de Navarre, comtesse de Champagne (1212), et une ordonnance de saint Louis (1230) dans lesquelles

1. Le premier, trouvé dans les ruines du vieux château de Montréal (Ain), appartient à M. le C" Douglas. Le second a passé dans la vente Ciiarvet (n'^ 7 43) et appartient à M. Caion à Paris. (Yerre, arr. de Gorbcil, Seinc-et-Oise .

interviennent comme témoins un assez grand nombre de seigneurs ; les sceaux du roi et de la comtesse sont au centre, tandisqu'à droite et à gauche sont disposés ceux des barons suivant l'importance de leur situation sociale '. Mais cela est exceptionnel; presque toujours l'ordre de préséance a lieu de gauche à droite, la place la plus honorable étant occupée par l'archevêque ou l'évêque, même s'il n'intervient que comme témoin, puis par le souscripteur de l'acte, sa femme, son fds aîné, ses fils cadets, les autres membres de sa parenté, et enfin les étrangers. Il y a très peu d'exceptions à cette règle.

Pour prévenir toute erreur dans l'apposition du sceau, pour être certain que toutes les parties occuperaient bien la place qui leur était due, on inscrivait à l'avance le nom de chaque sigillant à côté de l'emplacement que son sceau devait occuper ou sur cet emplacement lui-même. Tantôt le nom est inscrit à côté du trou dans lequel devait passer la lanière ou le lacet auquel le sceau était suspendu, ce nom restant caché par le repli du parchemin qui existe presque toujours au bas de l'acte ; tantôt il est inscrit sur la queue de parchemin à l'endroit même que le sceau suspendu devait occuper, et où la destruction seule du sceau permet de le lire.

Ces diverses prescriptions pour l'emprunt, le changement du sceau et les préséances, ont été religieusement observées jusqu'au xv*' siècle; à partir de cette époque on y a attaché moins d'importance, et une foule de pièces sont munies de sceaux étrangers à celui qui les souscrit sans qu'il en soit fait mention. Bien plus, l'acte porte

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