DINEUSES SORTES DE SCEAUX
juridictions dépendissent du domaine royal ou d'un seijjfneur particulier, avec des types et des légendes appropriés : Siffillum curie parlamenti GratianopoU residentis; •S' curie Kroli romitis Andegavensis ; S. raj. senescall. Af/en et Vascon' ; S' haillie montanaruni Alvergnie ; Contra sigillum prepositure Stampensis suh manu régis, etc.. Lorsque deux seigneurs se partageaient une juridiction, ils avaient un sceau commun dit sigillu/n commune ou curie communis.
Les magistrats, les administrateurs exerçant plusieurs offices, avaient un sceau différent pour chacun d eux : nous avons vu dans le chapitre qui précède le gouverneur et grand sénéchal de Provence avoir trois sceaux, Tun personnel et les deux autres pour chacun de ses offices ; les exemples de cet usage sont extrêmement fréquents aussi bien pour les laïcs que pour les ecclésiastiques. Par contre, lorsque plusieurs titulaires exerçaient un ofïîce en commun, les maréchaux de France, les receveurs des aides ou des montres par exemple, ils avaient des sceaux collectifs sur lesquels et aient gravées les armoiries de tous les titulaires. Les légendes des sceaux de la maréchaussée de France sont caractéristiques à cet égard : seel commun de la marechaulciee de France ou ordonné à la maréchaussée de France.
Sauf à l'époque carolingienne, les sceaux métalliques ou bulles n'ont été en usage que dans le sud-est de la France, et les limites dans lesquelles on les rencontre ne dépassent pas la Provence, le Dauphiné, Lyon et une bande étroite sur la rive droite du Rhône. Les bulles d'or au nombre de deux que l'on peut signaler sont -i l'elligie des princes angevins de Naples. comtes de Prt-
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vence, mais agissant plutôt comme rois de Naples '. En dehors de celles-là les bulles d'or sont inconnues en France. Quant aux bulles do plomb, dont l'usag-e a commencé à la fin du xiT siècle pour durer jusqu'au xvi'', elles sont presque exclusivement des sceaux de juridiction et sont qualifiées indifféremment de hiiUn et de
Cette multiplicité de sceaux pour le même personnage, pourchacun des offices qu'il exerce, et chaque sorte d'acte qu'il souscrit, n'est pas très ancienne : au w^ et même pendant presque tout le xii*" siècle, chaque personnage n'avait qu'un sceau qui lui suffisait dans toutes les occasions. 11 ne parait pas que les rois de France aient fait usasre de contre-sceaux avant Louis le Jeune • 1174), de sceau du conseil de régence avant saint Louis (1270), de sceau secret avant Philippe de Valois 1331), de sceau en l'absence du grand avant le même prince (1343). 11 en est de même pour les seigneurs laïcs ou ecclésiastiques antérieurement au xiii« siècle : avant cette époque lévêque et son otficialité. le monastère et son abbé, ie seigneur et son tribunal usaient du même sceau. A partir de 12o0 au contraire, les sceaux se sont extrêmement multipliés, surtout, semble-t-il. dans un but de fiscalité; c'est pour augmenter les émoluments du sceau que chaque juridiction, quelque minime soit-elle, et chaque sorte d'acte, a son sceau spécial. Au xiv'" siècle surtout, le nombre des sceaux est immense, et ce nombre explique comment, après tant de pertes et de destructions, il en existe encore des milliers.
I. Blancari». Iconoçfraphie des sceaux et bulles des archives des lioiichesdu-Hhône . pi. X, n° 3, et XII. n° 3.