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Collection Tellot-Champagne, à Dreux

l'art et les artistes graveurs de sceaux 371

son premier sceau, le visag^e du roi Philippe V'^ est identique à celui de son père Henri I*"'' ; il y est représenté barbu comme lui, quoique encore enfant; on s'est donc servi pour sa tête du même poinçon que pour celle de son père. C'est en 1088 seulement qu'on se décida à graver un nouveau poinçon pour la tête du jeune roi, qui depuis lors fut représenté imberbe, comme son âge l'exigeait.

A partir du xiii^ siècle, les fabricants de sceaux procèdent avec une meilleure méthode. Pour les sceaux importants ils commencent par modeler une maquette en cire, sur laquelle ils tirent un creux, puis un deuxième relief en plâtre ; sur ce deuxième relief ils coulent leur matrice de bronze ou d'argent dont ils reprennent ensuite les détails à l'échoppe, à l'onglette et au burin, de manière à l'amener à un degré de perfection achevé. Les maquettes en cire portaient le nom de molles, et ceux qui les modelaient se nommaient rnollcurs. Jusqu'au milieu du xv"^ siècle, ce procédé fut employé à peu près exclusivement, au moins pour les sceaux d'une certaine importance.

Pour ceux dont le type était courant, l'oifèvre devait certainement préparer à l'avance des matrices incomplètes que l'on pouvait livrer en peu de temps complétées par une légende, et pour les sceaux armoriaux par l'adjonction des meubles de l'écu frappés au moyen de poinçons. J'ai eu entre les mains une matrice ronde représentant une Salutation angélique fort bien gravée, dont la légende commençait par une S, et se poursuivait par une série de jambages sans signification ; un graveur de sceaux avait certainement voulu donner au

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movon de cet objet, un spécimen de son savoir-laire. Sur une autre, au musée des Antic^uaires de lOuest, est o-ravé un château et aucune léii^ende n est inscrite entre les deux cercles de g^rènetis ; c'est un sceau-matrice préparé, auquel il ne reste plus qu'à ajouter 1« nom de l'acheteur. On en connaît même sans aucune g'ravure.

Quant aux légendes, on devait procéder pour la plupart d'entre elles comme pour celles des monnaies, on les enfonçait dans le bloc de métal préalablement cliaulle. lettre par lettre à l'aide de poinçons d'acier. Ce (pii le démontre ce sont les nombreuses erreurs qu on y constate, lettres en désordre, hors de l'axe voulu, retournées, redoublées, interverties, oubliées. Si on les eût jj^ravées au burin, on s'en fût aperçu assez à temps pour les corrig-er, tandis qu'après un premier coup de marteau appliqué sur un poinçon mal i)résenté le mal était irréparable. J'ai même constaté dans quehjues sceaux que des lettres ayant un certain défaut avaient été employées deux fois dans la même lé^^ende ; on s'était donc servi à deux reprises du même poinçon défectueux.

A partirde la deuxième moitié du xv*" siècle, les sceaux ayant beaucoup moins de relief que précédemment, et les j^raveurs étant devenus très habiles, ceux-ci gravèrent de nouveau directement sur la matrice, peut-être d'abord à l'eau-forte avec reprise au burin, et la charge de graver les légendes fut confiée à des ouvriers spéciaux. Sauf pour les sceaux tout à fait exceptionnels à cause de l'importance des personnages auxquels ils étaient destinés, on a dû procéder généralement ainsi.

La plupart des sceaux du xvni'' siècle, dont la décoralion est parfois si charmante, ont été gravés comme les

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jetons, c est-à-dire à 1 aide d'une série de poinçons préparés à l'avance, avec lesquels on composait, pour chaque sceau particulier, un ensemble décoratif différent.

Je connais vingt-huit sceaux datés entre les années 121 1 et 1 oOO ; en voici la liste avec les formules employées pour les dates. Il en existe sans doute d'autres que je ne connais pas, je crois cependant que les sceaux de ce genre ont été en petit nombre avant le xvi*' siècle ; il me suffit d'avoir passablement allongé la liste que Douët d'Arcq en a donnée précédemment^, sans essayer d'être complet.

1211. Adam, seigneur de Beaumont : Actvm milo ce.

1216. Chapitre de Notre-Dame de Paris :S.renovatv.

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