‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 21 sur 205 · DIVERSES SORTES DE SCEAUX · texte numérisé non relu

DIVERSES SORTES DE SCEAUX

eut inféodé le comté de Die, ils adoptèrent un sceau de plus grande dimension et à double face ^

Beaucoup de sceaux municipaux offrent également cette particularité d'avoir une face et un revers égaux. Cet usage s'est conservé dans le midi de la France plus longtemps que dans le nord.

Outre les sceaux précédents, les grands feudataires, les princes ecclésiastiques avaient un ou plusieurs petits sceaux ou sceaux secrets, un ou plusieurs signets ou anneaiix. Le sceau secret était réservé aux actes de moindre importance ; le signet c'est l'anneau dont l'empreinte est apposée sur les lettres missives et par les contrôleurs des finances sur les pièces de comptabilité.

Suivant qu'il appartient à un ecclésiastique ou à un laïc, le grand sceau prend le nom de si(/niim, de sigillum magnum ou niajiis, de sigillum pontificale ou rotundum. Le petit sceau est dit parvum sigillum, sigillum secretum ou secreti, sigiletum. Le signet est un legs de l'antiquité, c'est ïanulus qui s'est perpétué jusqu'à nos jours sous le nom de cachet.

Les rois possédaient toute une gamme de sceaux d'importance diverse et dont l'emploi était soigneusement réglé, depuis le grand sceau : sigillum majestatis, le contre-sceau : contra-sigillum , le grand sceau secret transporté à la suite du roi dans ses déplacements : sigillum secreti in ahsentia magni ordinatum. Le petit sceau secret : sigillum secreti, parvum, manuale, jusqu'au signet ou anneau. Parfois il existe plusieurs sceaux d'un type différent pour chaque sorte de sceaux royaux,

1. Roman. Sceaux des fiunilles seigneuriales de Dauphiné, p. 231 et suiv.

sauf pour celui de majesté qui demeure toujours invariable. J'ai mentionné dans le chapitre précédent le sceau du conseil de régence institué par le roi lorsqu'il partait pour un long voyage : sigillum régis in partibus transmarinis agentis, ou ad regimen regni dimissuni.

Ce n'est pas tout, les grands seigneurs possédant plusieurs fiefs importants avaient souvent des sceaux différents pour chacun d'eux; les dauphins, par exemple, usaient de trois sceaux différents pour le Dauphiné, la baronnie de la Tour du Pin et celle de Coligny '.

Si les sceaux personnels étaient nombreux et variés, les sceaux de juridiction étaient innombrables. Les seigneurs à juridiction avaient des sceaux distincts pour chaque juridiction et même pour chaque genre d'acte dans chaque juridiction ; pour les tribunaux : sigillum ad causas ou seel aux sentences ; pour les actes notariés : sigillum contractuum, seel aux contraux, sigillum obligationum, seel du tabellionage ; pour les exploits d'huissier : sigillum citaiionum ; pour les droits sur les héritages : sigillum hereditagiorum\ pour les droits de foire, sigillum pro nundinis. Nous trouvons même au XIV'' siècle les églises de Pont sur la Vienne et de Dravet en possession d'un sceau pour les actes de mariage, ad matrimonia ~.

Au surplus tous les tribunaux, les parlements, les bailliages, les vibailliages, les prévôtés, les sénéchaussées, les chàtellenies avaient leur sceau spécial, soit que ces

1. RoMA.N. Sceaux des familles seigneuriales de Dauphiné, ly"' 822, S65.

2. Mémoires des antiquaires de l'Ouest, 1880. Catalogue de la colleclion Charvet, n"> 896.

Page 1